Camping-Cars sur les Routes de la Soie et du Monde.

Nous avons depuis, notre dernier message envoyé d’ESQUEL, traversé
les Andes et sommes entrés au Chili. Je prépare ce récit depuis
l’Isla de Quinchao, petite île proche de celle de CHILOE, dans
une petite ville dénommée ACHAO. (Pt GPS –S 42° 28,179 – W
073° 29,297).
Je vous ai laissés avec la vue du Fitz Roy dans mon rétroviseur en quittant El Chalten le 07 janvier.
A l’extrémité est du Lago Viedma, nous retrouvons la Ruta 40, et
prenons la direction du nord vers le lac suivant : Lago Buenos-Aires.
A TRES-LAGOS, le goudron s’achève et le « ripio » reprend ses
droits, à l’exception d’une cinquantaine de kilomètres aux alentours
de la ville de GOBERNADOR GREGORES. Fatigués, nous nous
arrêtons au milieu de la steppe et y passons une nuit très calme.
Toujours de la route-ripio sur une Ruta 40 en réfection
complète : un nouveau tracé a été dessiné au milieu de ces montagnes
désertiques de la steppe patagonne. Il fait très beau et les
paysages sont magnifiques.
Le goudron est retrouvé un peu avant PERITO MORENO – ville et
non le glacier – à l’extrémité est du Lago Buenos-Aires. Là nous
décidons de pousser jusqu’à LOS ANTIGUOS, oasis sur la rive sud
de cet immense lac, où a lieu, au cours de ce week-end, la fête de
la cerise. Il y a un monde fou : forains, marchands de « tout » ont
envahi le moindre espace libre...
Nous y visitons une « chacra », ferme productive d’arbres fruitiers
et de légumes, protégée du vent par d’immenses doubles-haies de
peupliers. Elle est alimentée, comme toutes les autres, par un réseau
de canalisations d’eau provenant de la montagne proche. Une
très belle oasis. Les cerises et les abricots font ployer les arbres.
Une partie de leur récolte est séchée. Nous connaissions les abricots
séchés, mais pas les cerises...
Tout étant complet dans cette ville, et avouons-le, un peu inquiets
de laisser nos véhicules seuls, nous revenons sur nos pas pour passer
la nuit à PERITO MORENO.
Le lendemain, toujours du ripio sur la ruta 40 qui s’incline un peu
vers le nord-est. Elle nous permet de nous gagner RIO MAYO. Sa
publicité se fait sous le nom de « Capitale Mondiale de la Tonte »
(des moutons). Un concours y est organisé chaque année.
C’est une toute petite ville, perdue au milieu du plateau de la steppe,
nichée dans le creux de la vallée du rio du même nom, à l’abri du
vent et près de l’eau. Nous y retrouvons le goudron avec un ouf de soulagement, y abandonnons la ruta 40 pour filer vers l’est à
SARMIENTO.
Près de cette ville, se trouve un immense site de « Bois Pétrifiés »
que nous parcourons au coucher du soleil.
Dans un paysage désertique de montagnes colorées on trouve, çà
et là, étendus à terre troncs d’arbres et des multitudes d’éclats de
bois, le tout pétrifiés. Ce sont de véritables pierres. En effet, la forêt
qui se trouvait là il y a quelques centaines de milliers de siècles, a
été entièrement détruite par un cataclysme et ensuite ennoyée dans
la boue. Les cellules du bois ont été, au fil des années, envahies par
des minéraux. Depuis l’érosion les découvre peu à peu. Le désert,
ces bois et les couleurs du coucher du soleil font un savant mélange
pour donner un magnifique spectacle.
A la sortie du site, nous nous soumettons à une fouille obligatoire
destinée à limiter les « emprunts » qui pourraient garnir ultérieurement
certaines étagères…
Dès la sortie du site, nous trouvons un
coin pour bivouaquer.
Après ce détour, revenant sur nos pas, nous retrouvons la Ruta 40, tantôt goudronnée, tantôt en ripio, tantôt en travaux avec de très mauvaises déviations. Nous gagnons ainsi en deux jours, toujours dans ce désert de steppes, la petite ville d’ESQUEL.
