Camping-Cars sur les Routes de la Soie et du Monde.
Quelques mots pour résumer ce voyage.

Nous avons eu une température encore fraîche pour la saison, 15 à 19°C dans la journée, mais le temps, hormis quelques averses et deux journées grises, a toujours été beau.
Nous n’avons pas eu de problèmes pour garer le camping-car et dormir, il y a des aires partout, et les parkings des villes sont très accessibles.
Nous avons apprécié la douceur des paysages toscans, mais surtout été subjugués par la richesse artistique que recèle cette région. La moindre petite ville renferme des trésors d’architecture, de peinture, et nous avons eu l’impression de nous balader dans un gigantesque musée de 150 kilomètres de large sur 200 kilomètres de long. L’architecture moyenâgeuse de toutes les villes que nous avons visitées est très bien conservée et particulièrement suggestive.
Après dix jours de balade, nous en étions presque arrivés à saturation de rencontrer tant de beauté, et s’émerveiller à longueur de journée finit paradoxalement par fatiguer.
La Toscane, pour le même circuit, aurait bien mérité que nous lui consacrions un mois entier. Nous serions restés un jour de plus à Sienne, deux jours supplémentaires à Florence, une journée encore à Peruggia, et aurions pu visiter encore beaucoup de charmantes petites villes dans lesquelles nous n’avons pu, par manque de temps, nous arrêter.
Après les courses du matin, nous partons d’Arles pour rejoindre San Remo. Nous sommes vraiment fatigués, et la route nous paraît très longue. Nous arrivons en trottinant vers 19 heures, avant la tombée de la nuit. L’aire de San Remo, est déjà bondée en cette saison. Qu’est-ce que ce sera en été ?
Encore une journée de route difficile et peu agréable, surtout à l’approche de Gênes où l’autoroute ne fait que serpenter au travers de multitudes de tunnels. Nous arrivons à 17 heures à Lucca, nous nous posons, et décidons de ne rien faire.
Nous nous décidons à mettre le nez dehors en début d’après-midi pour visiter Lucca. Nous flânons dans cette ville médiévale remarquable, constellée d’églises lumineuses, dentelées du style roman Pisan, de ruelles et de placettes intimistes.
Que du bonheur ! La ville est calme, chaque détour de rue nous amène à découvrir une nouvelle merveille.
Nous filons tout d’abord à la cathédrale Saint Martin. Construite dans
le style du roman Pisan, la façade est ornée de colonnades et de basreliefs.
Ce haut lieu de pèlerinage, connu de tout le moyen-âge abrite
la Sainte Voulte (Santa Volto). Cette croix aurait été sculptée par Nicomède,
disciple de Jésus. Au moment d’entreprendre la taille du visage,
celui-ci se serait transformé miraculeusement et aurait pris les traits du
Christ. Au VIIIème siècle, la croix aurait été chargée sur un bateau sans équipage dérivé sur la Méditerranée pour échouer sur une plage dans
la région de Pise. Elle aurait été placée sur un char tiré par des boeufs et
amenée ainsi à Lucca.
Cette légende me rappelle en tout point celle de
la Translatio du corps de Saint-Jacques Matamore.
Au Moyen-âge, la
Sainte Voulte était traitée en grande considération, et il n’était pas rare
dans la France de l’époque, lors d’affaires de justice, que l’on jura sur la
Bible et au nom de Saint Valaduc.
Sur un des piliers, on découvre la gravure d’un labyrinthe. Quelle en est
la signification symbolique ?
La cathédrale Saint Michel, construite au XIIème siècle sur la place de
l’ancien forum étrusque, présente une façade en marbre blanc à l’équilibre
parfait. Ce bâtiment aurait, de par son architecture et ses dimensions,
dû être trop lourd et imposant. La couleur de la pierre, l’alignement
de fines colonnades sur quatre niveaux, lui rendent sa grâce, sa
légèreté et sa finesse.
Les premiers rayons d’un soleil printanier réchauffent la place Saint Michel et lui donnent toutes ses couleurs en tons ocre. Nous profitons de cette fugitive et douce luminosité qui laissera place, aux jours d’été à une clarté bien plus violente...
Nous visitons également San Frediano. Cette basilique, est dédiée à
l’évêque Irlandais du même nom.
Frediano à construit en ce même lieu une église au Vème siècle. La
basilique actuelle date du XIIIème siècle. Sa façade sobre ne manque
pourtant pas de grâce et se pare d’une jolie mosaïque polychrome.
