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Bulletin Mai 2009. 

Geneviève et Michel Casenave continuent l’Australie

Geneviève Casenave.Michel Casenave. Avril 2009

Bien chers lecteurs,

Une étape dans une grande ville n’est pas ce que nous préférons, mais nous en profitons toujours pour y effectuer des démarches et pour y acheter ce que l’on trouve moins facilement ailleurs. Ainsi à Perth, la plus grande ville de la côte ouest (1 380 000 ha), nous nous sommes installés dans la jolie banlieue sud de Fremantle, et avons décidé de renouveler notre visa.

Musée de Fremantle. Immeuble ancien de Fremantle. Rue de Fremantle. Maison ronde (première prison) à Fremantle 

Armés de bonnes résolutions, patience et sourires, nous étions prêts à affronter les tracasseries que les services de l’immigration ne manqueraient pas d’inventer. Effectivement, l’agent nous a imposé cette fois une visite médicale avec radio des poumons, sous prétexte que nous venions de pays à hauts risques de tuberculose, à savoir l’Argentine et le Chili. A notre arrivée à Brisbane, en novembre dernier, nous y avions échappé et pourtant la situation était la même. Bref, cela nous a pris huit jours, quatre rendez-vous différents, huit heures d’attente dans les services, sans compter les frais d’un montant de 420 euros au total (non remboursables), avec un personnel toujours très aimable, il faut le préciser, mais qui n’a jamais demandé une seule fois à voir nos carnets de vaccinations pourtant copieusement remplis !

Le médecin nous ayant dit «all is good» (à ne pas confondre avec «Iznogood»…), nous croyions nos efforts couronnés de succès. Erreur. Pour Michel, suivi pour hypertension, il prévoyait de faire passer son dossier devant une commission prévue trois semaines plus tard. Alors là, la moutarde nous est montée au nez, et nous avons décidé, tout simplement de rentrer et avons pris contact avec notre agent maritime pour réserver un passage sur un cargo pour Caraventure.
Tandis que nous faisions notre annulation de dossier à l’immigration, l’agent, compréhensif cette fois, nous a expliqué que nous pouvions obtenir notre prolongation de visa en sortant tout simplement du territoire, ce qui nous autorisait, en y revenant, à rester trois mois de plus. Bali est la destination la plus utilisée, nous explique-t-il, car c’est le pays le plus proche. La colère et le ras le bol ont vite disparu et nous nous sommes intéressés sérieusement au voyage Darwin/ Bali. Et pourquoi ne pas y retrouver nos filles ?

C’est ainsi que nos activités touristiques ont repris leur cours paisible, après ce petit passage chaotique, avec la visite du désert des Pinnacles, au nord de Perth dans le Nambung National Parc.

Les Pinnacles. Kangourou  aux Pinnacles. Les Pinnacles. 

C’est un désert de sable ocre, hérissé de pierres calcaires un peu comme le site de Carnac chez nous, mais il s’agit ici d’un phénomène naturel. L’endroit est vraiment étrange, un peu mystérieux et lunaire.
Caraventure n’a pas eu le droit d’emprunter le circuit qui le traverse sur 4 km, mais nous avons été autorisés à suivre un sentier, ce qui s’est avéré très intéressant car nous étions seuls.
L’endroit nous a tellement plu que nous y sommes revenus pour assister au coucher du soleil et également le lendemain pour son lever. Quand kangourous et cacatoès se montrent au moment où l’on ne s’y attend pas, alors le spectacle est vraiment magique.

Selon un australien, en approchant du nord, nous allons découvrir les plus beaux paysages d’Australie. Cependant le climat y est encore trop chaud et humide, alors nous avançons lentement.

Encore une dernière ville importante avant les zones désertiques : Geraldton. Avec courage, nous en profitons pour prolonger l’assurance aux tiers obligatoire pour Caraventure, que nous n’avions obtenue à notre arrivée que pour 6 mois, ce qui satisfaisait notre projet initial. Nous apprenons que le contrôle technique qu’il a passé au Queensland n’est plus valable dans l’Australie Occidentale. Nous devons donc le présenter à nouveau. Cette fois, la visite est poussée.
Il faut vraiment être australien pour oser nous demander l’attestation de l’homologation de notre véhicule en France. Nous assurons que la carte grise en découle… Mais nous faisons remarquer à notre gentil mécanicien, qui, l’épais classeur du Bureau des Transports en main, vérifiait assidûment si nous répondions aux caractéristiques requises, que
« sur les 10 pays que nous venons de traverser, vous êtes les seuls à faire tant de vérifications techniques et par deux fois en six mois. Même les Américains ne se sont pas intéressés à lui. ».
« C’est parce que nous ne voyons jamais de véhicules étrangers ».
Si c’était à refaire, nous laisserions notre véhicule dans un pays voisin pour en louer un ici. Nous avons rencontré des Suisses, autour du monde depuis 13 ans, qui avaient choisi cette option et s’en portaient très bien. Cette solution fait économiser beaucoup d’énergie, de temps et peut être d’argent. Nous avons en effet déjà versé 1500 euros à l’état australien, que ce soit pour les douanes, la quarantaine, l’assurance obligatoire, les visites techniques, les visas, les visites médicales, etc.

