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Bulletin Septembre 2009. 

L’année des trois étés de Michel Bonjean.

Du 31 Mars 2009 – Depuis CACHI (Argentine).
Le message 019 est parti de SALTA en Argentine.
Celui-ci est rédigé dans l’agréable camping de la petite ville de Cachi dans les Andes Argentines (Coordonnées géographiques S 25°07.340 W 066° 10.042). Nous y faisons une halte-repos à une altitude raisonnable de 2.380 m.Tout va bien.

Le 25 février,

Nous passons la nuit à OLLANTAYTAMBO, point extrême de la Vallée Sacrée où les véhicules automobiles privés sont autorisés à accéder. Au-delà, il est nécessaire d’utiliser le train pour atteindre le site de MACHU PICCHU, où pour les plus sportifs un taxi et ses jambes.

Pérou - Machu Picchu - Le train.Pérou - Machu Picchu.Pérou - Machu Picchu.Pérou - Machu Picchu.Pérou - Machu Picchu.

Le lendemain, tôt, nous prenons la direction de ce site avec le train qui arrive de CUZCO. 30 km plus loin et 1 heure 30 plus tard, nous arrivons à AGUAS CALIENTES. Là un minibus nous fait grimper par une piste en lacets et pendant une demi-heure jusqu’au site.
Par parenthèse : le prix de ce transport nous a paru très exagéré. Pour 60 km en 3 heures et d’une heure de minibus, il est équivalent au prix d’un billet simple Grenoble-Paris : 600 km en 3 heures… Bref c’est le Machu Picchu et c’est vite oublié.
Le temps est nuageux, et il y a quelques gouttes de pluie, mais quel émerveillement en découvrant cet ensemble, pourtant maintes fois vu en images dans les magazines ou à la télévision.
Tout y propre, net, vert. Le travail d’assemblage des pierres ou plutôt des rocs force notre admiration : un vrai et énorme travail de puzzle en trois dimensions.
Les lieux de culte, les terrasses pour les cultures, les canaux d’irrigation, les maisons auxquelles il ne manque que les toits, autour d’une aire centrale sont d’une parfaite harmonie et ne peuvent être l’oeuvre que d’un génial urbaniste et de centaines d’habiles ouvriers…
Tout y est époustouflant. Et dire que cette petite ville, construite au XVIème siècle au sommet d’une montagne perdue, n’a été découverte qu’en 1911, il n’y pas encore un siècle, complètement désertée et abandonnée et livrée à la nature !
On ignore pratiquement tout de sa vie. Les incas ignoraient l’écriture. Tous les guides n’en parlent qu’au conditionnel.

Nous y avons flâné toute la journée et sommes redescendus en fin d’après midi, fourbus mais la tête et les yeux pleins d’images inoubliables.

Pérou - Machu Picchu - Michel et Micheline.Pérou - Urubamba - Rumpe Muelles.Pérou - Moray - Les terrasses.Pérou - Moras - Las Salinas.Pérou - Moras - Las Salinas.

Personnellement, ce site m’a toujours fait penser à celui, beaucoup plus modeste et malheureusement en ruine de l’ancien village de Châteauneuf de Contes, près de Nice. Vieux village édifié au sommet de la montagne autour d’une combe cultivée en terrasses.
Qu’en pensent ceux qui le connaissent ?

Le lendemain, notre objectif est d’atteindre CUZCO. Nous arrivons à le remplir, en traînant un peu. Nous y arrivons de nuit, ce que, en général, nous refusons de faire pour éviter de chercher de nuit un bivouac ou une adresse et pour éviter une circulation plus difficile par manque ou excès d’éclairage des autres usagers de la route.

Pérou - Chinchero.Pérou - Chinchero - Mulaton et Bonjean.Pérou - Cuzco - La Place d'Armes et la Cathédrale.Pérou - Cuzco - Maisons sur soubassement inca.Pérou - Cuzco - Plaza San Blas.

Les raisons de cette « trainerie » ou « trainasserie » (au choix de l’indulgent lecteur) sont les suivantes :

- Une route, dans la Vallée Sacrée, presque totalement urbanisée, entrecoupée de nombreux « gendarmes couchés » généralement très bien nourris. Il s’agit de dos d’âne, en vigueur il y a quelques années dans notre pays à passer au pas. Il est nommé ici « lomo de burro » (lomo = dos - burro = âne) ou quelques fois « rumpe muelle » (rumpe = casse - muelle = ressort).
A Nice, et en patois on connait le « rumpe b….s » sorte de personnage un peu casse pieds.
 