L’intérieur de la basilique, très sobre également, dévoile discrètement
sa beauté en présentant des marbres doux et multicolores enrichis par
la lumière diffuse qui inonde la nef.
Nous aurions pu rester encore plusieurs jours à Lucca. Il y a tant à voir, à sentir, à respirer. Allez, ce sera pour une autre fois, quand nous disposerons d’un peu plus de temps.
Nous rejoignons Volterra par une petite route étroite et sinueuse.
Nous
nous arrêtons en chemin dans un supermarché pour procéder au ravitaillement.
Sur les rayons, je dégotte une conserve d’ail dans l’huile de
tournesol. L’ail a d’abord mariné dans le vinaigre où il a perdu son odeur
et son piquant. Il a été ensuite conservé dans l’huile, à laquelle on a
ajouté un peu de sucre et des épices.
Nous découvrons là une saveur nouvelle. Promis, je vais tenter l’expérience
et en faire quelques bocaux.
Nous nous posons à Volterra sur le parking des autobus, au pied des remparts. Le prix pour les camping-cars est de 6€ la nuit. Personne ne viendra nous demander quoi que ce soit, et la guérite du gardien est fermée. Nous sommes probablement encore trop tôt en saison pour que la ville emploie une personne pour récupérer quelques euros par jour.
Nous commençons la visite de la ville par l’ensemble architectural de la
piazza dei Priori, érigé au XIIIème siècle, entourée de Palais à l’architecture
sévère, dont le palais des Prieurs orné de blasons en terre cuite.
Le vent est frais. Malgré la beauté du lieu, nous ne nous attardons pas
et nous engouffrons, bien à l’abri, dans le Duomo.
Une vraie richesse nous attend, une déposition en bois sculpté polychrome
du XIIIème siècle. Le vent se lève, nous retournons bien vite au
camping-car pour nous réchauffer.
Nous consacrons notre matinée à la visite du musée Etrusque de Volterra.
On nous dit que ce lieu rassemble la collection la plus complète
de Toscane.
Il y a en effet plusieurs centaines de tombes en albâtre, sortes de coffres
en pierres sculptées d’une soixantaine de centimètres de longueur
environ, surmontés d’un couvercle sur lequel est figuré le défunt, généralement
en position semi-allongée, en train de prendre son repas.
Ces tombes, ainsi que des urnes funéraires plus antiques nous ont livré
quantité de bijoux, d’ustensiles, de poteries, de vases, nous permettant
aisément de nous figurer la vie des Etrusques entre le VIème et le
IIIème siècle avant J.C.
Nous roulons en début d’après-midi au coeur de la campagne Toscane pour rejoindre San Giminiano, la ville des drapiers.
San Giminiano a
connu son essor vers le XIIème siècle, où les riches notables conservaient
soigneusement le secret de la teinture jaune au safran.
Cette ville moyenâgeuse a la particularité d’être flanquée de hautes
tours carrées d’une cinquantaine de mètres.
Nul ne peut dire encore si elles ont été érigées par besoin de protection
contre les envahisseurs du moment, ou, plus simplement, servaient à
sécher de longues files de draps à l’abri de la poussière et de la lumière.
La ville est très bien conservée, nous baignons dans le XIIème siècle.
Quel dommage que le temps ne soit pas au rendez-vous, la ville est
vraiment magnifique, mais il fait froid et il pleut quelques gouttes.
imaginons la cohue qui doit régner ici en plein été.
Nous visitons au petit matin la ville fortifiée de Monteriggioni.
Hormis ses
remparts du XIIIème siècle, elle n’a pas grand intérêt. Quelques restaurants,
des boutiques à touristes occupent l’enceinte de la petite ville.
Monteriggioni, place forte Siennoise évoque pourtant la lutte acharnée que se sont livrées Sienne et Florence pour contrôler la via Aurélia au XIIème siècle, construisant sur chaque mamelon du bord de route pour y conforter leur suprématie.
Nous filons à Sienne.
La ville est déjà inabordable en cette saison. Le
centre historique, comme toutes les villes de Toscane, est impraticable
à la circulation automobile. Les parkings, situés en périphéries, sont
nombreux, mais petits, et déjà saturés d’autobus de tourisme. Nous
nous posons sur une aire réservée aux camions et aux camping-cars, à
environ deux kilomètres du centre.