Deux incidents mineurs marqueront ces journées de « ripio » :
Pour Gérard et Gisèle MULATON, une ouverture intempestive du
coffre de leur camping-car, causée par les cahots de la route laissant
échapper leurs tables et fauteuils de camping…
Et pour Micheline
et moi, plus banalement par une crevaison, réparée au village
suivant chez le « gomista » dont la fortune, toute relative, provient
du ripio. Il en a, avec un grand sourire, convenu…
ESQUEL, toute proche de la steppe, est une ville de montagne d’été
et d’hiver. Elle est aussi le point de départ de grandes randonnées
dans le Parc National « Los Alerces ». Alerce est le nom local d’un
immense conifère parent du séquoia. Il est aussi âgé, immense en
hauteur et en circonférence que son cousin d’Amérique du Nord.
Cette ville était aussi le terminus d’un train à vapeur qui la reliait à la
côte atlantique jusque dans les années 60. Comme partout la ligne
a été fermée. Seuls les derniers kilomètres de voie étroite, deux
vieilles machines et quelques wagons de voyageurs sont restés en
service pour la joie et le bonheur des touristes et des édiles de la
commune. Ce petit train se nomme « La Trochita ».
Nous y faisons une très agréable promenade, malgré un temps un
peu gris et venteux.
Au terme du parcours, en territoire « mapuche » (nom des indiens
qui peuplaient ces régions avant l’arrivée des conquistadores) nous
visitons un très petit, joli musée sur la vie de ce peuple.
Toujours par une Ruta 40, traçant ces lignes droites dans la steppe, et entièrement goudronnée, nous traversons la région où le Groupe BENETTON y possède de très nombreux hectares, dont certains seront rendus après de longues procédures aux communautés mapuches.
Petit à petit, la steppe s’estompe, nous quittons son plateau par des vallées arides qui verdissent au fur et à mesure que l’altitude chute. Arbres, fleurs, prairies, conifères finissent par les envahir et nous voilà dans notre paysage familier des Alpes…
Par curiosité, nous faisons un « stop » à EL BOLSON, coin apprécié,
il y a quelques décennies, par les hippies. Le nombre de routards
« sacs à dos » se reposant dans les espaces verts est impressionnant…
Nous effectuons un petit tour de ville et du marché « artisanal ».
La plupart des marchands ont les cheveux longs et… blancs !
En fin d’après-midi, au bord du lac aux bras multiples « NAHUEL
HUAPI », nous arrivons à SAN CARLOS DE BARILOCHE, plus
connu sous le simple vocable de « BARILOCHE ». C’est la Suisse
en Argentine… Chalets de bois, fabriques de chocolats, forêts de
sapins, montagnes, téléphérique, un lac… tout y est. Les fondateurs
de ces lieux étaient suisses...
C’est une station estivale et hivernale très prisée des Argentins et
des Brésiliens disposant d’une certaine aisance financière. Il y a
beaucoup de monde. Si dans l’hémisphère nord froid et travail vont en
ce moment de pair, ici la saison estivale et de vacances bat son plein.
Le lendemain matin, farniente, promenade en ville suivant les choix
de chacun, l’après-midi, circuit avec nos véhicules sur la partie ouest
du lac et de ses nombreux bras. Beaucoup de très belles maisons et grands hôtels, et de très belles vues. Malheureusement, le soleil
est absent, et le bleu du lac est devenu gris…, le vent souffle fort, à
certains endroits, sa constance fait que les sapins n’ont de branches
que du côté « sous le vent »...
En fin d’après-midi, nos arrivons, sur la rive opposée à VILLA LA
ANGUSTURA, ville jumelle de BARILOCHE, mais moins importante.
Un agréable parking au bord du lac nous servira de bivouac.
Le beau temps est revenu. Notre route nous mène à
un col à l’altitude de 1.800 m qui nous permet de traverser les Andes
et d’entrer au Chili. Les formalités de police et de douane pour l’importation
de notre véhicule se font rapidement et sans encombre.
Celles relatives au contrôle sanitaire pour les produits de la terre et
la viande sont plus sévères, mais n’ayant plus aucun produit frais
à bord, la démarche est rapide : seuls un vieux citron entamé et un
ancien bouquet de fleurs séchées ne franchiront pas la frontière.
La descente de ce col, relativement bas pour les Andes, s’effectue
rapidement.
Dans la plaine d’OSORNO, le volcan du même
nom, magnifique cône au sommet enneigé, nous salue. A OSORNO
même, nous nous affairons à nous munir de monnaie chilienne (1 €
contre environ 800 pesos chiliens - $ Ch) et à remplir nos réfrigérateurs et garde-manger vides. Le plein de carburant est aussi réalisé
au prix de 475 $Ch le litre.
