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Camping-Cars sur les Routes de la Soie et du Monde.

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Carnet de Jacques et Anne Collineau en Chine. 

Vendredi 14 octobre, 17 heures

Nous arrivons à la frontière mongole après vous avoir laissé notre carnet de route comme nous en avions envie au superbe centre Internet de la gare. Plusieurs personnes nous prennent en charge séparément, pas très facile de se comprendre surtout quand nous voulons prendre la route toute neuve avant d'y arriver au lieu de la piste de sable où nous sommes presque sûrs de nous enliser. Mais devant notre visage déterminé, on nous laisse passer par l'endroit que nous choisissons !

Le contrôle des passeports se fait sans trop de problèmes, les tampons de sortie sont apposés, en moins d'une heure, nous sommes dans le no man's land, c'est parfait. Un peu plus loin, nous nous présentons devant le poste chinois : trop tard, c'est fermé jusqu'à demain matin 8 heures. Le préposé de garde nous fait signe de repartir, il est impossible de rester devant la barrière pour la nuit : Go back in Mongolia nous dit-il d'un ton ferme. Facile à dire, nous sommes très officiellement sortis, nous n'avons plus de visa pour y rentrer ! Retour au poste côté mongol : à cette heure-ci, la frontière est fermée aussi et bien évidemment nous n'avons pas le droit devant la barrière non plus ! Un douanier qui parle anglais nous dit de retourner en centre ville à Zamin Uud pour attendre demain matin.

Sans visa ? Oui. Ne soyons pas plus royalistes que le roi, nous revenons en Mongolie en clandestins acceptés pour une nuit. Et nous retrouvons notre emplacement de la nuit précédente entre le temple et la ger.

Samedi 15 octobre :

7h45 : nous reprenons la route toute neuve interdite. Encore une fois nous sommes seuls à y rouler, un nombre incalculable de voitures, jeeps, taxis, camions, semi-remorques, surchargés de personnes et colis sont garés dans tous les sens sur la piste normale en sable. Qu'attendent-ils ? Mystère, mais l'agitation est démente. Au milieu de notre route, une voiture de police est en travers avec une sorte de barrière pour compléter le barrage. Jacques descend s'expliquer avec les policiers qui refusent de nous laisser passer, nous devons prendre la piste comme tous les autres. Jacques crie plus fort que les flics et leur dit qu'il va ouvrir la barrière pour passer. Dont acte : d'un pas décidé, il dégage la barrière, remonte dans le camping-car et passe sans autre forme de procès… personne ne bouge côté police. Sidérant.

Nous arrivons au poste frontière côté mongol. La barrière est fermée, et là c'est une femme militaire qui nous dit de faire demi-tour, la frontière est fermée, on ne passe pas. Jacques pique sa crise, descend du camion et passe la frontière à pied pour aller voir dans les bureaux. Tout est fermé là aussi. Il revient et ne voyant plus la militaire, sans se démonter, pousse la barrière, remonte dans le P'tit Prince, passe le poste, je ferme la barrière derrière lui et remonte dans le camion à mon tour. Nous repartons, nous passons devant l'immigration : personne, devant la douane : personne, nous continuons et arrivons à la dernière barrière ouverte que nous franchissons allègrement. Incroyable mais vrai. Nous sommes à nouveau dans le no man's land, nous avons repassé la frontière tout seuls sans aucun contrôle !

A 8 heures, nous sommes devant la grille du poste chinois : il faut attendre l'ouverture à 8h30.

A l'heure dite, après quelques difficultés de compréhension avec le douanier de service, nous finissons par entrer côté Chine.

Nous devons entrer dans un bâtiment pour le contrôle des passeports, on a donné à Jacques une carte d'immigration à remplir, mais je dois acheter la mienne (0,70 €) ! Nous passons devant l'officier qui tamponne les passeports et visas, tout va bien, nous pouvons passer ; Jacques retourne au camping-car avec l'officier qui nous a pris en charge depuis le début.