A pied, notre approche est graduelle. Une banlieue moderne traversée par une avenue toute droite nous mène face à une première porte du XVème, bientôt suivie par la porte Camollia, appartenant aux remparts de la ville. L’artère se rétrécit, les façades s’élancent et prennent de l’âge.
Nous abordons graduellement le XIIIème siècle. La via di Città, menant
au coeur de la ville, nous plonge dans l’histoire.
Soudain, un porche inattendu
sur notre gauche nous fait découvrir une merveille ensoleillée. La
Piazza del Campo nous apparaît dans toute sa splendeur. Très large,
légèrement en pente, pavée de terre cuite, elle est toute dominée par le
Palazzo Publico, élégante bâtisse du XIIIème siècle, flanqué d’une tour
de 80 m de hauteur.
Nous ne pouvons qu’admirer la splendeur des tons
ocre, la finesse de l’architecture, la justesse des proportions.
Quelques pas dans une ruelle étroite nous mènent au Duomo. Notre première vision de la cathédrale est décevante. Le fronton est en réfection. Les Italiens ont eu la bonne idée de tendre une énorme toile peinte représentant l’édifice, et masquant les travaux. Ici, on paye trois euros pour visiter. Nous entrons.
A l’intérieur, les proportions sont imposantes. Les colonnes constituées
en alternance de marbre blanc et foncé fatiguent et empêchent nos yeux
de se fixer. Nous sommes attirés par le pavement en marbre, constitué
de panneaux ciselés représentant des personnages mythiques, ou des
scènes de l’Ancien Testament.
De gauche à droite, l’intérieur du Duomo, les marbres ciselés au sol et
le plafond de la bibliothèque.
Dans le bas-côté gauche, une porte finement sculptée ouvre sur la fabuleuse
bibliothèque Piccolomini. Elle contient, alignés et bien protégés, des psaumiers enluminés et parfaitement
conservés du XVème siècle.
Mais l’oeil est attiré en premier
lieu par les fresques recouvrant totalement les murs de la salle. Elles ont
été réalisées par le peintre Pinturicchio entre 1502 et 1509 et relatent la
vie du Pape Pie II. La finesse du dessin, l’éclat des couleurs, les effets
de perspective nous retiennent, et nous restons longtemps à contempler
ce modèle d’harmonie.
Sur le chemin du retour, après avoir admiré une nouvelle fois la Piazza
del Campo, je réalise soudain qu’Evelyne n’a pas son sac à main.
Moment de violente angoisse ; ses papiers, sa carte bleue, et surtout
le double des clés du camion sont restés à l’intérieur. Situation terrible
pour un camping-cariste.
Les serrures des nouveaux engins sont inviolables ; il n’est pas possible
pour un voleur de partir avec le camion, sauf… s’il dispose des clés !
Nous pressons le pas. Après vingt minutes de marche forcée, nous retrouvons
le camion….et prenons la route pour Pienza.
Debout en fanfare à 6h30 sur le parking de Pienza. C’est jour de marché,
et nous sommes juste sur l’emplacement du plus matinal des commerçants,
qui nous réveille de deux coups de klaxons et d’un toc toc
ferme sur la porte. Nous décampons en chemise et chaussettes.
La petite ville de Pienza est très mignonne, mais, à part sa place réalisée par Pie II, elle n’offre pas d’attraits particuliers, nous reprenons la route en direction d’Orvieto.
Juste à l’entrée d’Orvieto, nous tombons sur une aire de Camping-cars.
Il est midi. Nous décidons de nous y arrêter pour manger, faire une
petite sieste et profiter de cette base pour visiter la ville. Evelyne fait
chauffer les gamelles, et je vais aux renseignements. 15€ la nuit, 5€
pour un plein d’eau, 2€ l’heure de parking, c’est bien trop élevé pour
nous, et nous repartons de suite.
Heureusement d’ailleurs, car le centre
historique et sa fameuse cathédrale se trouvent dans les hauteurs, à 4
ou 5 kilomètres. Nous trouvons un superbe parking, dans la cour d’une
caserne désaffectée, à quelques centaines de mètres du centre.
Dans l’après-midi, nous nous dirigeons vers le Duomo en empruntant au jugé de larges rues moyenâgeuses flanquées de hautes habitations à trois étages aux façades de pierre et de brique rouge.
