Camping-Cars sur les Routes de la Soie et du Monde.
Dans ce bulletin : récit du Kirghizstan, les autres pays seront traités dans d’autres numéros…
Georges Barthélémy sur Rapido moteur Fiat.
Jean pierre et Nelly Malaüs sur un gros Man poids lourd.
André et Francine Helmbacher sur Laïka moteur Ivéco.
Après l’Ukraine, la Russie, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, nous sommes à la frontière qui va nous faire passer de l’Ouzbékistan au Kirghizstan. Nous sommes les seuls à passer à part quelques piétons mais là, les tracasseries commencent. Nous avons bien fait prolonger nos visas, mais nous avons oublié de faire prolonger également les documents du véhicule… Après bien des discussions et des menaces de faire intervenir le Consul de France on nous fait remplir des fiches (encore en cyrillique, svp) qu’il faudra, bien entendu recommencer parce que non-conformes, tout ceci nous fait perdre un temps précieux car la nuit tombe maintenant…très vite. Ensuite on passe à la visite des véhicules que ces mêmes militaires admirent eux aussi…
Bien que Nelly se félicite d’être passée à cette heure tardive contente
de ne pas avoir trop d’attente je ne partage pas son avis. En effet
ce passage à la va vite, nous a fait éclipser tous les villages environnants
jusqu’à la frontière et c’est très dommage.
De plus, je ne sais que trop qu’il faut toujours éviter de rechercher
un bivouac de nuit… et nous allons nous en apercevoir dès la sortie
de la douane où nous tombons dans une nuit d’un noir profond et
où nos phares ne nous seront d’aucun secours, contrairement a ce
qu’on pourrait penser.
La nuit est tombée lorsque nous nous présentons à la frontière du
Kirghizstan où les formalités sont effectuées là, heureusement très
rapidement. Aussi, c’est donc dans cette nuit très noire, qu’il nous
faut chercher un emplacement pour bivouaquer... Ce qui ne va pas
être facile car en plus la route est épouvantable.
Effectivement, il nous impossible de trouver dans ce noir profond un
emplacement en campagne. Aussi, nous arrivons dans la ville d’Och
où par chance Jean-Pierre trouve le parking gardé du bazar où le
gardien nous acceptera pour trois dollars mais à la condition que
nous libérions la place à six heures du matin. Mais nous sommes
tellement contents de pouvoir enfin nous reposer tranquillement
que nous nous y installons.
A mon avis je reste persuadé que c’est une grosse erreur d’avoir passé la frontière à la nuit. C’est donc à cinq heures du matin ce dimanche 20 juillet, que le gardien viendra taper à notre porte pour que nous déménagions... car il nous faut laisser la place aux marchands. Et c’est les yeux bouffis de sommeil, que nous allons nous mettre sur un parking à la sortie de la ville.
Vers 8 h 30, Jean-Pierre qui est parti promener son chien découvre un peu plus au loin, au bord de la rivière, un garage qui fait des lavages au Karcher, ce qui est exceptionnel. Comme nous sommes très sales, nous en profitons pour faire laver nos véhicules et pour neuf dollars j’ai maintenant un camping-car impeccable tout neuf, qui a enfin bien changé de couleur.
Nous retournons ensuite à la visite du bazar, tant vanté dans le
guide.
Jean-Pierre et Nelly, après quelques achats, incommodés par la
trop forte chaleur sont retournés se mettre au frais dans leur camping-
car.
Après un tour complet qui est sans intérêt particulier nous allons déjeuner dans un caboulot qui est situé à l’entrée. Le menu reste toujours le même : chachlik et plov et cela nourrit son homme sans plus…
Aussi, dès notre retour, nous partons en direction de la ville de Bichkek par une route superbe mais qui, hélas se termine par un parcours complètement défoncé ensuite…. Et il nous faudra rouler très longtemps avant de trouver un emplacement pour la nuit, à l’abri des curieux et surtout des gosses et nous trouverons enfin une carrière de glaise à l’extérieur d’un village éloigné. L’emplacement est exceptionnel, avec une vue dominante sur une campagne superbe où on découvre toute une vallée très verte et très fertile. A proximité de notre bivouac coule une jolie rivière.