Il est à peine parti que je vois Iris, notre guide, arriver (merci à Tangjun, le responsable de l'agence chinoise de nous avoir envoyé sa photo par mail). C'est le grand soulagement, nous savons que c'est la fin des difficultés, cette charmante jeune fille est là pour tout aplanir dans le bon sens. Le fait est, nous l'attendons un petit moment à l'abri dans le camping-car, puis elle revient quelques instants plus tard, avec les plaques pour le camping-car, pour la remorque, les permis de conduire chinois, on peut y aller.

Il est 9h30 : le grand pied, ¾ d'heure au total, du jamais vu depuis notre première frontière. Entre temps nous avons pris à bord un jeune Finlandais qui est venu en train d'Ulaan Baatar jusqu'à la frontière mais, faute de yen, ne peut trouver un taxi-jeep collectif pour l'emmener à la banque la plus proche.

A propos des taxi-jeep, les chauffeurs doivent se faire pas mal d'argent vu le nombre impressionnant de personnes qu'ils enfournent avec armes et bagages : entre 10 et 15 s'entassent pêle-mêle pour faire une dizaine de kilomètres entre les deux villes de part et d'autre de la frontière !

Nous nous arrêtons une petite heure dans Erenhot, notre première ville chinoise après la frontière pour récupérer la valise qu'Iris a laissée à l'hôtel et faire notre premier shopping alimentaire (ouf, Iris se charge de tout, quel bonheur !

Première impression à chaud : nous sommes bien en Asie, ça grouille de monde, à pied, en vélo, en voiture et … en pousse-pousse.

Et nous retrouvons avec bonheur les odeurs de marché maintenant familières depuis notre 1er séjour en Asie. Jacques et Iris traversent les étals de fruits et légumes dans la rue ou au marché, je suis à la traîne, je veux tout voir, tout sentir… Fou rire chez le marchand de légumes : Iris veut quelques pommes de terre et un chou mais comme elle trouve ça trop cher, il les re-balance en colère sur son étal en lui criant d'aller voir ailleurs. Nouveau fou rire chez le marchand d'œufs qui n'a pas de boite pour les emballer et donc les scotche sévèrement les uns aux autres sur un bout de carton ! Jacques achète la barre à mine qu'il cherchait depuis la Mongolie en prévision de difficultés éventuelles quand nous serons sur les routes difficiles du Laos ou du Cambodge et dit à Iris que la prochaine fois qu'un vendeur lui parle mal, il viendra la sauver avec sa barre à mine.

Le contact entre Iris et nous est maintenant établi, nous sommes enfin relax, les deux derniers jours plutôt difficiles s'éloignent, on est plein d'espoir pour le mois à venir.

Nous prenons la direction de Pékin en faisant un premier détour non prévu au programme car nous avons envie d'aller visiter Datong (pour Emmanuel : à 120 kms à l'ouest de Pékin).

Cette route traverse le désert de la Mongolie intérieure, c'est toujours le Gobi, même paysage de sable, plat, uniforme, même vent en tempête, mêmes troupeaux de moutons et chevaux, avec juste quelques différences : les gardiens de troupeaux ne sont plus à cheval mais en moto, à chaque croisement il y a des panneaux de signalisation (qui nous font une belle jambe d'ailleurs car on ne les comprend pas) et puis aussi, la route est toute neuve. Un vrai bonheur de rouler à 80 km/h sans crainte, du coup Jacques entend plein de bruits bizarres à son moteur, qu'il avait oubliés depuis quelques milliers de kilomètres.

Nous nous arrêtons déjeuner en bordure de route, Iris nous prépare des nouilles à sa façon, épicées bœuf ou porc selon notre choix, tout serait parfait si le P'tit Prince cessait un peu de bouger sous les rafales de vent (comme derrière, ajoute Jacques… hum !) qui s'intensifient encore.