Sur la place du Duomo, nous tombons nez à nez avec la splendeur : la façade du Duomo. Erigée au début du XIVème siècle, elle est constituée des marbres et mosaïques polychromes sur toute sa hauteur. La fraîcheur et la finesse des dorures sont impressionnantes. L’intérieur de la cathédrale, du même style que celle de Sienne, est envahie par des échafaudages et d’énormes spots.
Des techniciens s’afférent à régler les éclairages, monter des caméras. A l’évidence, un spectacle se prépare. Nous avons vu des affiches en ville annonçant un concert où l’on interprètera le Stabat Mater de Pergolèse. J’apprends à l’office du tourisme que le concert, inaugurant l’ouverture de la semaine Pascale sera donné demain. Nous décidons de revenir demain à Orvieto pour y assister.
Sur la place du Duomo, une auberge déjà fleurie, et une ruelle adjacente
baignent dans les contrastes d’ombre et de lumière.
Nous reprenons la route en direction de Todi. Nous longeons un lac et
tentons sans succès d’y trouver un emplacement pour la nuit. Tous les
villages, toutes les habitations sont situés dans les hauteurs, les accès
à la rive sont inexistants.
Il existe bien une aire de camping-cars à Todi, mais elle est occupée
par le marché le samedi matin. Echaudé par notre aventure matinale à
Pienza, je recompte les jours. Demain, nous serons samedi ; on ne se
fera pas piéger deux fois de suite, que diable !
Nous trouvons un parking calme au pied des remparts de la ville. Il est
18 heures, et nous entamons sans conviction la visite de la ville mais,
trop fatigués, renonçons rapidement.
Et allez ! Encore un réveil en fanfare ! A 6h30, nous sursautons ; un régiment de chars d’assaut passe à deux mètres du camping-car ! Non, tout compte fait, après avoir ouvert les deux paupières et un store, nous constatons qu’une balayeuse nettoie consciencieusement le parking, dans un boucan d’enfer.
Nous passons la matinée à flâner dans le camion et visitons la ville de
Todi en début d’après-midi. Se promener à pied dans cette ville perchée
sur un promontoire étroit relève de la bravoure.
On avale des volées de centaines de marches d’escalier, on monte
on descend. Tout y est en pente, en déséquilibre.
Les maisons moyenâgeuses
sont tassées les unes contre les autres et ne veulent manifestement
laisser aucune place à une importune construction nouvelle.
Seule, la Piazza del Popolo, ensemble architectural du XIIIème siècle,
ouvre un peu l’espace.
Nous retournons à Orvieto pour assister au concert Pascal.
En attente
dans le camion, nous entamons une partie de Rami acharnée qui
nous fera presque rater l’heure. Nous nous décidons à poser les cartes
au dernier moment, sans gagnant ni perdant (quoique…je pense
que j’aurai dû gagner !), avalons un minestrone à toute vitesse et nous
rendons au Duomo. Le concert sera filmé par la RAI Uno qui a inondé
la cathédrale de lumière. Les fresques de la nef en sont encore plus
majestueuses.
Le Stabat Mater est interprété par l’orchestre de la fondation Arturo Toscanini, et dirigé par Pier Giorgio Morandi. L’interprétation est excellente, les solistes vraiment bons, mais l’ensemble est décevant car l’acoustique du lieu ne s’y prête pas. Trop d’écho, beaucoup trop d’écho. Les instruments se mélangent, les violons sont inaudibles, seules, les grandes attaques du choeur sont compréhensibles.
Nous passons la nuit à Orvieto sur un parking gratuit interdit aux camping-cars, et sur lequel il y a déjà 10 camions. Une interprétation facile des panneaux nous fait comprendre que cette interdiction doit, de toute évidence, être valable pour la pleine saison (ben voyons !).
Nous prenons la route tranquillement pour Peruggia. Il n’y a que 70 km. Nous y sommes vite. Dimanche, la circulation est très faible en ville, et nous nous engouffrons en plein centre. Un peu trop même. Un piéton nous fait signe de ne pas aller plus loin ; la rue se rétrécit et nous ne pourrons pas passer. Grazzie mille signore, nous avons déjà vécu ce cas douloureux, notamment en Espagne il y a quelques années où nous avions dû faire une marche arrière mémorable de plusieurs centaines de mètres.
Nous trouvons l’aire de camping-cars des Bove. C’est un grand parking éloigné de la ville, où l’on dispose de l’eau et de la vidange. Et il fallait que ça arrive ! Je l’avais bien dit ! Nous passons trois heures à rechercher les lunettes d’Evelyne. On a tout retourné, j’ai complètement vidé deux fois de suite la soute du camping-car, on a cherché partout, mais en vain. A force de toujours les poser n’importe où !
