Camping-Cars sur les Routes de la Soie et du Monde.
Du 31 Mars 2009 – Depuis CACHI (Argentine).
Le message 019 est parti de SALTA en Argentine.
Celui-ci est rédigé dans l’agréable camping de la petite ville de Cachi
dans les Andes Argentines (Coordonnées géographiques S 25°07.340
W 066° 10.042). Nous y faisons une halte-repos à une altitude raisonnable
de 2.380 m.Tout va bien.
Nous passons la nuit à OLLANTAYTAMBO, point extrême de la Vallée Sacrée où les véhicules automobiles privés sont autorisés à accéder. Au-delà, il est nécessaire d’utiliser le train pour atteindre le site de MACHU PICCHU, où pour les plus sportifs un taxi et ses jambes.





Le lendemain, tôt, nous prenons la direction de ce site avec le train qui
arrive de CUZCO. 30 km plus loin et 1 heure 30 plus tard, nous arrivons
à AGUAS CALIENTES. Là un minibus nous fait grimper par une piste
en lacets et pendant une demi-heure jusqu’au site.
Par parenthèse : le prix de ce transport nous a paru très exagéré. Pour
60 km en 3 heures et d’une heure de minibus, il est équivalent au prix
d’un billet simple Grenoble-Paris : 600 km en 3 heures… Bref c’est le
Machu Picchu et c’est vite oublié.
Le temps est nuageux, et il y a quelques gouttes de pluie, mais quel
émerveillement en découvrant cet ensemble, pourtant maintes fois vu
en images dans les magazines ou à la télévision.
Tout y propre, net, vert. Le travail d’assemblage des pierres ou plutôt
des rocs force notre admiration : un vrai et énorme travail de puzzle en
trois dimensions.
Les lieux de culte, les terrasses pour les cultures, les canaux d’irrigation,
les maisons auxquelles il ne manque que les toits, autour d’une aire
centrale sont d’une parfaite harmonie et ne peuvent être l’oeuvre que d’un génial urbaniste et de centaines d’habiles ouvriers…
Tout y est
époustouflant. Et dire que cette petite ville, construite au XVIème siècle
au sommet d’une montagne perdue, n’a été découverte qu’en 1911,
il n’y pas encore un siècle, complètement désertée et abandonnée et
livrée à la nature !
On ignore pratiquement tout de sa vie. Les incas ignoraient l’écriture.
Tous les guides n’en parlent qu’au conditionnel.
Nous y avons flâné toute la journée et sommes redescendus en fin d’après midi, fourbus mais la tête et les yeux pleins d’images inoubliables.





Personnellement, ce site m’a toujours fait penser à celui, beaucoup
plus modeste et malheureusement en ruine de l’ancien village de
Châteauneuf de Contes, près de Nice. Vieux village édifié au sommet
de la montagne autour d’une combe cultivée en terrasses.
Qu’en pensent ceux qui le connaissent ?
Le lendemain, notre objectif est d’atteindre CUZCO. Nous arrivons à le remplir, en traînant un peu. Nous y arrivons de nuit, ce que, en général, nous refusons de faire pour éviter de chercher de nuit un bivouac ou une adresse et pour éviter une circulation plus difficile par manque ou excès d’éclairage des autres usagers de la route.





Les raisons de cette « trainerie » ou « trainasserie » (au choix de l’indulgent lecteur) sont les suivantes :





Bref, la nuit nous a surpris un peu avant CUZCO, ville construite dans
une vallée et sur ses flancs. Trouver le camping, dont nous avions les
coordonnées géographiques (point GPS) et pas l’adresse, de nuit dans
cette ville dont seul le centre, relativement plat est quadrillé ne fut pas
facile. Bravo, en tout cas à Gérard, chargé ce jour là de la tête du convoi.
(ndlr : un tour quotidien est assuré pour remplir cette fonction).
Le GPS pratiqué en Amérique du Sud n’est pas celui que nous connaissons
en Europe. Il ne « parle » pas.
Il indique simplement une direction et une distance. En mer ou en plaine
c’est relativement facile. Mais en montagne, il ne connait pas les
différences d’altitude ou de versant et il est difficile d’aller en ligne droite
vers un point.
A l’arrivée, une gentille employée nous a ouvert le portail (le propriétaire
était absent) sans indiquer à Gérard, en tête, qu’il avait plu pendant les
trois jours précédents et que le pré servant de camping était détrempé.
Le camping-car de Gérard s’y est très vite immobilisé… Prévenu, et prudemment,
j’ai garé mon camping-car à l’extérieur. On s’est vite couché
en se disant : on verra demain…
Le lendemain, pelles, sangles, crics, plaques de désensablage, le 4x4
du propriétaire revenu, une matinée à trainer dans la boue et à haleter
(3.500 m. d’altitude tout de même..) ont permis au camping-car de Gérard
de retrouver son autonomie.