Mais à quelque chose malheur est bon, car notre mécanicien méticuleux a détecté une fuite des joints de la pompe à fuel. Il nous recommande même un garage sérieux. Donc, les formalités de l’assurance terminées, suite à un contrôle technique enfin positif, nous avons fait réparer la panne et en plus changer les deux derniers pneus achetés au Mexique. Caraventure est fin prêt, nous l’espérons, pour les déserts des territoires du Nord et du centre et nous comptons bien sur lui pour nous mener sans encombre jusqu’à Melbourne, en août, où un cargo le conduira jusqu’au Havre.

Caraventure chez le garagiste. 

Pendant les quelques jours passés dans la ville, nous en avons profité pour visiter un musée maritime très intéressant. Il expose en particulier l’histoire du Batavia, un bateau de la compagnie hollandaise des Indes Orientales (VOC) qui avait coulé au large des côtes de Geraldton en 1629. Le vaisseau connaît une nouvelle vie car son épave a été localisée et en partie remontée.

Un portique, partie de la cargaison du Batavia. Ce qui reste de la coque du Batavia. 

Plus récemment, celle du HMAS Sydney II a été découverte l’an dernier. Ce navire de guerre australien, fleuron de la marine nationale, avait disparu en mer un peu plus au nord au large de Carnavon, avec 645 marins à son bord pendant la 2e guerre mondiale, en novembre 1941, à la suite d’un combat avec un navire allemand. Aucun survivant, aucune trace. Les familles et le public avaient été laissés pendant plus de 60 ans dans l’ignorance des circonstances exactes du drame. La découverte de l’épave a permis de combler cette lacune et d’expliquer enfin le mystère de cette disparition qui avait marqué toute l’Australie à l’époque.

Le mémorial pour les disparus du Sydney II à Geraldton. 

Un imposant monument à la mémoire de ces marins domine la ville de Geraldton.

Nous avons repris notre route qui s’éloigne maintenant des agglomérations pour traverser des zones arides. Nous choisissons souvent nos bivouacs dans le guide des campings gratuits ou bon marché que tout australien campeur possède (le « Camps 4 »).
Nos haltes sont parfois très champêtres, à tel point qu’un soir, vers 23 h, Geneviève a senti une petite souris passer sous sa banquette… Aussitôt branle-bas de combat. Nous débarrassons le siège pour lui mettre la main dessus. C’est alors qu’elle se fait entendre dans le radiateur du chauffage. Nous nous précipitons pour le soulever, mais elle trottine déjà dans un tiroir. La lutte est trop inégale ! Il est tard, nous abandonnons le combat, espérant qu’elle retrouverait tout seule le chemin de la sortie.
Le lendemain, tout est calme. Nous respirons car nous avions peur qu’elle ne s’en prenne aux fils électriques de Caraventure.
Le surlendemain, pendant le déjeuner, nous entendons tout à coup des craquements dans un carton. Consternation, Souricette est toujours là. Effectivement, vérification faite, elle a bien grignoté un bouchon. Il faut passer maintenant au stade supérieur et nous achetons sans tarder 3 tapettes au rayon nourriture pour chat (ça ne s’invente pas) d’un supermarché. Après les avoir installées pour la nuit avec garniture de cheddar (nous sommes en Australie), nous nous endormons en compagnie de notre passager clandestin.

Installation des tapettes. 

Le lendemain, les tapettes n’ont pas bougé, mais la souris a délicatement grignoté le fromage sur chacune d’elles. Elle nous nargue ! Cette fois, il fait jour, nous pouvons donc déménager plus facilement les affaires dehors et atteignons le placard à chaussures. « Je la vois » s’écrit Michel, un bâton à la main. Loupée ! Heureusement, les portières sont ouvertes et Souricette en profite pour se sauver, concluant cette histoire par un dénouement heureux pour tout le monde.
C’était une petite souris tout ce qu’il y a de plus classique, ce qui est fort étonnant en Australie, pays des animaux bizarres. Car il existe une souris avec de très grandes oreilles qui lui donnent un look d’enfer. On la dirait coiffée d’un bonnet d’âne. Elle est signalée d’ailleurs par des panneaux en bord de route afin qu’on évite de l’écraser !

