Camping-Cars sur les Routes de la Soie et du Monde.
Darjeeling - Bénarès.Siliguri est le point de départ pour Darjeeling.
Je m’en faisais un plaisir de cette visite de cette ville mythique et de son petit train de montagne : le toy-train sur voie étroite (60 cm) grimpant vers 2000 mètres d’altitude ! 7 heures de montée d’après les guides. Donc, il est difficile de faire l’aller et retour dans la journée.
Que faire du chien ? Conclusion : montons en CC et passons une nuit là-haut : il suffit de trouver un hôtel pour garer le CC.
Départ à 7 heures. La route suit la voie de chemin de fer et la coupe à multiples reprises. Route étroite, sinueuse en très mauvais état et chargée de camions et autres jeeps pressés.
Mais, le spectacle de l’Himalaya nous attend.
4 heures de montée. Nous cherchons un parking malgré un ciel très
couvert en espérant une éclaircie. Darjeeling est construite à flanc
de montagne. Il n’y a pas d’espace pour les parkings. Après un aller
et retour dans la ville et compte tenu du temps nous décidons de
redescendre, déçus.
Une nouvelle nuit à l’hôtel de Siliguri et le lendemain nous partons pour le Népal. Passage de douane sans difficulté. La route semble meilleure. Nous serons rapidement à Katmandou.
De nombreuses tentes alignées entourées de personnes vaquant à des activités diverses. Des indications : flood (inondations) refugiees.(pauvres gens). Pourvu que la route ne soit pas dans la rivière !
Quelques kilomètres plus loin, il faut se rendre à l’évidence : la route n’existe plus ! il faut faire demi tour et trouver un autre itinéraire !
Une foule de gens en haillons, dont on se demande bien ce qu’elle fait sur cette sorte de digue. Les hommes sont très passifs, rien ne semble pouvoir les faire sortir de leur hébétude.
Après quelques tentatives infructueuses, notamment auprès de policiers,
un homme nous explique :
« Une crue du Koshi a détruit de nombreuses habitations et la route. Pour aller à Katmandou, il faut faire le tour ».
Il nous dessine une carte sommaire
« Retour à Jumka, puis Chatara, demander la route de Farry Bridge,
puis Fatelhapur et vous retrouvez la route à Kanchanpur ».
« Je peux passer avec ce véhicule ? »
« No problem : tous les camions passent par là ».
15 kilomètres/heure en pointe. Personne jusqu’à Chattara, puis des files de camions jusqu’à Farry Bridge.
Nous perdons le protège carter.
Entre deux gués et sur des routes en surplomb nous atteignons une file de camions stationnée que nous doublons sur environ trois kilomètres.
Farry Bridge ! Deux barges retenues contre le courant par des câbles
passent les camions un par un et les voitures deux par deux !
Le CC est en dixième position sur la file des voitures. Il est l’heure
de déjeuner : cela fera passer un peu de temps. Rien n’a bougé
pendant le repas. Je vais aux nouvelles :
Effectivement, rien ne peut bouger : un camion est en fâcheuse posture : le train avant est sur la rive, sa caisse repose sur la barge et
ses roues arrière baignent dans l’eau du Koshi.
Après divers essais, les Népalais le sortent de là.
J’en profite pour négocier auprès d’un officier de police que nous
puissions passer devant les autres voitures. Il nous l’accorde !
Nous voilà sur la barge ! Emouvant !
Rude montée pour quitter la barge puis le thalweg. La file des camions
qui font la queue dans l’autre sens encombre la piste.
Nous en sortons espérant trouver une route correcte dans peu de
temps.
La nuit va tomber. Nous arrêtons dans un village près d’un poste de police. Pas d’électricité. Pas même de groupes électrogènes : des bougies. Lugubre.
Le lendemain, la piste est toujours difficile. Toujours des gués plus
ou moins profonds et plus ou moins larges. Le fond n’est pas visible.
Pourvu que nous puissions passer partout.
Pour passer un gué, je dois, contre leur gré, disposer de gros galets dans la tranchée que venait de creuser des paysans qui géraient leur petit problème d’irrigation.