Dans l'après midi, nous abordons des collines douces recouvertes d'herbe rase. Et puis, quelques collines plus loin, le paysage change, on écarquille les yeux : l'herbe est verte, les champs sont cultivés, des légumes poussent sous serre, des arbres sont plantés en grand nombre. Cela peut paraître étrange de s'extasier ainsi car c'est une chose somme toute commune, mais après un mois en Mongolie, on avait oublié tout cela. Le plus étonnant ici, c'est que le sable est toujours omniprésent, mais de la terre a été apportée en grande quantité pour permettre les cultures.

Quelques petits villages de temps en temps, rien d'extraordinaire non plus, sauf que beaucoup de maisons ont leurs murs et leurs toits façonnés en terre ocre. Des petits murets de terre identique séparent chaque maison. Certains quartiers sont complètement abandonnés et se désagrègent doucement avec le vent, donnant une sensation fantomatique étrange.

Nous trouvons un petit chemin à l'écart de la route pour passer la nuit sous les arbres.

Dimanche 16 octobre :

Notre 1ère nuit à trois s'est passée sans problème, c'est tout juste si on s'est rendu compte qu'Iris partageait notre maison. Elle se montre charmante, suffisamment cultivée pour nous apprendre beaucoup de choses sur son pays, discrète et, en plus, elle cuisine bien : toutes les qualités pour un bon guide.

En route, nous nous arrêtons dans un village pour fixer nos plaques d'immatriculation chinoises sur le camping-car et, encore une fois, faire une soudure à la roue de la remorque qui n'a vraiment pas aimé les derniers kilomètres mongols. Nous sommes l'attraction du village, beaucoup de curiosité de la part des habitants du quartier, dans la bonne humeur.

La région que nous traversons est très agricole, malgré une terre friable et sablonneuse. Maïs, légumes sous serres, même les collines sont utilisées par paliers par les cultures. Les paysans labourent leurs champs de taille réduite à la charrue, tirée par des chevaux ou des bœufs, ou même bœuf et âne couplés.

De temps en temps sur la route, nous doublons ou croisons des triporteurs où sont attachés par quatre des moutons vivants, leur tête au ras de la chaussée, les pauvres.

Parallèlement à cette activité agricole, cette région est surtout consacrée à l'exploitation des mines de charbon et des carrières de rochers et de sable. Partout le sol et sous-sol est exploité à grande échelle et de nombreuses usines sont implantées. La juxtaposition industrie moderne et agriculture archaïque nous étonnent : les énormes tours de refroidissement côtoient les petites maisons de brique et de pierre, les gros semi-remorques de charbon, ardoise, rochers, cailloux concassés dépassent à grands coups de klaxon les charrettes tirées par des ânes, dans un contraste saisissant.

Cette province de Feng Zhen est très importante pour le ravitaillement en matières premières de la Chine, nous dit Iris.En traversant la ville de Feng Zhen, nous nageons en plein bonheur de retrouver une vraie ville asiatique comme on les aime : toute l'activité est dehors, ça grouille de monde dans tous les sens, vélos, charrettes, voitures, pousse-pousse, camions, ça circule et ça klaxonne à tout va, et surtout, ça travaille partout. Quitte même, pour les moins chanceux, à balayer sur la route les débris de paille ou de charbon.

Dans ce tout petit coin de Chine que nous découvrons à peine, on a l'impression ici que chacun essaye de trouver sa place au mieux afin de gagner ne serait-ce que le minimum vital.

Nous quittons la Mongolie Intérieure pour entrer dans la province très montagneuse du Shanxi.

En arrivant à Datong, la principale ville du nord de cette province (2,7 millions d'habitants), nous partons directement sur la route des Yungand Shiku, ce sont les grottes de la crête nuageuse, pour suivre les conseils de nos jeunes amis Margi et Patrik, rencontrés à Ulaan Baatar et qui nous précèdent maintenant en Chine.

