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Camping-Cars sur les Routes de la Soie et du Monde.

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Bulletin Avril 2009. 

Michel Bonjean et ses amis au Pérou.

Suite de l’année des 3 étés (extraits)

Préambule

Au moment où je commence la rédaction des cette partie de notre carnet de route, nous sommes au Pérou, dans une crique de la côte du Pacifique portant le nom de PUERTO INKA, (Point GPS : S 15° 50,315 W 074° 18,747) près du village de Chala.
A Arica, avant d’entrer au Pérou, Jean-Paul AUFFRAY nous a confirmé l’extrême fatigue de son épouse Jacqueline, et nous a fait part de leur décision d’écourter leur voyage et de reprendre un bateau pour la France le plus rapidement possible.
Malgré nos propositions diverses tendant au repos de Jacqueline et à attendre un mieux, leur décision de regagner rapidement l’Argentine nous a paru irrévocable. C’est avec un grand regret et inquiétude que nous les avons laissé à ARICA.
Depuis, par SMS, ils nous ont indiqué que Jacqueline, grâce au repos qu’elle prenait, allait un peu mieux et qu’ils avaient pu faire avancer leur embarquement pour Le Havre.
Gérard et Gisèle MULATON et nous continuons le voyage suivant le programme que nous avions mis au point tous ensemble.
Voilà les nouvelles « live »
Je reprends maintenant mon récit depuis LA SERENA.

Le 29 janvier :

Nous quittons le Camping MORILLOS, au sud de LA SERENA, direction le nord par la Ruta 5.
A partir de cette ville, la forme autoroutière de cette grande voie cesse. La route simple à deux voies rend la circulation plus dense en raison du nombre important de camions et d’autocars, seuls moyens terrestres de communication.
Le paysage aussi change. Il devient de plus en plus désertique. De part et d’autre de la route, les montagnes dépourvues d’arbres sont très colorées et encombrées des rejets des mines alentour. Nous pénétrons ainsi petit à petit dans le désert d’Atacama, le plus aride du monde et la température grimpe facilement au dessus des 32°.
Dans ce désert, les villes et villages sont rares. Seuls existent celles et ceux liés soit à la présence d’une mine ou d’un peu d’eau ou d’humidité comme l’étroite bande côtière.

COPIAPO - Welcome Dakar. Montagnes et Sable vers COPIAPO. Bahia Inglesa Désert d'Acatama Bahia Inglesa 

A l’entrée de COPIACO, une grande affiche rend hommage au DAKAR qui a dû passer par là en début d’année. Nichée au creux de la vallée du rio du même nom, elle a pour activité principale l’exploitation minière.
Dès la sortie de la ville en direction de la côte, les dunes de sable réapparaissent.
C’est sur la plage de BAHIA INGLESA, près de CALDERA que nous installons notre bivouac.

Le lendemain :

Nous levons le camp un peu plus tôt que d’habitude pour essayer d’atteindre le soir et à travers le désert ANTOFAGASTA, à 510 km de là.
Nous faisons un petit arrêt à CALDERA pour tenter d’acheter des coquilles St Jacques, spécialité locale, mais à 8 heures 30, tout est fermé : rythme hispano-chilien oblige !

Jusqu’à CHANARAL, la ruta 5 longe la côte du Pacifique parsemée de villages de pêcheurs aux maisons de bois, et de villages de toile en plein soleil pour les vacanciers.
Là, la Ruta 5 revient vers l’intérieur dans le désert avec de très beaux paysages sur un plateau à 1300/1500 mètres d’altitude. Il fait chaud.

Nous roulons et mangeons du kilomètre. De part et d’autre de la route partent des pistes vers des mines parfois abandonnées.
Peu avant notre étape, une main géante, oeuvre d’un sculpteur, sort de terre. Elle semble saluer les voyageurs.

Avant de regagner la côte à ANTOFAGASTA par un long vallon qui nous fait rapidement perdre de l’altitude, nous traversons une immense zone industrielle qui traite les minerais divers de la région.