En faisant le tour de l’aire de camping-car au petit matin, nous dénombrons une vingtaine d’engins stationnés, mais pas occupés. Les propriétaires sont sans doute des locaux qui garent leur camion ici. Nous tournons autour des camping-cars et avons l’impression de visiter un salon d’antiquités. Des cellules Totorolla de vingt cinq ans d’âge montées sur châssis VW, un intégral Hymer aussi récent, avec la lampe à gaz accrochée au plafond, des Ford rafistolés qui roulent encore ; tout y est pour bien nous faire comprendre la déjà longue expérience des Italiens en matière de balade en camping-car.
Un grand moment d’angoisse nous étreint. Nous réalisons que nous
n’aurons pas suffisamment de temps pour voir tout ce que nous voulions.
Evelyne revendique la Tour de Pise et les marbres de Carrare,
j’évoque timidement les bas-reliefs de Pistoia et nous devons – c’est
bien le point central de notre voyage – passer deux jours à Florence.
Nous décidons de faire l’impasse sur la visite de Peruggia, prévue ce
matin, et de nous rendre directement à Arezzo.
Après une heure d’autoroute facile, nous arrivons à Arezzo et trouvons
facilement l’aire de camping-cars située à quelques centaines de mètres
du centre ville.
Des escaliers mécaniques nous épargnent la rampe qui nous mène tout
droit à la cathédrale. Le Duomo, construit au XIIIème siècle, est une
galerie d’art. Je tombe en arrêt devant une vierge à l’enfant en bois
polychrome et nous restons le nez en l’air à contempler les vitraux de
Marcillat, un collègue berrichon.
A quelques rues de là, nous entrons dans San Francesco pour y retrouver
les célèbres fresques, réalisées par Piero della Franscesca vers
1460, illustrant l’histoire de la vraie Croix.
Quelques pas encore nous mènent à Santa Maria de la Pieva. L’architecture
du XIIIème y est sobre, mais pleine de finesse et d’équilibre.
La chapelle du côté gauche de la nef, ornée du mur au plafond de fresques
remarquables, est surmontée d’une demi-coupole magnifique.
Nous ne connaissons ni l’auteur, ni la date de ce chef-d’oeuvre.
Nous restons longuement assis à le contempler, et je réussis à en réaliser
une photographie.
Nous allons flâner ensuite sur la Piazza Grande, centre historique de
la ville, entourée de maisons médiévales et de palais. Nous aimerions
avoir plus de temps encore pour admirer, sentir et ressentir tout le charme
de cette vie Toscane, son passé et son présent qui s’entremêlent
et traversent l’histoire.
Nous voudrions errer sans but dans cette région Toscane, à en reconnaître
ses sens et pénétrer profondément le caractère de cette merveilleuse
région...
Le temps se couvre et il est tard. Nous reprenons le chemin du camion,
sans oublier de faire un crochet pour visiter San Domenico, où l’on peut
admirer le fameux Crucifix en bois peint par Cimabue vers 1260.
Nous garderons de notre journée l’impression d’un grand moment de
beauté.
A Arezzo, l’art et l’histoire se côtoient à chaque angle de rue,
chaque placette, chaque église, chaque palais sont ici des oeuvres d’art
en liberté.
Que dire de Florence ? La ville est d’un abord difficile en camion, et je laisse un peu de peinture bleue du camping car sur un muret de la cité.
Nous trouvons le Largo de Gaspesi, indiqué comme parking par camper
on line. A 15 mn en autobus du centre ville, c’est un bon camp de base
où nous pourrons passer la nuit.
Je ne veux pas commenter ici notre première approche de la ville, il y aurait bien trop à dire pour exprimer la splendeur qui nous entoure et la richesse dévoilée de la renaissance Italienne. Nous visitons le Duomo, et le baptistère attenant avec son imposante coupole couverte de mosaïques dorées. Nous passons beaucoup de temps dans le Palazzo Vecchio, ancien palais des Médicis, dont tous les plafonds peints et sculptés sont autant d’oeuvres d’art.