Nous arrivons un peu trop tard ce soir pour bénéficier de la meilleure lumière et profiter pleinement de ces merveilles, mais nous tombons quand même en admiration devant la majesté de ces sculptures taillées à même la pierre des falaises : plus de 50 000 statues bouddhiques ont été sculptées au 5ème siècle dans ces grottes sur près d'un kilomètre de long. Nombre de ces chefs d'œuvre sont gravement endommagés par le temps et surtout par la pollution actuelle due essentiellement aux mines de charbons toutes proches. Mais ce qu'il en reste nous laisse bouche bée devant tant de majesté, le Bouddha assis mesure 17 mètres de haut, et tant de finesse dans les détails, jusqu'aux voûtes où sont sculptées des scènes bouddhiques.

Nous en ressortons à la nuit, nous sommes les derniers visiteurs, et repartons à Datong pour trouver un endroit pour la nuit. Hors de question de dormir en ville sur un parking, beaucoup trop bruyant, nous dit Iris. Elle nous conseille de trouver un coin plus calme vers l'extérieur et nous guide, mine de rien, vers l'endroit adéquat, tout en nous orientant vers la route à suivre demain matin.

Lundi 17 octobre

Hier soir, nous avons discuté avec Iris de ce que nous voulions voir avant de rejoindre Pékin : un monastère suspendu à 70 km au sud de Datong. Pas de problèmes, nous dit-elle, mais si on veut en profiter à loisir avant l'arrivée des cars de touristes, il faut se lever à 6h, départ à 7h, pour 1h30 de route.

Comme elle a raison, c'est à croire qu'elle a fait 100 fois ce parcours ! Nous sommes les premiers touristes cette fois à nous présenter sur le parking du monastère de Xuankong Si.

Moitié suspendu, moitié accroché contre une falaise abrupte, le monastère vient juste d'être illuminé par les rayons du soleil qui passe à travers une brèche entre les parois opposées, c'est magnifique ! Nous y entrons par un premier pont suspendu, ensuite nous ne ferons que traverser couloirs extérieurs, escaliers biscornus et passerelles super étroites pour accéder aux différentes salles où se trouvent toutes les statues de pierre ou de bronze. La disposition tarabiscotée du monastère, la petitesse des salles, le soleil qui se lève dans la brume sur la falaise, tout cela donne une atmosphère très intime à ce lieu, d'autant plus que nous sommes quasiment seuls.

En repartant à 9h30, les cars et taxis déversent les touristes par paquets bruyants (nous repérons quelques accents du sud, bien de chez nous), il est temps de leur laisser la place.

Sur la route en revenant vers Datong, nous prenons quelques photos de ce paysage étonnant, falaises abruptes, entaillées profondément peut-être par on ne sait quelle catastrophe géologique ancienne, petits villages de terre et brique, récoltes à la main, maïs jaune orange qui sèche au soleil sur les toits, et surtout des arbres dont la plupart ont été plantés récemment. Iris doit nous trouver un peu bizarres de nous extasier sur de l'herbe ou des arbres, encore verts d'ailleurs, c'est vrai que nous étions en manque depuis un mois, sans nous en rendre compte.

En fin de matinée, nous prenons l'autoroute en direction de Pékin. Et c'est de la belle autoroute, impeccable, stations-service en nombre suffisant, innombrables panneaux de signalisation et de sécurité routière en chinois et anglais, péages tous les 50 km en moyenne (ça c'est moins bien …) et surtout un entretien (balayage et marquage au sol) permanent fait manuellement par des employés qui travaillent, hélas, sans sécurité.

Nous faisons un test restaurant d'autoroute qui tient plutôt de la cantine de routiers : tout le monde crie, crache ses déchets sur la nappe de plastique (ou même par terre) dans les bruits les plus immondes, et surtout nous regarde, la bouche grande ouverte !