Panneau de souris aux grandes oreilles. 

Une de ses cousines, non moins mignonne, s’attaque, elle, sans complexe, aux scorpions qu’elle croque avec délice. Nous préférons de beaucoup ces histoires champêtres aux rencontres avec les serpents ou avec les crocodiles qui nous attendent dans le nord.

Un exemple de serpent australien. 

A Greenough, nous avons regardé les arbres soumis au vent constant du sud et qui poussent couchés.

Arbre couché par le vent. 

A Kalbarri, nous avons profité des belles falaises rouges ou blanches en bord de mer, des dauphins qui nagent en groupe, et des gorges non moins rouges creusées par la Murchison River.

Les falaises de Kalbarri. Dauphins. Gorges de la Murchison. Les falaises de Kalbarri. 

A Shark bay, classée au patrimoine de l’Unesco, nous avons observé des rochers plats dans la mer qui semblent sans intérêt à priori. Ce sont en fait des roches vivantes, des stromatolithes, descendant de bactéries vieilles de 1,9 milliard d’années.

Stromatolithes. Shell Beach. 

Un peu plus loin, une plage originale, d’une blancheur aveuglante, est constituée uniquement de coquillages rapportés depuis toujours par la mer et dont l’épaisseur atteint parfois 10 m.

A Denham, en plein coeur de la baie, les eaux sont bicolores, une partie vert émeraude, l’autre bleu foncé. Mais qu’attendez-vous pour nous rejoindre ?

Les eaux à Denham. Gascoyne River. 

En montant vers le Nord, nous nous rapprochons du Tropique du Capricorne et des températures chaudes avec un fort taux d’humidité.
Les journées à 40° nous ramollissent et nous passons notre temps le bras tendu vers la bouteille d’eau…

La rivière Gascoyne presque sèche est bordée de plantations de bananiers, de manguiers, on y fait pousser aussi des légumes. Les rues à Carnavon sont bordées de palmiers… C’est toujours l’Australie, mais quelle diversité !

Régime de bananes à Carnavon. 

Pour terminer ce programme alléchant, nous avons passé le weekend de Pâques à faire du « snorkelling », c’est-à-dire que nous avons pris nos masques et tubas pour observer les fonds marins de Turquoise Bay, dans le Cape Range National Park, riches en petits et gros poissons de toutes les formes et de toutes les couleurs.
Nous avons même eu l’honneur de barboter en présence d’un requin de sable, pas dangereux mais bien curieux !

Turquoise bay. Coucher de soleil à Exmouth. 

La baie, sable blanc et eaux vertes, est protégée au loin par une barre de corail et les Australiens de l’Ouest veulent en faire l’équivalent de la célèbre barrière de l’Est.

Le centre des visiteurs est toujours une mine d’informations.
Celui-ci présentait sur son comptoir des bocaux dans lesquels flottaient toutes les espèces locales dangereuses : poisson pierre, serpents marins etc. Détail charmant : la veille on avait repéré un crocodile près des côtes, phénomène tout à fait inhabituel car ils ne descendent pas si bas, mais celui-ci avait sans doute entendu parler de notre arrivée !
Des places de camping sommaires sont aménagées en bord de mer et nous en avons profité. On s’endort avec le murmure des vagues dans le lointain après avoir observé le classique coucher de soleil à l’Ouest. Un soir nous avons même assisté, dans la foulée, au lever de la pleine lune, qui montait son disque tout doucement, au dessus de l’horizon, à l’Est.

Nous espérons que les cloches vous auront apporté beaucoup de chocolat. Ici les magasins en regorgeaient depuis au moins deux mois mais nous n’avons pas été tentés car il fait trop chaud. Tant mieux pour la ligne !

Nous espérons vous retrouver, le mois prochain, toujours sur notre route vers Darwin. Nous y prendrons bien l’avion pour faire une escapade de 15 jours à Bali, et y rejoindre nos filles.

Avec notre sincère reconnaissance pour votre suivi si fidèle et toutes nos amitiés,
Michel et Geneviève CASENAVE, en route vers le Nord.

Site des Casenave en Route.


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