- Visites, au nord d’Urumbamba aux sites :
. De MORAY. Il s’agit de constructions dans une dépression de terrasses de cultures circulaires et concentriques réalisées par les Incas.
Elles auraient servies à l’étude de la culture des plantes en fonction de leur situation, exposition, ensoleillement et irrigation pour optimiser le rendement : Une sorte d’INRA locale.
. Des SALINAS. Une source d’eau salée captée dessert par une multitude de petits canaux des centaines de bassins peu profonds où l’eau, sous l’action du soleil, en s’évaporant y laisse le précieux sel.
. Et de CHINCHERO pour y découvrir sa magnifique église et son environnement.
Il y avait une fête. Nous avons regardé. Nous y avons été invités. L’Alcade (le maire) était présent. Il est venu nous saluer, nous a présenté ses collaborateurs et les anciens du village, nous a dit son admiration pour la France et son désir de trouver un jumelage avec une petite commune française. Difficile de partir vite…
Pérou - Cuzco - Saqsaywaman.Pérou - Cuzco - Musée de l'Inca.Pérou - Pisaq - Le marché.Pérou - Pisaq - Le marché.Pérou - Pisaq - La forteresse.

Bref, la nuit nous a surpris un peu avant CUZCO, ville construite dans une vallée et sur ses flancs. Trouver le camping, dont nous avions les coordonnées géographiques (point GPS) et pas l’adresse, de nuit dans cette ville dont seul le centre, relativement plat est quadrillé ne fut pas facile. Bravo, en tout cas à Gérard, chargé ce jour là de la tête du convoi. (ndlr : un tour quotidien est assuré pour remplir cette fonction).
Le GPS pratiqué en Amérique du Sud n’est pas celui que nous connaissons en Europe. Il ne « parle » pas. Il indique simplement une direction et une distance. En mer ou en plaine c’est relativement facile. Mais en montagne, il ne connait pas les différences d’altitude ou de versant et il est difficile d’aller en ligne droite vers un point.

A l’arrivée, une gentille employée nous a ouvert le portail (le propriétaire était absent) sans indiquer à Gérard, en tête, qu’il avait plu pendant les trois jours précédents et que le pré servant de camping était détrempé.
Le camping-car de Gérard s’y est très vite immobilisé… Prévenu, et prudemment, j’ai garé mon camping-car à l’extérieur. On s’est vite couché en se disant : on verra demain…
Le lendemain, pelles, sangles, crics, plaques de désensablage, le 4x4 du propriétaire revenu, une matinée à trainer dans la boue et à haleter (3.500 m. d’altitude tout de même..) ont permis au camping-car de Gérard de retrouver son autonomie.

Pérou - Tambomachay.Pérou - Chinchero - Centre Andin d'Artisanat : les tisseuses.Pérou - Chinchero.Pérou - Andahuaylillas.Pérou - San Pedro - Eaux Thermales.
Le samedi 28 février après-midi

Nous voilà prêts à aller faire connaissance avec la magnifique CUZCO, dénommée la « Rome des Incas ». En langue quechua, toujours pratiquée, Cuzco signifie nombril.
Cette ville a été la capitale de l’empire inca, mais n’y subsistent que les fondations des bâtiments et des forts de défense aux alentours.Ces fondations ont servi de base aux nombreuses constructions espagnoles édifiées pendant la conquête : églises, couvents, bâtiments administratifs ou palais et maisons coloniales. Nous en avons visité quelques-uns.
Dans un ancien palais colonial, un très intéressant musée y est installé. Il s’agit du Musée de l’Inca. On y découvre beaucoup d’objets incas et notamment l’importance de cet empire qui n’a régné que deux ou trois siècles. Il s’étendait sur une grande partie de l’Amérique du Sud, équivalente par comparaison en Europe à un territoire couvrant la Galicie en Espagne jusqu’à Varsovie.
Il n’a pu être créé que grâce au génie administratif de ce peuple dominateur et en asservissant petit à petit les peuples voisins. On comprend mieux que, par la suite, avec très peu d’hommes et des moyens techniques plus avancés, les conquistadors ont pu vaincre cet immense empire en s’alliant les peuples asservis contre l’Inca détesté.