Nous restons tous les trois imperturbables et Jacques et moi réussissons à rester dignes en mangeant avec nos baguettes.

Bon, l'épreuve resto de tout le monde, c'est fait, prochaine étape, ce sera sûrement les toilettes publiques, mais là, je ne suis vraiment pas pressée !

Par contre, le paysage montagneux que nous traversons tout le long de la route vers Pékin est absolument magnifique, je crois même que Jacques le préfère encore à celui qu'il adorait en Mongolie (chut, on ne dit rien…).

A l'instant où j'écris, nous sommes en train d'arriver à Pékin, Jacques a un pincement au cœur en pensant à l'expédition de 1860 ; en effet, me dit-il, très exactement 145 ans après, à 4 ou 5 jours près, les Français entraient dans Pékin avec à leur tête (entre autres), un certain général Collineau. Je n'en dirai pas plus sur ce sujet si ce n'est que vous reporter au superbe livre de Bernard Brizay : Le sac du Palais d'été – seconde guerre de l'opium (publicité gratuite).

Donc, nous irons aussi voir ce qui reste du Yuanming Yuan et visiter le nouveau Palais d'été, derrière la Cité interdite.

En attendant, notre arrivée à Pékin est assez stupéfiante avec ses 6 périphériques qui entourent la ville, Iris nous fait sortir malencontreusement sur le 5ème. Ce n'est pas le bon et elle demande à jacques de faire marche arrière sur la bretelle de sortie pour reprendre l'autoroute… Peut-on imaginer cela sur le périphérique de Paris ? Le trafic est chargé mais ça roule quand même bien, il nous faudra environ 1h30 pour faire les 50 kms en ville avant d'arriver au stade des travailleurs où nous devons nous garer, grâce aux précieuses indications de Marie-Pierre, amie de Françoise L., qui vit ici.

Nous sommes bluffés par ce premier aperçu de Pékin, immeubles et infrastructures routières modernes, lumières, arbres et fleurs tout le long du périphérique, voitures assez récentes… Pékin n'est pas la Chine bien sûr, mais nous ne nous attendions pas à cette vision de modernité occidentale. Nous téléphonons à Marie-Pierre qui vient gentiment nous chercher en taxi sur le parking du stade pour aller dîner chez elle. Cette bonne soirée nous détend après nos 500kms de la journée.

Mardi 18 octobre

Ce n'est pas le bruit de la discothèque qui nous a empêchés de dormir et nous nous sommes réveillés en admirant le courage de tous les sportifs de tous âges dès potron-minet : en musique, ça fait du jogging, ça fait de la gymnastique, ça lance les cerfs-volants, ça fait du roller, ça joue au tennis, au badminton, bref, ça s'entretient, tandis que dans notre P'tit Prince, ça prend le petit déjeuner.

Le stade des travailleurs a été construit en 1954 et compte 70000 places ! Son enceinte est l'endroit parfait pour voir les Pékinois se maintenir en forme avant d'aller travailler.

Dans cette enceinte se trouve entre autres un magasin qui loue des camping-cars garés tout près de nous. Jacques va le voir et trouve un accord pour que nous puissions parquer le P'tit Prince avec ses copains pendant 2 jours, utiliser eau et électricité, pour le prix total de 20 €. Ce n'est pas cher pour un emplacement au vert et au calme en plein centre d'une capitale.

Voila une bonne chose de réglée, nous pouvons maintenant en profiter pour aller découvrir Pékin.

Iris nous avait dit en nous laissant hier que nous pouvions aller à pied Place Tian'Anmen pour ensuite visiter la Cité Interdite avant de finir par le parc de la Colline du point de Vue.

En route donc. Pour … huit heures de marche aller et retour ! Entre 20 et 25 kilomètres environ, on a même rajouté un tout petit bout à travers quelques hutong au passage. Ce sont des ruelles très anciennes bordées de petites maisons basses, en bien mauvais état mais pleines de charme, possédant une organisation de vie proche des communautés de quartier. Il n'en reste plus beaucoup malheureusement, mais nous y retournerons demain ou après demain, car le peu que nous avons vu aujourd'hui nous donne envie de découvrir d'autres quartiers si typiques.