Main géante du désert Antofasgasta - Place et simili Big Ben. Désert d'Acatama - Train de minerais. Mine de cuivre de Chuquitama - Usine et terrils. Désert d'Acatama - Villages abandonnés. 

A ANTOFAGASTA, le parking d’une Chapelle Militaire, en front de mer, nous tend les bras pour le bivouac. Le planton de service nous indique que le stationnement y est interdit. En gravissant les échelons, par la voie hiérarchique, nous obtiendrons l’autorisation nécessaire pour ne pas chercher ailleurs et se poser rapidement. La journée a été longue et nous sommes fatigués…

ANTOFAGASTA, coincée entre l’océan et le plateau du désert est la deuxième ville du Chili. C’est un port immense pour l’expédition des minerais et notamment celui du cuivre et constitue le débouché maritime de la Bolivie, perdante de la guerre du Pacifique au début du XXème siècle. Elle est peu fréquentée par les touristes.
On y voit de très belles maisons victoriennes et des bâtiments d’influence britannique, restes de la riche époque des nitrates. Une réplique de « Big Ben » trône sur la place centrale qui, pour une fois, ne porte pas le nom de « Plaza de Armas » aussi courante ici que « Place Général de Gaulle » chez nous…
Nous nous y promenons pendant la matinée et y faisons des courses pour notre quotidien.

Village de Chui-Chui - L'Eglise. Caspana - L'Eglise. Caspana - Musique et danses à la Maison Communale. Caspana - Fête de N.S. de la Candelaria Caspana - Fête de N.S. de la Candelaria 

Dans l’après midi, toujours dans ce même désert, nous abattons les 225 km qui nous séparent de CALAMA au pied de la cordillère. C’est la ville du cuivre : même la flèche de la cathédrale est façonnée dans ce métal. Elle jouxte la plus grande mine à ciel ouvert du monde : CHUQUICAMATA, un trou de 850 mètres de profondeur, de 4,5 km sur 3,5 km, d’où remontent en spirale sur ses flancs de monstrueux camions de 100 tonnes aux pneus de 3 mètres de haut, chargés de minerais. Au dessus de ce trou, une poussière permanente, autour des usines de traitement et des terrils plus hauts que les montagnes alentour. Tout est démesuré. Le Chili est le plus gros producteur de cuivre du monde : 630.000 tonnes entre cette mine et celle de Mina Escondida près d’ANTOFAGASTA. Le tout est actuellement exploité par une entreprise d’Etat.
Nous n’avons pas pu la visiter : les rendez-vous sont donnés à huitaine…

Caspana - Fête de N.S. de la Candelaria Caspana et ses volcans. La piste entre Caspana et Tatio. Geysers de Tatio - La piste. Geysers de Tatio. 

Près de CALAMA, se fête à CASPANA le 2 février, jour de la Chandeleur « Nuestra Senora de la Candelaria ». Chez nous, ce jour-là, on fait sauter les crêpes. Ici, la connotation religieuse originelle de la présentation de Jésus au Temple et de la purification de la Vierge Marie 40 jours après Noël a été conservée.

Le 1er février :

Nous quittons CALAMA pour CASPANA, petite oasis à 3.350 m. d’altitude, habitée par une communauté indienne.
Nous faisons un arrêt, à l’heure du repas à CHIU-CHIU pour voir sa petite église blanche à la charpente et aux portes réalisées en bois de cactus. Le goudron s’arrête là. CASPANA est à cinquantaine de kilomètres plus loin en plein désert. Et curieusement, sur cette route se trouve un lac circulaire : la laguna Inca-Coya de 80 mètres de profondeur d’après Jacques Cousteau qui y a plongé.
Vers 16 heures, nous arrivons à CASPANA et acquittons une dîme pour entrée au village.
Dans le creux de la vallée où il est niché, les chemins y sont étroits et très pentus : impossible d’y garer nos véhicules.
Revenant sur nos pas, nous nous posons sur une plate-forme (un peu ventée) à l’entrée du village. Nous partons à pied et guidés par le bruit de la musique, nous pénétrons dans la maison communale. Là, les orchestres du style « bandas » se succèdent les uns après les autres de demi-heure et demi-heure et les gens dansent.
C’est plein. Il y fait très chaud. Les boissons, un peu alcoolisées, sont offertes. La tradition veut que les premières gouttes du verre soit versées au sol pour « la terre ». Nous nous y conformons.
Ambiance folle et cela va durer, sans arrêt, jusqu’au lendemain à l’heure de la messe…
Bien entendu nous nous éclipsons et nous promenons parmi tous les stands des marchands. Nous sommes ébahis et assourdis.