Nous faisons alors nos premiers tours de roue sur la Ruta 5, vers le
sud. Ils seront très nombreux dans les jours et semaines à venir.
Cette route, connue sous le nom de Panaméricaine ou plus simplement
« la Panam » est d’après les guides, la plus longue du
monde puisqu’elle relie l’Alaska au sud du Chili, avec toutefois une
interruption de quelques centaines de kilomètres dans l’Isthme de
Panama, entre ce pays et la Colombie… Au Chili, pays tout en longueur
(4.300 km pour une largeur moyenne de 150 km) cette route
est la seule grande voie de communication.
Un peu au sud d’Osorno, nous passerons la nuit à RIO NEGRO.
Jean-Paul y fera changer un des pneus de son camping-car mis
hors service par le « ripio ».
L’île de CHILOE, que nous avions prévu de parcourir du Sud au Nord, sera gagnée le lendemain, par le nord avec un temps pluvieux et frais.
Avant de prendre le bac, petit stop à PUERTO MONTT, où nous déjeunerons de produits de la mer dans le quartier très touristique
du port.
Ce jour là, les passagers de deux bateaux de croisière
« états-uniens » avaient mis pied à terre…
Il y avait beaucoup de monde ! !
La pluie s’est arrêtée.
A PARGA, plus au sud, un bac nous fera traverser en une demi-heure le détroit isolant CHILOE. Les eaux y sont d’une clarté étonnante, le courant y est fort. Phoques, marsouins et dauphins s’y nourrissent avec avidité. Les gros poissons poursuivis sautent avec frénésie…
Peu après l’arrivée, nous trouvons à ANCUD un joli bivouac sur une plage entre deux falaises nous protégeant du vent. Nous serons moins protégés du bruit de la musique émise par les baffles des voitures de jeunes venus danser… C’était vendredi le début d’un week-end d’été...
Le beau temps, rare paraît-il à CHILOE – en gros un jour sur deux – nous permet de nous rendre sur la côte est dans un paysage verdoyant, de nous promener dans des petits villages de pêcheurs aux maisons de bois colorées et de voir leurs églises très simples édifiées également en bois, certaines classées au patrimoine national et même mondial.
Nous déjeunons à QUEMCHI, prenons un petit bac (5 minutes de
traversée) à DALCAHUE pour l’Isla de QUINCHAO, faisons un arrêt
à CURACO et bivouaquons sur le bord de mer à ACHAO, après
avoir assisté à un petit concert de guitare flamenco donné dans la
très belle église de ce village.
Il précédait la rédaction de ce message.
Notre message précédent est parti de SANTIAGO. Celui-ci a été
rédigé en partie à CASPANA, (Point GPS : S 22° 20,024 W 068°
13,150) petit village des Andes à 3.200 mètres, géré par une communauté
« indigena » où se fête, aujourd’hui jour de la Chandeleur,
la « Feria de Nuestra Senora de la Candelaria ». Nous y sommes
les seuls étrangers.
Beaucoup d’émotion...
Je pense vous envoyer ces nouvelles depuis la ville d’IQUIQUE, plus au nord. Tout va bien, véhicule et personnel…
– Depuis CARPANA(Chili)
Il y a quinze jours, le 17 janvier, nous étions à ACHAO, sur l’île de Qinchao, proche de celle de Chiloé.
Mon dernier message s’arrêtait là. Le lendemain, par le même bac,
nous reprenons contact avec Chiloé, filons vers le sud vers CASTRO,
ville principale de l’île.
C’est dimanche, et vacances scolaires
de surcroît : la ville est vide. Cela favorise le stationnement en plein
centre.
Dédiée à Saint François, nous visitons la cathédrale, édifiée
en bois, plus belle à l’intérieur en beau bois blond qu’à l’extérieur
avec ses parements en tôle. La statuaire y est très importante :
outre les classiques, Ste Rita (bien connue des niçois comme la
patronne des causes perdues), le Padre Pio, Sainte Claire (en sa
qualité, ici, de patronne de la télévision !
A transmettre à Claire Chazal !)
La ville est surtout connue touristiquement pour ses « palafitos »
maisons de bois colorées construites sur pilotis au-dessus de la mer
ou de lagunes.