Après une nuit bien calme et tranquille, nous reprenons la route ce
lundi 21 juillet dans un site enchanteur et en plus avec un asphalte
comme on n’en a pas vu depuis longtemps…
Les paysages sont
bien verts et les reliefs montagneux et vallonnés sont extraordinairement
beaux. C’est un plaisir des yeux qui nous enchante à chaque
virage.
Nous suivons d’abord la rivière Nourry qui serpente dans la
vallée et qui nous accompagne jusqu’à deux grands lacs aussi magnifiques
qu’immenses. Ce sont les réserves d’eau de la région et
voilà pourquoi le Ferghana ne manque pas d’eau car ces lacs sont
alimentés par les neiges en hiver et aussi par les violents orages de
l’été et toute cette eau en réserve alimente constamment les cours
d’eau du pays toute l’année.
Nous pénétrons maintenant dans une petite ville charmante qui s’appelle Toktogul. La grand-rue centrale est bordée de grands arbres mais ô surprise, à 19 heures, la Bank est encore ouverte…. ce qui nous permet de changer 150 $.
Pour le bivouac du soir nous nous dirigeons vers le lac pour
en avoir la vue mais, comme il est inaccessible, nous ne l’atteindrons
pas.
Aussi, prenant une piste sur la droite, nous nous installons pour la
nuit à la sortie de la cité sur une plate forme herbeuse devant une
grande roue de foire, toute rouillée, quasiment abandonnée mais
qui tourne tant soit peu sous le léger souffle du vent. Un peu plus
loin on peut voir, un ou deux blockhaus qui ont été dynamités certainement
au départ des soviets…
On s’installe à proximité et nous
passons une nuit très tranquille. Nous apprenons que cette roue
a été offerte en compensation entre autres, aux villageois lors du
déménagement de leur village installé dans le bas de la vallée lors
de la construction du barrage, noyant ainsi leurs habitations.
Au matin, en partant, nous avons la surprise de découvrir une conduite d’eau en bord de route et qui, ouverte laisse échapper le précieux liquide dans la nature et où les habitants viennent remplir leurs récipients. Inutile de vous dire que nous faisons aussitôt notre plein d’eau avec notre arrosoir et que Francine en profite pour rincer un peu de linge.
Un peu plus loin, en arrivant au centre, nous découvrons que c‘est aujourd’hui le jour de marché. Nous y achetons des pêches et du raisin noir qui est délicieux. Après une visite du côté des vendeurs de viande, en général du mouton, qu’on peut voir sur les étals où tous les morceaux sont présentés. Ils sont coupés assez grossièrement à la hache de bûcheron et au choix du client. Mais ce n’est pas un spectacle très ragoûtant…
Enfin, après cet intermède, nous reprenons notre route où les paysages sont toujours aussi fastueux et de toute beauté tout au long de notre parcours et bientôt apparaissent les yourts des éleveurs de chevaux, lesquels sont en grande liberté dans toute la montagne. Ils sont nombreux, beaux, fins, racés, le poil luisant, ce qui prouve leur bonne santé. Les yourtes sont innombrables tout au long de la route que nous suivons et toutes proposent à la vente soit du lait, soit du miel et aussi ce fameux lait de jument très énergétique, qu’aucun d’entre nous n’aura le courage de goûter pourtant...
Nous montons maintenant vers le col Ala-bel qui s’élève à 3184 m
d’où on aperçoit un paysage grandiose.
La montée est longue et
sinueuse et qui nous mène ensuite sur un plateau très vert entre deux montagnes.
Nous continuons à grimper vers le col Töö-Ashuu
non loin de son point culminant et on arrive maintenant à un tunnel
très étroit, noir et humide d’une longueur de 3 ou 4 km où nous ne
pouvons circuler que sur une seule voie, avec un passage intermittent
qui traverse la chaîne de l’Alatau Kirghiz pour ensuite débouler
sur une vue spectaculaire du bassin de Suusamyr.