Le lendemain :

Messe à 11 heures dans la cour de l’église suivie de la procession. Les « bandas» y arrivent les une après le autres avec leurs danseurs. La messe est dite avec beaucoup de ferveur. On y mélange les traditions chrétienne et indienne.
L’apothéose est la procession accompagnée par tous les orchestres. Bref, ce fut un grand moment où l’émotion y a trouvé sa place.
Seuls étrangers, nous sommes allés saluer et remercier le prêtre après l’office. Apprenant que Gérard et Gisèle habitent près de Villefranche sur Saône, il nous confie que les indiens vouent une passion à Jean-Marie Vianney, le saint curé d’ARS - nous l’avions remarqué puisque chaque église est dotée d’une statue de ce saint homme.
Il nous a fait promettre d’aller à notre retour jusqu’à Ars et lui envoyer médailles et images. Sur le coin de l’autel, il nous a donné son adresse postale, e-mail, site internet et téléphone portable…

A midi, le repas communautaire est offert à tous les habitants. L’apéritif nous est offert. Nous déjeunons plus loin de grillades dans un restaurant de plein air à une table commune.
Les fanfares reprendront de plus belles, sans arrêt jusqu’au lendemain midi… Elles nous berceront pendant la nuit.

Ces deux jours resteront gravés pour longtemps dans nos mémoires.

Geysers de Tatio - Bain. Entre les Geysers de Tatio et San Pedro d'Atacama - Thermes Puritana Entre les Geysers de Tatio et San Pedro d'Atacama - Volcan Licancabur. Toconao - L'Eglise. La Salar d'Atacama - Laguna Chaxa. 

Le 3 février :

On repart, mais un problème survient au camping-car de Gérard et Gisèle : fuite au radiateur. Le mécanicien du village, consulté, nous dit ne rien pouvoir démonter par manque d’outillage…
La tentative de rouler quand même en ajoutant de l’eau échoue : 2 litres d’eau tous les 5 kilomètres. On laisse le véhicule sur place, et avec le mien j’accompagne Gérard à CALAMA consulter la concession Mercédès…
Pas de problème, où est le véhicule ? Nous envoyons un mécano avec un radiateur neuf. La réponse nous laisse pantois, mais tant mieux : Caspana est à plus de 100 km de CASPANA, dont la moitié en piste.
Nous revenons. Le mécano est déjà sur place et a commencé le démontage. Il constate d’abord qu’il n’a pas emporté le bon modèle de radiateur et ensuite que la pompe à eau fuit également...
Il est presque midi.
Il repart pour CALAMA et trois heures plus tard, il est de retour avec un aide. A 19 heures, tout fonctionne bien…
Pour le règlement ? Passez demain à Calama à la concession…

C’est ce que nous ferons le lendemain et profiterons Gérard et moi pour faire faire l’entretien vidange et graissage de nos véhicules.
Dans l’après-midi tout était fini. Et la facture a été douce.