Dans l’une d’elles transformée en restaurant, nous déjeunerons
d’un « currento », spécialité locale : poulet, porc, coquillages, patates,
crêpes de maïs, le tout cuit ensemble.
En soirée, nous quittons Chiloé et regagnons le continent.
Sur le trajet qui nous conduira jusqu’à VILLARICCA, nous quittons la Ruta 5, pour nous arrêter à FRUTILLAR, petite ville balnéaire édifiée par une colonie allemande sur les rives du lac LLANQUIHUE face au volcan OSORNO, cône parfait enneigé en son sommet.
VILLARICCA est une cité semblable, un peu plus au nord, au bord
du lac et face au volcan éponyme. Nous passerons, sur les bords
du lac, une bonne nuit, un peu « musicale ».
Assis dans leurs voitures, portières ouvertes, des jeunes, en refaisant
le monde, écoutent un peu fort leurs autoradios…
Le très vert et humide paysage de Chiloé a laissé maintenant place à un plus habituel à nos yeux d’européens en été : céréales moissonnées, rangées de peupliers, vaches et moutons dans les prairies, rivières paisibles et ensoleillées avec des gens au bain.
De VILLARICCA, avec un beau temps chaud, nous
rejoignons la Ruta 5 que nous quittons un peu plus au nord pour
suivre vers la côte le Rio Bio-Bio, pour gagner la grande ville de
CONCEPCION, deuxième ville par son importance du Chili.
Son port, son industrie du bois, son université et son animation
culturelle en sont les atouts.
La région est couverte de bois et nous croiserons deux énormes
usines de cellulose.
Nous y avons des difficultés à trouver un stationnement pour la nuit,
la ville étant dépourvue de terrain de camping. Dans une petite ville
de la banlieue, après maints essais et interrogation des services
de la police, nous trouverons refuge sur une petite place tranquille.
Nous y ferons, d’ailleurs une rencontre très sympathique. Dans une
maison voisine, curieux de notre présence, un couple nous invitera
à partager dans leur maison une bouteille de vin chilien : lui, parlant
l’anglais, est ingénieur dans l’industrie du bois, elle, parlant français
est professeur de médecine.
D’ailleurs sur leur conseil, un peu plus au nord, le lendemain après
avoir repris la Ruta 5, colonne vertébrale de ce pays tout en longueur,
et l’avoir quitté à hauteur de CURICO, nous nous dirigeons
vers SANTA CRUZ et sa vallée du vin.
A APALTA, nous arrivons un peu trop tard pour visiter un vignoble.
Ce sera partie remise au lendemain.
Si la veille, la recherche d’un bivouac a été une difficulté, là, les gardiens d’une belle propriété familiale nous en ouvrirons le portail et nous offrirons une place de choix, sous des arbres centenaires. Les propriétaires résident à Santiago et viennent très rarement. Ont-ils été prévenus ? Nous ne le saurons pas.
Après maintes embrassades et chargés d’un cageot de fruits du verger
et de légumes du potager, le jour suivant, nous partons visiter
les caves et le vignoble MONTES. Cadre très moderne, vins classés
en fonction du cépage (et non en crus comme en France), cuves
inox, chai climatisé à température constante contrôlée électroniquement,
tonneaux en chêne (de France !) changés tous les deux
ans et revendus ensuite en Ecosse pour la préparation du Whisky,
présentation depuis la terrasse du vignoble… puis dégustation et
achat. Mon estomac supportant très mal l’alcool, je ne peux pas
vous donner d’avis sur la qualité... Mes compagnons l’ont apprécié
en trouvant cependant qu’il n’avait pas de longueur en bouche.
<
J’ai noté simplement que ce vin n’est pas vieilli, et une production annuelle
est totalement mise en vente et bue dans les deux ou trois ans.
Toujours par la Ruta 5, nous entrons en fin d’après-midi dans SANTIAGO,
la capitale. Elle est dominée par une colline le « Cerro San
Cristobal » surmontée par une immense statue de la Vierge Marie.
C’est un beau mirador pour comprendre la disposition de la ville.
A distance équidistante, vers l’est les Andes pour les passionnés de
montagne et vers l’ouest le Pacifique pour les amoureux de la mer.
Le « fog » de la pollution ne nous permettra pas de voir si loin.
Au pied de cette colline, le parking gardé de la gare de départ de
la télécabine (Pomagalski… entreprise grenobloise) la desservant,
sera notre port d’attache pendant deux jours.