Avant d'arriver devant la cité interdite, nous avons fait un petit détour par une ruelle encombrée d'échoppes à touristes et de petits restos (on se serait crû par moment dans la rue des petites boucheries à Bruxelles) où l'on s'est régalé de crêpes au soja, à l'œuf et épices plus brochettes de poulpes délicieuses ; juste à côté un vendeur de brochettes de style différent tentait de nous séduire avec ses scorpions, ses hippocampes ou autres larves énormes de je ne sais quoi... En vain !

Quant à la Cité Interdite, le côté gigantesque se découvre au fur et à mesure que nous franchissons les portes successives, nous allons de palais en palais, de pavillons en pavillons, en traversant d'innombrables cours et couloirs extérieurs. Mais comment faisaient tous ces gens, qui y vivaient reclus, pour ne pas se perdre dans un tel dédale d'édifices ? L'ensemble de tous ces bâtiments est grandiose, mais en restauration partielle, même si beaucoup de travaux ont déjà été accomplis pour que nous puissions imaginer la vie à la cour impériale. Et le musée installé dans différents pavillons est encore bien pauvre et mal présenté.

Pour ma part, je suis sous le charme du Jardin Impérial, des petites allées qui mènent aux chambres des différents palais et surtout des noms donnés à ces palais : Printemps éternel, Suprématie ultime, Bonheur universel, Elégance accumulée, Acceptation du ciel, Pureté céleste… (D'ailleurs, depuis cette visite, Jacques ne m'appelle plus que Harmonie suprême !).

Le nombre de visiteurs est impressionnant, beaucoup sont en groupes bruyants de casquettes rouges, jaunes, blanches, avec à leur tête un guide qui brandit un fanion ou autre signe de reconnaissance bien étonnant parfois, on se croirait à Disneyland ou Legoland !

Les 3 heures que nous passons dans cette Cité Interdite nous laissent à la fois éblouis par le nombre inimaginable de bâtiments magnifiques et en même temps désolés par une mise en valeur décevante des objets à l'intérieur des pavillons et palais, sans parler des innombrables vendeurs de boissons, friandises, souvenirs à l'intérieur même de l'enceinte.

Le parc de la Colline du Point de vue au nord de la Cité Interdite ne nous permet pas de retrouver notre calme : nous grimpons épuisés au milieu du troupeau de casquettes, tout en haut du pavillon principal pour admirer la vue à 360° sur Pékin, noyée dans la brume de fin d'après midi (et de la pollution).

Mais en redescendant par un accès plus difficile, nous avons la chance d'être enfin seuls et surtout d'écouter un concert improvisé entre un artiste qui joue d'un instrument traditionnel et une femme qui lui répond en chantant. Je n'écouterai pas forcément cette musique pendant toute une soirée, mais dans ce petit coin isolé du parc, assis sur une pierre pour nous reposer enfin un peu, nous prenons un réel plaisir.

En sortant du parc (tu as vu Rémy, nous avons fortement pensé à toi devant un bonzaï géant, enfin, plus grand que moi !), nous montons dans un taxi, mais dans ce quartier à touristes, les chauffeurs nous prennent... pour des touristes et multiplient les prix par 5, donc nous en redescendons aussi sec et, la colère nous redonnant des ailes, nous rentrons à pied ! Je crois que les Palais d'été attendront après-demain, les pieds sont au bout du rouleau.