Pérou - San Pedro - Eaux Thermales.Pérou - Au col Abra La Raya à 4.238 m.Pérou - Au col Abra La Raya à 4.238 m.Pérou - Sur l'Altiplano - Troupeaux d'Alpagas.Pérou - Ayarivi - L'Eglise.Pérou - Puno - La Casa Del Corregidor.
Le dimanche 1er mars

Nous profitons de cette journée dominicale pour nous rendre jusqu’à PISAQ, autre site inca dans la Vallée Sacrée.
C’est jour du marché hebdomadaire. Il y a un site haut avec les ruines d’une forteresse inca et de magnifiques terrasses de cultures sinueuses et la ville basse au bord de la rivière avec un très beau marché local très animé outre les incontournables vendeurs de souvenirs.

Au retour nous nous arrêtons dans divers forts incas entourant Cuzco et notamment celui, impressionnant de SACSSAHUAMAN qui domine cette ville. Ce fût une très belle journée.

Le 3 mars :

Nous quittons CUZCO pour retourner jusqu’à CHINCHERO revoir un très beau centre artisanal de tissage andin que nous avions découvert trop rapidement quelques jours auparavant. Puis nous prenons la direction du sud-est vers le lac Titicaca.

Nous faisons un bref arrêt à ANDAHUAYLILLAS pour voir son église jésuite surnommée « la Chapelle Sixtine de l’Amérique du Sud ». Son plafond est entièrement peint, mais la comparaison nous a semble un peu exagérée quand même : le peintre n’était pas Michelangelo…
On y a rencontré un couple de français avec leur petite fille de quatre ans. Ils parcourent à vélo avec une remorque pour leur enfant, les Amériques du nord au sud…

Pérou - Puno - Le Yavari.Pérou - Lac Titicaca - Les Iles Uros.Pérou - Lac Titicaca - Ile Taquile.Pérou - Lac Titicaca - Les Iles Uros.Pérou - Lac Titicaca - Re tour de l'ile Taquile.

Nous faisons étape le soir à SAN PEDRO, petite ville thermale. Et le matin, avec les curistes locaux, nous allons prendre les eaux. Elles sont gazeuses et ferrugineuses du type « Vichy »…

Puis direction la ville de PUNO, au bord du lac Titicaca, dans un paysage verdoyant, la route traverse de nombreux villages en montant régulièrement et lentement jusqu’à l’Abra LA RAYA à 4.338 m. Passe également à ce col la voie ferrée Cuzco-Puno.
Une fois cette passe franchie, une courte descente et nous nous trouvons sur l’Altiplano entre 3.600 et 3.800 m. Il est notre panorama jusqu’à PUNO. Semi désertique et de nombreux troupeaux de lamas et d’alpagas.

A midi, un arrêt-déjeuner impromptu à AYARIVI est un heureux hasard : c’est le jour du marché local hebdomadaire. Nous y faisons une très agréable promenade au marché des fruits et légumes et dans les stands de toutes sortes : restauration, quincaillerie, produits miracles…

En fin d’après-midi, nous arrivons à PUNO, port péruvien du lac Titicaca.
Renseignés par de précédents voyageurs sur leur site internet, nous y trouvons un très agréable bivouac dans le parc de stationnement d’un grand hôtel sur les rives du lac.
La visite et découverte de la ville se font le lendemain.

Puno est édifiée dans un immense cirque au bord de cet immense lac. Elle y possède une partie de la marine de guerre péruvienne : le lac est en effet partagé avec la Bolivie. En fin d’après midi, nous allons visiter le YAVARI, cargo à vapeur, en cours de restauration qui a navigué sur le lac depuis les années 1880...

Le grand lac, qui borde cette ville, au nom un peu enfantin de TITICACA est le plus haut lac navigable du monde à 3.810 m. Son nom en langue « aymara » deuxième langue encore pratiquée (avec le quechua) par les indiens signifie « puma gris » en raison de sa forme. Nous y faisons une « croisière » le 6 mars par un très beau temps. Nous y découvrons, lors d’un arrêt très touristique, les iles flottantes d‘Uros faites de roseaux où vivent encore environ deux mille personnes. Trois heures de bateau nous permettent d’atteindre l’Ile de Taquilé où nous déjeunons dans le village au sommet de l’île.

Nous sommes de retour vers 17 heures, un peu saouls de soleil et de grand air. Sur ce bateau, on rencontre un couple de retraités « Merlin-Gerin ». Le hasard…

Le lendemain, nous prenons la direction de la Bolivie en suivant les rives de ce lac. Bolivie autrefois région intégrante du Pérou et connue sous le nom de Haut Pérou. La scission a eu lieu en 1826.

Michel Bonjean.

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