Et toujours de merveilleux paysages.
Il nous faudra ensuite redescendre en seconde vitesse pendant
de longues minutes pour soulager les freins, tant la descente est
raide.
Arrivés dans la vallée, nous réglons la somme de 45 sums qui est le
prix du passage du tunnel.
Le bivouac pour cette nuit se fait dans la plaine dans un ancien
kolkhoze ou plutôt une ancienne base militaire abandonnée et dynamitée.
Et c’est alors que l’orage noir, qui nous poursuivait depuis
deux heures éclate et nous arrose copieusement pour laisser à
nouveau place à un soleil éblouissant !
Ce matin du 23 juillet, le ciel est d’un grand bleu, nous partons en
direction de Bichkek mais là encore la route est en très mauvais état
sur 60 km.
Nous traverserons cette ville importante en plein midi
dans un flot impressionnant de voitures et aussi dans l’impossibilité
de stationner dans le centre, aussi nous ne faisons que la traverser,
et c’est bien dommage de ne pas la visiter.
Heureusement que Francine découvre à la sortie de la ville, un joli supermarché bien achalandé où nous pouvons faire notre ravitaillement.
Maintenant, nous nous dirigeons vers le lac Isyk-köl par une route de montagne fort sinueuse, qui est très chargée en circulation et sous un ciel très orageux que nous apporte des rafales de vent très violent. Il est difficile de trouver un bivouac le long de cette route étroite, mais heureusement vers 17 heures, se présente soudainement un grand parking où officie, avec un énorme succès… une voiture de police, équipée d’un radar portable…
Bien que nous ne soyons qu’à 20 km du lac, là, je m’arrête. Jean-Pierre voudrait absolument continuer mais, moi, je refuse d’aller plus loin compte tenu de ces gros nuages noirs qui s’amoncellent et qui nous annoncent un orage violent d’ici peu. Effectivement, à peine arrêtés, l’orage se déchaîne et l’eau envahit la route, tel un torrent. Bien nous en a pris de ne pas continuer…
Nous, sommes perplexes de découvrir autant de gros 4x4 et de voitures de luxe, dans ce pays qui semble si pauvre...
La nuit fût bonne bien que nous ayons supporté une circulation intense et au matin nous nous réveillons à nouveau sous un grand ciel bleu.
Après quelques kilomètres, nous arrivons enfin à l’entrée du parc naturel, dans le village de Balykchy où nous devons acquitter la somme de 500 sums pour entrer.
Sur la route des femmes Kirghizes
proposent, des cassis et des abricots.
Nous partons faire le tour
du lac qui fait 170 km de longueur et 70 km de largeur. Il est entouré
de chaînes montagneuses dont les cîmes enneigées toute blanches
dépassent les 4000 mètres. Sa profondeur est de 695 mètres. Légèrement salé, il ne gèle jamais et en plus il est alimenté par de
nombreuses sources thermales.
Du temps où le pays faisait partie de l’URSS, cette région superbe était réservé à la nomenklatura
soviétique et aussi à quelques célébrités communistes des pays
occidentaux…
La route, qui est plus que médiocre ne permet pas de dépasser le 25 km/h.
Ce lac est magnifique et ses couleurs sont d’un bleu des mers du Sud. Nous en profitons pour déjeuner, certes sous un vent assez frais qui ne permet pas de sortir les tables de pique-nique…
Après
avoir fait presque tout le tour nous prenons maintenant la direction
de la petite ville de Karakol : si les sites sont splendides, le revêtement
de la route qui fait le tour du lac est épouvantable.
Par contre Karakol est une jolie petite ville anciennement russe,
construite du temps des tsars, dont les rues rectilignes sont bordées
de maisonnettes russes sans étage faites de gros rondins encastrés
les uns dans les autres. Et dans ces avenues, bien droites, d’énormes
et immenses peupliers blancs plus que centenaires jalonnent
les trottoirs et sont l’une des caractéristiques de la région.