Nous passons cette journée à Florence. Le ponte Vecchio est bordé
de bijouteries, de boutiques d’articles de souvenir, de passants armés
d’appareils photo. Le point central de notre journée sera le Palazzo Pitti,
demeure des Médicis, de Napoléon, des ducs de Lorraine… transformé
en formidable musée. Nous admirons toujours les plafonds. Nous
avons mal au cou à force de pencher la tête en arrière.
Les collections
de tableaux, principalement centrés sur la Renaissance Italienne sont
innombrables. Et puis, il y a Le Titien, Michel Ange, Raphael, et d’autres
écoles, Rubens, Van Dyck… il faudrait des journées pour tout contempler.
La ville nous étouffe. Trop de bruit, trop de monde pour nous. Nous
récupérons le camion et filons,à Pistoïa, à quelques kilomètres de là.
Nous nous posons sur l’aire de camping-cars, située à côté du stade.

Tôt le matin, nous attrapons un bus qui nous mène directement en centre
ville de Pistoïa. Nous visitons le Duomo, qui n’a rien d’exceptionnel,
en rapport de toutes les splendeurs que nous avons déjà pu voir. Dans
une chapelle latérale, fermée à clé, se trouve l’autel décoré des fresques
en argent relatant la vie de Saint-Jacques.
A quelques rues de là, nous tombons sur l’ancien hôpital Saint-Jacques,
orné en bandeau des fresques polychromes en faïence, connue du
monde entier des pèlerins de Saint-Jacques. C’est un vrai livre d’histoire,
décrivant toutes les fonctionnalités de l’hôpital de l’époque.
Nous reprenons la route pour Pise. Nous sortons de l’autoroute à Pise Nord, rejoignons la ville après sept kilomètres de ville et atterrissons, 400 mètres avant la Piazza del Duomo sur un énorme parking à notre gauche qui reçoit les bus de tourisme et les camping-cars. Il nous en coûte 5 euros pour quatre heures de parking (la nuit est facturée 15€), mais l’endroit est vraiment pratique.
Nous atteignons très facilement à
pied le Duomo, entouré de la tour penchée et du baptistère. L’ensemble
architectural, achèvement de l’art Pisan, est vraiment phénoménal,
empreint d’une grande force, très équilibré.
L’intérieur du Duomo est tout aussi majestueux. Evelyne contemple une
à une les gigantesques toiles (elles mesurent bien quatre mètres sur
cinq), qui ornent les flancs de la nef. Je suis captivé par les jeux de
lumière qui se dégagent de l’ensemble. Un petit cerf avec ses yeux rigolos,
appartenant aux reliefs décorant les lourdes portes en bronze attire
l’objectif de mon appareil photo.
Nous rejoignons Carrare et grimpons dans la montagne en direction des
carrières de marbre. Les routes sont étroites, les vallées encaissées
sont bordées de grues, de machines en tout genre et d’énormes blocs
de marbre. Le paysage est insolite et valait le détour.
Evelyne ramasse
en cachettes quelques morceaux de marbre. Nous nous arrêtons dans
une boutique à souvenirs. Les objets en marbre sont de très bonne qualité,
et surtout pas chers. Un échiquier complet, par exemple, tout en,
marbre, avec pièces et plateau, coûte ici 35€.
Il se fait tard. Je décide de
rejoindre le bord de mer.
A Marina di Carrara, nous trouvons facilement
un parking en bordure de plage pour y passer la nuit.
Journée de route sans grand charme. Nous enfilons l’autoroute d’un trait... pointillé. A partir de 16 heures, 50 kilomètres avant la frontière Italienne, nous sommes pris dans les bouchons des grands départs du week-end de Pâques. Nous mettons trois heures pour faire 100 kilomètres, et arrivons à la nuit à l’aire de Gréasque. Il est maintenant trop tard pour nous offrir le restaurant que nous nous étions promis. Ce sera pour demain.
Nous sommes à 9 heures chez Car Loisirs pour faire changer le parechoc du Delfin. Comme prévu, le cabinet d’expertise n’a pas fait son travail et la prise en charge des frais par l’assurance n’est pas prise en compte. Je fais un chèque.
Nous déjeunons dans un restaurant sur le port de Fos sur Mer et rejoignons
Port Saint Louis du Rhône pour y passer une dernière nuit et
nettoyer le camion.
L’aire de Port Saint Louis est bondée. Je compte 67 engins. Nous n’en
avons jamais autant vu. Tout le monde s’est apparemment donné le
mot pour profiter du premier grand week-end printanier de l’année.
Thierry Malot.