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Bulletin Janvier 2010. 

Les Brisson en Amérique du Sud.

Sans...Sans...Sans...Sans...Sans...Sans...Sans...Sans...Sans...Sans...Sans...Sans...Sans...Sans...Sans...Sans...

Tout d’abord, un récit sur notre voyage au Pérou, il sera suivi une fois revenu en Argentine de quelques généralités et impressions à la fois sur le Pérou et sur la Bolivie...

Nous arrivions donc au Pérou au début de l’Automne (en France c’était le début du Printemps).

Le PEROU pour moi c’étaient mes souvenirs d’école et surtout ce que j’avais vu sur les images que l’on trouvait dans les tablettes de chocolat et qui nous faisait découvrir le monde: le lac Titicaca, les bateaux en jonc, les Andes, une très longue et large chaîne de montagnes avec de très hauts sommets, des hauts plateaux cultivés à 3000 m et plus, des indigènes habillés de vêtements assez originaux aux couleurs vives et coiffés de bonnets ronds à oreillettes et pompons, des lamas, des condors, les Incas emplumés couverts d’or, des chemins de pierre et de terre tout en pente, des cultures à flanc de montagne ou en terrasses, une végétation tropicale dans les vallées avec plein de fruits ... et c’est cela que j’ai trouvé !

Pour Colette c’était un pays lointain, de l’autre côté de l’Amérique du Sud, bordé par le Pacifique. Plein de montagnes, habité par des gens très typés plutôt petits et plein de couleurs. Et aussi le pays du petit Péruvien que nous avons eu à la maison pendant un mois et aussi celui du mari d’une voisine. Et ça lui plait aussi ! Mais ... que de déserts pour y arriver en venant par le Sud, et que de montagnes à grimper et à descendre pour recommencer dès que l’on rentre à l’intérieur.
Sur 300 km partir du niveau zéro et monter à 4500 mètres, voire plus, 5 a 6 fois est tout a fait normal, si bien que les moyennes sont très basses et les amplitudes de température très fortes. En fait ce n’est pas un pays facile. Et maintenant nous découvrons en plus des lignes énigmatiques de NAZCA.

Des citées Incas perdues dans des endroits impensables très difficiles d’accès, même avec nos moyens actuels. Alors comment ce pouvait être au temps de la conquête? Imaginons un peu les conquistadors avec leurs armures dans ces contrées inconnues, à ces altitudes, avec les flèches des indiens, les bêtes sauvages, les reptiles et autres bestioles déplaisantes et faire face aux miasmes des marécages et les glaces des cols... Il fallait en vouloir de l’or pour certains, du pouvoir pour d’autres et avoir la foi pour les religieux...

C’est très intéressant l’histoire et comme il est surprenant de constater qu’en dehors des villes peu de choses ont changé.

A la campagne il n’est pas difficile de se plonger au 16ème ou 17ème siècle : les centaines de vallées ou de plateaux, les multiples sommets plus ou moins hauts et plus ou moins pentus, les innombrables rivières, torrents et cascades n’ont pas changé. Les pistes dans les montagnes non plus. Il n’y a que très peu de routes asphaltées, seulement les principales et pas encore toutes. On ne rejoint la majorité des villages et même certains gros bourgs qu’à pied, ou à dos d’ânes. Le peuple de la campagne marche et, très souvent chargé, de mais, de fèves, de cannes à sucre, de bois...

Les hommes et femmes s’habillent de façon traditionnelle aussi bien au village qu’au travail dans les champs. En ce moment c’est la récolte des pommes de terre arrachées à la tranche, et du maïs (chaque tige coupée une à une avec une serpette, la poupée décortiquée sur place).
Plus loin c’est le blé coupé poignée après poignée à la faucille.
Nous les voyons entre 20 à 30 personnes, suivant la taille du champ, le derrière en l’air ou groupées quand c’est l’heure du casse-croute. Et ils ont l’air de bien rigoler comme dans toutes les campagnes du monde.