Nous trouvons un lieu de stationnement dans le centre, sur le parking
de l’hôtel Amir entièrement remis à neuf, un superbe hôtel qui
dispose même d’Internet.
Aujourd’hui samedi 26 juillet, nous partons à la visite de la ville.
A commencer par la mosquée chinoise et ensuite la cathédrale orthodoxe
entièrement construite en bois sans un clou. Nous filons ensuite
au bazar, puis vers le marché aux légumes où nous achetons du
raisin, les tomates et comble du luxe, un poulet cuit en rôtissoire.
Comme il ferait bon rester ici dans cette ville si charmante mais c’est la durée du visa kazakh qui nous presse et il nous faut partir pour essayer de le faire proroger dans la capitale Astana.
Déjà Jean-Pierre, nous attend pour prendre la direction de la frontière
kazakhe.
Si la route qui y conduit est étroite, est bonne au départ, elle est
ensuite à nouveau plus qu’épouvantable et nous souffrons autant
que nos véhicules pendant ces 100 km où nous roulons à nouveau
à une vitesse de 15/20 km heure…
Nous traversons des villages très très pauvres et où/ parfois quelques
pompes qui distribuent l’eau aux habitants jalonnent le bord
de la route.
Maintenant nous sortons du parc naturel qui est fermé
par une barrière où on ne manque pas de nous réclamer notre ticket
d’entrée, pour vérifier que nous avons bien payé notre écot...
Comme le soleil se couche et qu’il est déjà tard nous décidons de
bivouaquer dans la nature à environ 25 km avant la frontière. Nous
trouvons un emplacement dans une prairie à proximité d’un village
où trois très jeunes garçons à cheval, tels des cow-boys viennent
nous rendre visite. Nous leur donnons des ballons, des stylos et
des bonbons et Jean-Pierre leur donne du Coca-Cola, boisson qu’ils
semblent découvrir... et apprécier particulièrement !
Ils nous font alors, une démonstration de leur savoir monter à cheval
par un rodéo exceptionnel… Puis partent au grand galop.
Les paysages sont toujours aussi splendides partout autour de nous.
Les jeunes reviennent un peu plus tard à la nuit et nous apportent deux gros bidons de 2 l de lait alors que nous étions déjà couchés. Un lait épais et crémeux mais ils nous demandent à nouveau du Coca-Cola que nous, nous n’avons pas, car le coca est chez Jean-Pierre.
Il est indiqué sur le guide Lonely-Planet qu’il existe un caravansérail
pas très loin aussi, au matin de ce 27 juillet nous décidons d’aller
le visiter.
Nous empruntons une petite route sablonneuse qui est
assez bonne au départ mais après quelques km devient bien vite
un cauchemar caillouteux aussi nous décidons de faire demi-tour
et de revenir sur nos pas. Et c’est alors qu’en revenant, nous nous apercevons qu’en fait, ce caravansérail est situé à une centaine de
mètres de notre bivouac et n’est représenté que par un énorme
amas de pierres !
Mais cela il fallait le savoir...
Nous nous dirigeons maintenant vers la frontière kazakhe toujours par une aussi mauvaise piste. Nous passons la frontière sans difficulté particulière sinon les formalités d’usage bien entendu comme à l’entrée, on fait une photocopie de notre passeport et on nous photographie par caméra qu’on enregistre sur un ordinateur. Nous notons même que dans cette petite frontière, peu utilisée, le bureau est équipé d’un ordinateur et d’une caméra.
Passés au Kazakhstan, nous pensions qu’en arrivant nous trouverions
une bonne route. Hélas, il nous faut déchanter car nous nous
trouvons maintenant sur une route recouverte de gros galets qui
nous secouent et qui ne nous permet pas une vitesse supérieure à
10 km heure…
Heureusement après 5/6 km de ce revêtement extrêmement désagréable,
nous trouvons enfin un bon macadam.
André Helmbacher
à suivre.