Nous repartons avec pour objectif d’aller passer la nuit sur le site des Geysers du Tatio que l’on atteint généralement par minibus depuis San Pedro de Atacama. Nous choisissons, pour éviter d’emprunter deux fois la même route, d’y aller par la montagne en passant par Chiu-Chiu et Caspama.
Magnifique route dans les couleurs de la fin d’après-midi. Piste correcte compte tenu de la faible vitesse due aux pentes très raides : passage de la première vitesse parfois nécessaire et passage d’un col à 5.145 m.
La nuit nous surprend et nous hésitons à plusieurs croisements de piste. Un pick-up de passage nous confirmera notre chemin : en fait, la piste venant de San Pedro de Atacama, est très « tôlée » par le passage des minibus. Ces 10 derniers kilomètres de tôle ont été faites de nuit et au pas.

A l’entrée du site (4.320 m.), grand parking.
Alicia, la gardienne du refuge nous accueille, nous installe, nous offre des feuilles de coca à prendre en infusion en raison de notre essoufflement et maux de têtes.

Nuit « moyenne ». Réveil à 5 heures pour entrer sur le site avant le lever du soleil à quelques kilomètres de là.
Il y a déjà beaucoup de touristes endormis, partis à 2/3 heures du matin de San Pedro.

Le site est un immense plateau où surgissent ça et là des fumerolles et jets d’eau bouillante et fumante. Dès que la température extérieure montera, les nuages de vapeur disparaîtront.

Nous laissons repartir les minibus et allons prendre un bain dans une piscine semi-naturelle d’eau chaude. Très agréable dans l’eau, mais à la sortie l’air est à 5/7 degrés...

Nous entamons ensuite la longue descente vers San Pedro d’Atacama par une piste large et bien tracée, mais avec une tôle épouvantable…
Nos lourds engins, sur ces pistes sinueuses, ne peuvent pas prendre de vitesse suffisante pour avaler cette tôle. On va lentement.

On en prend plein les yeux : le paysage est tellement beau au pied des volcans.

Arrêt à midi près du Rio Puta, là où les vigognes (cousines du lama) viennent se désaltérer.
Passage près des Thermes Puritana, avant d’arriver au milieu de l’après-midi à San Pedro de Atacama.
Ville très touristique et envahie en cette période estivale. Elle a pour toile de fond le Volcan LICANCABUR, cône parfait culminant à 5.920m.

Nous trouvons rapidement une « lavanderia » à qui nous confions notre linge sale. C’est une femme qui habitait la capitale et qui, héritant d’une vieille maison dans cette ville, a décidé de la transformer en maison d’hôtes.
Il y a beaucoup de travail…

Hors de la ville, près d’un camping fermé pour cause de travaux, nous trouvons un lieu de bivouac.

San Pedro d'Atacama - Vallée de la Lune. San Pedro d'Atacama - Vallée de la Lune. San Pedro d'Atacama - Vallée de la Lune et Volcan Licancabur. San Pedro d'Atacama - L'Eglise. 

Le 6 février :

Nous consacrons cette journée à la visite des sites autour de San Pedro.

D’abord vers le sud : TOCONAO, un joli petit village géré par une communauté indienne avec une petite église au clocher excentré sur la place centrale.
Au loin, le volcan LASCAR fume.

Puis nous entrons dans le Salar de Atacama : une immense étendue de sel cristallisé avec en son centre la Laguna Chaxa où y séjournent des flamants roses. Dans cette eau calme formant miroir, tout est magique.

Nous déjeunons sur place. Il fait chaud. Le soleil cogne.

Retour à San Pedro, et vers la fin de l’après-midi, vers le nord, incursion dans la Vallée de la Muerte : un long canyon entre des murs d’un rouge intense s’ouvrant sur des dunes de sable où se pratique le « sand-surfing »…

On termine cette journée par la Vallée de la Lune et y assistons au coucher du soleil. Grandiose, mais beaucoup trop de monde à notre goût.

Nous espérions pouvoir y passer la nuit, mais les gardes nous ont fait savoir que cela était devenu interdit. Le parking de la maison des visiteurs à l’entrée du site sera notre bivouac.

Ce début février a été fertile. Nous en conserverons un excellent souvenir.

Michel Bonjean, à suivre.


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