Dans certaines régions, nous l’avons vu, ils continuent les coutumes ancestrales. Par exemple, dans un champ de patates, 8 danseurs et danseuses exécutant des rondes au son des flûtes pour remercier la terre (la Pachamama) de la récolte et pour en demander autant pour la prochaine, puis reprendre l’arrachage à la pioche.
Et cette scène n’était pas prévue pour les touristes, nous les avons surpris.

Dans les champs aucun matériel, tout à la main, quelquefois une paire de boeufs et une charrue à un socle mais c’est très rare. Et encore plus rare un matériel moderne tel un tracteur. Il faut vraiment se trouver dans une "grrrrande" vallée avec une "grrrrosse" ferme.

Aujourd’hui, en fin d’après-midi nous avons visite le site archéologique de PISAC de la même époque que le Machu Picchu. Pour une fois nous avons pris un guide (uniquement parlant espagnol ou anglais) et ne l’avons pas regretté. La chance nous a donné un passionné de culture Inca. Quechua lui-même et ayant obtenu son savoir de son père et de son grand père (ce dernier ne parlant que le Quechua). Ensuite il a passe les examens pour être guide officiel. Beaucoup de ses connaissances donc lui sont venues de bouche à oreille de par sa famille. Et cette dernière «croit» toujours à la religion de l’Inca, et lui nous a donne l’impression de s’y référer aussi.

Généralités et impressions à la fois sur le Pérou et sur la Bolivie...

Après 1 mois passé au PEROU et 3 semaines en BOLIVIE, nous voici de retour en Argentine à Salta depuis trois jours.

Finis les hauts plateaux à plus de 4000m. Nous sommes à 1200m; on respire quand même mieux et nous avons recommencé nos exercices physiques matinaux sans nous essouffler.
Finie la coca. Celle-là on ne la regrettera pas. Colette aussi, les derniers jours, avait du mal à l’avaler même en infusion ! Est-ce que la coca nous a aidé physiquement pendant près de deux mois entre 3500 et 4500m ? Nous ne le savons pas. De toute façon cela nous faisait boire ce qui est déjà pas mal.
Finis les nuages de poussière qui s’abattaient sur le camping-car lorsqu’on croisait ou doublait un véhicule, surtout les camions; on entendait même le bruit du sable entrainé par les tourbillons glisser sur le toit; la poussière des pistes de terre réussissait à s’infiltrer par le moindre interstice des ouvrants et, bien sûr, de certaines ventilations inaccessibles ou nécessaires.
A l’intérieur Colette réussissait à maintenir une propreté acceptable mais l’extérieur a pris la couleur ambiante, c’est à dire terre et sable ! Un grand nettoyage à la pression suivi d’un bon lessivage sera nécessaire.

Donc les deux pays les plus difficiles (pour nous) de cette première partie du voyage sont derrière nous. Nous ne regrettons surtout pas de les avoir parcourus et visités.

En Bolivie nous avons loué un 4x4, seul moyen pour atteindre certains « trésors » du sud Lipez et malgré cela, par endroit, nous descendions du véhicule pour le soulager tant la piste, si piste il y avait, était rocailleuse.

Hormis cet épisode tout le voyage nous l’avons fait en camping-car intégral sans problème jusqu’à ce jour.

Nous savons aussi qu’en 2010 nous serons au BRESIL et que ce ne sera pas de la tarte particulièrement au Nord.

Et maintenant voici ce qui nous vient à l’esprit lorsque nous évoquons le PEROU et qui nous restera :

- Nous voyons des montagnes à n’en plus finir, des forêts et des pics couverts de neige, (Bien sûr, nous nous trouvons dans la Cordillière des Andes), des montagnes verdoyantes, des vallées larges et profondes cultivées, bien arrosées par de multiples ruisseaux et rivières, des terrasses montant du niveau de la mer au plus haut, là où se trouve encore un peu de terre arable. Des parcelles plus ou moins grandes, plus ou moins raides.
Là où il y a quelques mètres carrés de terre l’homme cultive. Cela se fait en famille ou en entr’aide à la main: du labour à la tranche, au semis à la main, de la récolte à la faucille et du transport à dos d’hommes et de femmes.
Des villages organisés, des fermes isolées, des jardins débordants de légumes et de fruits, parfois de fleurs.
Sur les plateaux des troupeaux de toutes espèces, bovins et ovins, et dans les hauteurs de l’alti-plano plus désertique de grandes concentrations de lamas, vigognes et alpagas sauvages ou semi-sauvages.