Nous voilà prêts à aller faire
connaissance avec la magnifique CUZCO, dénommée la « Rome des
Incas ». En langue quechua, toujours pratiquée, Cuzco signifie nombril.
Cette ville a été la capitale de l’empire inca, mais n’y subsistent que
les fondations des bâtiments et des forts de défense aux alentours.Ces
fondations ont servi de base aux nombreuses constructions espagnoles
édifiées pendant la conquête : églises, couvents, bâtiments administratifs
ou palais et maisons coloniales. Nous en avons visité quelques-uns.
Dans un ancien palais colonial, un très intéressant musée y est installé.
Il s’agit du Musée de l’Inca. On y découvre beaucoup d’objets incas et
notamment l’importance de cet empire qui n’a régné que deux ou trois
siècles. Il s’étendait sur une grande partie de l’Amérique du Sud, équivalente
par comparaison en Europe à un territoire couvrant la Galicie en
Espagne jusqu’à Varsovie.
Il n’a pu être créé que grâce au génie administratif de ce peuple dominateur
et en asservissant petit à petit les peuples voisins. On comprend
mieux que, par la suite, avec très peu d’hommes et des moyens
techniques plus avancés, les conquistadors ont pu vaincre cet immense
empire en s’alliant les peuples asservis contre l’Inca détesté.






Nous profitons de cette journée dominicale pour
nous rendre jusqu’à PISAQ, autre site inca dans la Vallée Sacrée.
C’est
jour du marché hebdomadaire. Il y a un site haut avec les ruines d’une
forteresse inca et de magnifiques terrasses de cultures sinueuses et
la ville basse au bord de la rivière avec un très beau marché local très
animé outre les incontournables vendeurs de souvenirs.
Au retour nous nous arrêtons dans divers forts incas entourant Cuzco et notamment celui, impressionnant de SACSSAHUAMAN qui domine cette ville. Ce fût une très belle journée.
Nous quittons CUZCO pour retourner jusqu’à CHINCHERO revoir un très beau centre artisanal de tissage andin que nous avions découvert trop rapidement quelques jours auparavant. Puis nous prenons la direction du sud-est vers le lac Titicaca.
Nous faisons un bref arrêt à ANDAHUAYLILLAS pour voir son église
jésuite surnommée « la Chapelle Sixtine de l’Amérique du Sud ». Son
plafond est entièrement peint, mais la comparaison nous a semble un
peu exagérée quand même : le peintre n’était pas Michelangelo…
On y a rencontré un couple de français avec leur petite fille de quatre
ans. Ils parcourent à vélo avec une remorque pour leur enfant, les Amériques
du nord au sud…





Nous faisons étape le soir à SAN PEDRO, petite ville thermale. Et le matin, avec les curistes locaux, nous allons prendre les eaux. Elles sont gazeuses et ferrugineuses du type « Vichy »…
Puis direction la ville de PUNO, au bord du lac Titicaca, dans un paysage
verdoyant, la route traverse de nombreux villages en montant régulièrement
et lentement jusqu’à l’Abra LA RAYA à 4.338 m. Passe
également à ce col la voie ferrée Cuzco-Puno.
Une fois cette passe franchie, une courte descente et nous nous trouvons
sur l’Altiplano entre 3.600 et 3.800 m. Il est notre panorama jusqu’à
PUNO. Semi désertique et de nombreux troupeaux de lamas et
d’alpagas.
A midi, un arrêt-déjeuner impromptu à AYARIVI est un heureux hasard : c’est le jour du marché local hebdomadaire. Nous y faisons une très agréable promenade au marché des fruits et légumes et dans les stands de toutes sortes : restauration, quincaillerie, produits miracles…
En fin d’après-midi, nous arrivons à PUNO, port péruvien du lac Titicaca.
Renseignés par de précédents voyageurs sur leur site internet,
nous y trouvons un très agréable bivouac dans le parc de stationnement
d’un grand hôtel sur les rives du lac.
La visite et découverte de la ville se font le lendemain.
Puno est édifiée dans un immense cirque au bord de cet immense lac. Elle y possède une partie de la marine de guerre péruvienne : le lac est en effet partagé avec la Bolivie. En fin d’après midi, nous allons visiter le YAVARI, cargo à vapeur, en cours de restauration qui a navigué sur le lac depuis les années 1880...
Le grand lac, qui borde cette ville, au nom un peu enfantin de TITICACA est le plus haut lac navigable du monde à 3.810 m. Son nom en langue « aymara » deuxième langue encore pratiquée (avec le quechua) par les indiens signifie « puma gris » en raison de sa forme. Nous y faisons une « croisière » le 6 mars par un très beau temps. Nous y découvrons, lors d’un arrêt très touristique, les iles flottantes d‘Uros faites de roseaux où vivent encore environ deux mille personnes. Trois heures de bateau nous permettent d’atteindre l’Ile de Taquilé où nous déjeunons dans le village au sommet de l’île.
Nous sommes de retour vers 17 heures, un peu saouls de soleil et de grand air. Sur ce bateau, on rencontre un couple de retraités « Merlin-Gerin ». Le hasard…
Le lendemain, nous prenons la direction de la Bolivie en suivant les rives de ce lac. Bolivie autrefois région intégrante du Pérou et connue sous le nom de Haut Pérou. La scission a eu lieu en 1826.
Michel Bonjean.