Après l'effort, le réconfort : des ribs délicieux et de la Bud bien fraîche au restaurant australien du stade. Ne hurlez pas, c'est juste en face du camping-car, on n'ira pas plus loin ce soir, et en plus moi je trouve ça génial pour une fois de faire ce genre de repas dans ce pays, sans compter que de voir les serveuses chinoises parler anglais tout en se mettant accroupies à l'asiatique sur les banquettes pour nettoyer les tables, ça vaut le déplacement ! Quant au tube du moment, vous ne devinerez jamais, c'est la chanson Hélène, je m'appelle Hélène…, pour ceux qui ont regardé la série TV Hélène et les garçons (il y a bien 15 ans), ça doit leur rappeler des souvenirs !

Album des Collineau en Chine Cette longue marche aujourd'hui nous a permis de traverser beaucoup de quartiers différents, avec des styles de boutiques différentes, des genres d'habitations très diverses et des Pékinois jeunes, vieux, riches, pauvres... Tout ce Pékin là nous plaît et on l'on s'y sent bien.
Cliquez sur l'image ci-dessus pour voir l'album photo.

C'est toujours le Gobi, mais belle route.
C'est toujours le Gobi,
mais sur une belle route.
Un village de terre abandonné
Un village de terre abandonné
Tracteur moderne
Tracteur moderne
Tracteur ancien
Tracteur ancien
Avant les tracteurs…
Avant les tracteurs…
On commence à voir les cultures
On commence à voir les cultures
et des arbres
et des arbres.
Les premiers contacts se font…
Les premiers contacts se font…
dans le sourire
dans le sourire.
Les moutons sont vivants, en route pour le marché.
Les moutons sont vivants,
en route pour le marché.

 

Idem pour les suivantes…

 

 

 

 

 

 
Séchage du maïs sur les toits du village
Séchage du maïs sur
les toits du village.
Monastere suspendu de Xuangkong Si
Monastere suspendu
de Xuangkong Si.

 

 

 

 

 
Un petit monastère sur la route de ... Keops
Un petit monastère sur la route de ... Keops
La grande muraille pres de Badaling
La grande muraille pres de Badaling
Fifille et son papa en balade
Fifille et son papa en balade
Juliette s'entraîne au swing sur un muret
Juliette s'entraîne au swing
sur un muret.
Ruelle dans Luang Prabang
Ruelle dans Luang Prabang.
Des jeunes moines au travail dans leur temple
Des jeunes moines au travail
dans leur temple.
Rencontre avec nos adorables fous furieux de camping car autour su monde : Corinne, Luc, Marion et Thibault. 4 ans de vadrouille à travers le monde : on a l'air malin avec nos 7 mois !
Rencontre avec nos adorables
fous furieux de
camping car autour su monde :
Corinne, Luc, Marion et Thibault.
4 ans de vadrouille à travers
le monde : on a l'air malin
avec nos 7 mois !
 
Baugainvilliers
Baugainvilliers
Corinne et Marion font les pitres
Corinne et Marion font les pitres.
 Luc et Thibault
Luc et Thibault.
C'est comme tu veux, tu choises, tissus ou viandes ...
C'est comme tu veux, tu choisis,
tissus ou viandes ...
Moines en procession
Moines en procession.
Temple à l'intérieur du palais royal
Temple à l'intérieur du
palais royal.
L'allée que les moines viennent de finir de restaurer
L'allée que les moines viennent
de finir de restaurer.
Les grottes de Pak Ou vues de la rive opposée ....
Les grottes de Pak Ou vues
de la rive opposée ...
des milliers de petites statues déposées par les fidèles ...
des milliers de petites statues
déposées par les fidèles ...

 
Enfants Mongs
Enfants Mongs.
Tu vois pas mon petit oiseau ... dans sa cage ?
Tu vois pas mon petit oiseau ...
dans sa cage ?
Invités par des locaux à goûter le Lao Lao
Invités par des locaux à goûter
le Lao Lao.
Rencontre fatale avec un ours
Rencontre fatale avec un ours.
Le tigre monte la garde


Le tigre monte la garde.
Une rue du village
Une rue du village.
 
 
 

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