- Nous voyons des gens affairés, qui travaillent toute la journée. Principalement dans les campagnes mais aussi dans les villes à un degré moindre.
Des gens souriants dès que l’on s’approche d’eux pour parler, aimables, ne semblant pas s’inquiéter de l’heure, vivant le moment présent, comme on le devrait, et pas déjà dans le futur. Des gens plutôt joyeux qui vous accueillent pour le plaisir de faire votre connaissance.

- Et, en plus des paysages grandioses et des locaux sympathiques, nous voyons l’omniprésence de la période où se déroula la conquête espagnole, c’est à dire les vestiges des civilisations précolombiennes et ce qu’apporta le métissage avec les conquérants.
Nous avons « vécu » principalement cette époque où les conquistadors s’enfonçaient très loin dans l’intérieur de l’Amérique du sud découvrant des civilisations, des cultures, des rites nouveaux, tout cela étant inimaginable pour ces européens qu’ils étaient.

De notre visite au PEROU voici ce que nous avons apprécié, aimé et que nous garderons en souvenir:

CUSCO la ville que nous avons préférée, pour son passé pré-Inca, Inca et colonial. Et le mélange qui en suivit duquel jaillit une grande richesse en beaucoup de domaines, notamment en architecture et en peinture et dont nous pouvons toujours admirer les oeuvres.
Son centre historique et ses alentours truffés de sites de la domination INCA. Nous ne sommes pas des fans de cette civilisation, violente et sanglante, un peu moins cependant que celle des Aztèques au Mexique. Il y avait l’INCA et c’est tout. Le reste était rien ou moins que rien… enfin c’est l’histoire !

OLLANTAYTAMBO – dernière forteresse Inca fermant la Vallée Sacrée et protégeant le long chemin menant à l’un des derniers refuges de l’Inca, sont loin d’être extraordinaires. Le SITE par contre est exceptionnel.
Il existe un seul chemin et deux moyens pour y accéder: en bus 5 à 600m. de dénivelé en 45 minutes ou à pied en ? C’est raide ... cela dépend du marcheur. De par sa position et de la difficulté d’y parvenir nous souhaitons qu’il en soit toujours ainsi et qu’aucun autre moyen plus confortable ou plus rapide ne voit le jour afin de préserver à ce lieu mythique justement, tout son mystère, sa grandeur, sa beauté originelle.
Perdu au milieu de la splendide Cordillière des Andes, à 2430 m, sur un éperon de rocher avec des à pics vertigineux de tous les côtés, entourée de sommets pentus et boisés et défendue par des vallées étroites et profondes. C’est un endroit « magique », isolé, tranquille et intrigant, superbe, rassurant et angoissant à la fois; un peu comme en plein milieu de la brousse africaine. Là où l'on n'accède qu’en marchant plusieurs jours.
Au milieu de cette nature encore vierge où tout nous interpelle, nous intrigue: la forêt noire et profonde, les bruits inhabituels et inconnus, les odeurs envoutantes … c’est sublime !

PISAC – Ville forteresse Inca de la Vallée Sacrée. Aussi intéressante que le Machu Picchu et pourtant moins courue car facile d’accès avec un environnement très dégagé et moins joli, moins mystérieux.
Et pourtant que de belles places à découvrir dans ses quartiers bien séparés les uns des autres. Des lieux plaisants ou étonnants ou dérangeants ! A voir.

MORAY – Haut lieu de recherche agronomique Inca excellemment bien conservé.

Puis beaucoup plus loin le lac TITICACA, les Iles Flottantes et les bateaux en jonc près de la ville de Puno (3827m.). et encore beaucoup plus loin, en NGV (navire à grande vitesse), l’île de TAQUILE et ses coutumes ancestrales.
Les femmes filent la laine et les hommes vous tricotent avec dextérité bonnet, large ceinture d’apparat, gilet, etc.