Un gros bruit sourd bizarre. Je m’arrête et constate que le groupe
est presque entièrement sur la terre.
MO m’aide à surveiller les gens qui tournent autour du camion.
Je détache complètement et le pose dans le camion.
Enfin, environ 24 heures après notre demi-tour, après 100 kilomètres de routes non asphaltées, après 17 gués où le camion a souvent touché la terre, après le fameux bac, nous voici à nouveau sur la route.
Nous sommes à 15 kilomètres du demi-tour à vol d’oiseau mais de l’autre côté du Koschi. Nous continuons.
Les stations ne sont pas aussi bien aménagées qu’en Inde. Nous nous arrêtons près d’un arrêt de routiers. Des gosses viennent nous ennuyer qui finissent par être chassés par les camionneurs voisins.
Route vers Katmandou. Nous y arrivons vers 16 heures après une rude montée. Après quelques tentatives infructueuses pour garer le CC (refus, prix (150€), ou place insuffisante pour manoeuvrer), la nuit est tombée.
Nous allons vers le Bus Park (gare routière principale du Népal) où
toute une faune particulière rôde.
Le soir, une patrouille de police frappe. L’officier demande nos passeports
et nous donne son numéro de téléphone pour que nous les
appelions en cas de problème. « Surtout ne pas ouvrir ! ».
Un individu tape de la main sur le CC à plusieurs reprises et sur le
sol avec un bâton. Le terme « police » l’éloigne.
Le lendemain, j’ai hâte de trouver un parking sécurisé.
A un kilomètre du Bus Park, le Grand Prince Hôtel nous accueille pour 1600 NPR par nuit.
Le quartier reste difficile notamment pour les promenades du chien.
Bien que dimanche, nous nous dirigeons vers l’ambassade du Pakistan
pour la repérer.
Nous y trouvons un employé qui nous indique que pour obtenir nos
visas, il convient que nous ayons une lettre de recommandation de
notre ambassade.
Catastrophe !
Le lendemain, nous voici à l’ambassade de France. Après une heure
d’attente, nous sommes reçus par monsieur le Consul, imperturbable,
fort de son bon droit, qui nous refuse la lettre demandée.
« Nous avons cette consigne depuis un an. Le Pakistan est un pays
dangereux. Je n’ai pas de solution à vous proposer »
Nerveux, nous allons quand même tenter notre dernière cartouche
auprès de l’ambassade du Pakistan.
Après avoir rempli quelques documents, nous sommes reçus par
un homme aimable (Consul ou Ambassadeur) qui, après quelques
questions concernant nos revenus, notre activité passée, nous accorde
notre visa.
« Venez le chercher mercredi ».
Tous les demandeurs
n’obtiennent pas satisfaction.
Ouf ! Merci monsieur le Consul
Mardi, nous sommes « convoqués » par le patron de l’hôtel qui nous
propose de nous faire visiter Katmandou gratuitement et de nous
emmener déjeuner.
Il nous fait visiter le temple où ont lieu les crémations, déjeuner à l’extérieur
de la ville, parcourir le centre ville et ses nombreux temples,
Il paie le couteau que j’ai acheté et offre le repas du soir à l’hôtel.
Il viendra à Dijon en septembre.
Nous récupérons nos visas le mercredi.
Le temps incertain nous conduit à faire l’impasse sur Pokhara. Nous revoici en Inde après un passage de frontière dans la foule.
Nous y rencontrons un canadien très solide en vélo qui a, pourtant été agressé et volé.
Le samedi 8, vers dix heures, nous rejoignons le Surya Hôtel à Bénarès et nous profitons des deux excursions qu’il offre :
• l’après midi visite des lieux bouddhiques notamment le lieu du premier
prêche de Bouddha.
• le lendemain, visite des ghâts en bateau et de quelques temples.
Nous rencontrons un CC, en mauvais état, immatriculé dans le Puy de Dôme. Je souhaite que ses occupants puissent poursuivre leur voyage sans encombre et notamment obtenir leur visa de retour à Katmandou.
Bénarès nous a semblé moins sale et bondé que d’autres villes déjà parcourues !
Jean-Pierre et Marie-Odile Pillot
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