Et de la BOLIVIE voici ce que nous avons aimé et dont nous nous souviendrons :
L’alti-plano péruvien est intéressant à parcourir, il y a tellement de belles choses à voir sommets enneigés, vallées gigantesques, cultures colorées … En Bolivie on s’attend à trouver les mêmes paysages. Eh bien non ! On se trouve un peu plus en altitude et là ... tout est morne, triste et monotone : les sommets sont arrondis, pas de profondes vallées excepté à l’Est en descendant vers la Selva, la forêt amazonienne.
Terre aride grise ou sable où poussent quelques épineux et cactus et où l’on aperçoit quand même parfois de beaux troupeaux de chèvres. On se demande ce qu’elles trouvent à se mettre sous la dent ?

Les Boliviens nous ont donné l’impression d’être moins prompts à rire que leurs voisins. Plutôt tristes et endormis. La pauvreté ne porte pas tellement non plus à s’esclaffer. Nous en avons aussi connu des joyeux et passionnés, c’était en ville et une classe plus favorisée.

En voici les points forts.

Toujours de notre point de vue : évidemment; à chacun son voyage et sa façon de le vivre !

POTOSI – Le CERRO RICO et sa mine toujours en activité depuis plus de quatre siècles. Naturellement il faut se donner beaucoup de mal et prendre pas mal de risques pour en tirer encore quelque argent. Malgré tout elle permet à beaucoup de familles de travailler et de ne pas être dans un total dénuement.

Le SALAR d’UYUNI et le Sud LIPEZ – Nous en avons fait la visite en véhicule tout terrain et ne l’avons pas regretté tant la piste est mauvaise et dure. Si l’on sort des sentiers battus et pour accéder à certains sites « touristiques » c’est vraiment le seul moyen et nombreux sont les 4x4 qui reviennent à leur base avec des pépins plus ou moins graves, ressorts, amortisseurs, direction ou conduites de lookeed endommagés.
Le Salar n’est pas difficile mais le Lipez que nous avons fait si. De plus nous allons à 4800 mètres d’altitude et la nuit la température descend à -20°. Les 3 nuits passées à cette hauteur nous étions dans une sorte de refuge en parpaing couvert de tôles, sans électricité, sans eau chaude et surtout sans chauffage, et prendre le dîner et le petit déjeuner dans ces conditions n’est pas facile.
Cette excursion se mérite mais n’est pas obligatoire sinon pour pouvoir dire : j’ai vu le plus grand salar du monde et j’ai roulé toute une journée dessus et ensuite j’ai vu de belles choses dans le sud Lipez, mais je me suis bien caillé !

De SUCRE nous sommes allés au marché de TARABUCO un des plus pittoresques d’Amérique Latine, sans doute, peut-être, pourquoi pas ?
Pour nous ce sera le souvenir d’avoir goûté au plaisir de voyager en « colectivo ». C’est un fourgon combi, de marque japonaise, ayant dépassé l’âge de la retraite mais roulant encore et assurant du service. Théoriquement 8 passagers et le chauffeur lui suffisent mais ici on ne lésine pas, s’il y a de la place pour 8 on doit bien pouvoir en mettre 19, plus le chauffeur ! On y entre accroupi et pour y loger tout ce beau monde les places sont très étroites. Donc, il faut se faire tout petit et tortiller ses jambes pour leur trouver une place. Et lorsqu’une matrone avec un tas de jupons se présente elle accapare déjà deux mini-sièges; alors on se tasse un peu et on ferme la porte coulissante. On voyage tous avec nos odeurs que l’on partage généreusement et nous humons avec plus ou moins d’envie les en-cas que certains ont apportés et ont l’air de tellement apprécier (poulets bien graisseux, riz au gras...) pour passer sa faim. Si on n’a pas eu l’idée d’apporter à manger on peut toujours mâcher de la feuille de coca; même si vous salivez un peu vert, personne ne vous dira rien, vous n’aurez qu’à cracher au prochain arrêt ! Comble du confort les enfants peuvent même s’allonger dans les 20 cm de largeur du couloir central ! Cela ne coûte pas cher et en plus on est au plus près des habitants !

Dommage que ce soit si loin car nous y retournerions volontiers. Nous avons fait un beau voyage ...

Charles et Colette Brisson.

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