Belle ville ! De nombreuses artères piétonnes très animées, un magnifique
musée d’Art Précolombien, un très beau marché central, le
Palais de la Moneda (connu par les évènements du 11 septembre
1973 et le suicide de Salvatore Allende), de beaux immeubles de
style très européens, une cathédrale de style baroque implantée sur
la grande place centrale, de larges avenues…
La fatigue se fera sentir le soir !
Une bonne nuit à la fraîcheur et lendemain, samedi, avec la foule
des vacanciers et des « week-endistes » nous prenons la direction
de VALPARAISO, à une centaine de kilomètres au bord du Pacifique.
Après quelques circonvolutions dans les rues étroites et pentues
des vieux quartiers des collines de la ville, nous poserons nos
véhicules près du bord de mer.
Là, encore, la chance nous sourit. Un couple de chiliens, habitant
dans un immeuble voisin – le plus haut de la ville – nous invite à
faire un tour d’horizon depuis sa terrasse au 27ème étage. On y
découvre la baie, le port vers l’ouest, la ville au nord et au sud, et à
l’ouest les collines recouvertes de maisons et d’immeubles.
Nous sacrifions à la traditionnelle montée en « ascensore », sorte de
vieux funiculaire brinqueballant pour voir la ville sous un autre aspect.
Dans l’après midi, remontant la côte vers le nord, nous traversons
VINAR DEL MAR, station balnéaire aux immenses résidences au
bord de mer, et les petites villes qui suivent, encombrées et embouteillées
: une sorte de « Côte d’Azur » au mois d’août. Nous réalisons
vite que trouver un camping avec des places libres sera très
difficile, d’autant plus que la notion de camping ici signifie tente et
que peu sont équipés pour recevoir matériellement nos engins...
La chance nous sourit une fois de plus avec un terrain en vente dont
le vieux propriétaire nous ouvrira les portes.
Par la route de la magnifique côte passant par Zapallar
et Papudo, nous reprenons la Ruta 5 à LA LIGUA.
Cette côte est
formée d’une succession de longues baies splendides, avec beaucoup
de résidences, de belles villas, et de lotissements en cours de
réalisation. La longue houle de l’océan vient se briser sur les roches
des caps en immenses gerbes, et forme sur les plages de sable de
longs rouleaux.
A partir de LA LIGUA, la Ruta 5, suit alors la côte. Le paysage verdoyant
cesse rapidement. Les montagnes sont dépourvues de végétation,
les cactus-cierges apparaissent.
Nous ferons étape aux « TERMAS DE SOCOS ».
Une belle piscine nous délassera et reposera.
Le beau temps chaud (4 à 16° au réveil – 30 à 32 ° dans la journée) nous suit le lendemain jusqu’à la SERENA, grande ville de style colonial, et également station balnéaire autour d’une immense baie de sable. Un peu avant cette ville, nous traversons sa voisine et parente pauvre : COQUIMBO. Surtout port, elle est surmontée par une immense croix, connue sous le nom de croix du troisième millénaire inaugurée par Jean-Paul II lors sa visite, et sur un promontoire voisin par une mosquée semblable à celles édifiées au Maroc. Renseignements pris, nous apprenons qu’elle a été édifiée avec le parrainage de Mohammed VI, roi du Maroc, pour la paix des peuples : ceci expliquant cela.
Nous profitons de cet arrêt à LA SERENA pour des courses matérielles : recharge de gaz de nos bouteilles françaises et argentines, provisions de bouche, entretien des véhicules. Nous y ferons également un excellent repas de viandes et un tour au marché central dont la plupart des stands ont disparu au profit de marchand de souvenirs… Les supermarchés de marque « LIDER » en sont sans aucun doute la cause.
En fin d’après midi, cap à l’est vers la petite ville de VICUNA.
Après
y avoir réservé des places pour une visite, nous grimpons par une
relative bonne piste jusqu’à l’observatoire de MAMALUCCA. Visite
à 23 heures : beau temps, pas de lune, un magnifique ciel étoilé.
Un jeune astronome, enthousiaste et anglophone, nous fera découvrir
le ciel de l’hémisphère sud : la Croix du Sud, le Nuage de Magellan
proche de la Voie Lactée, à l’oeil nu et à travers le télescope.
Le plus impressionnant fut, sans doute, après son lever Saturne et
son anneau… Nous finirons la nuit là-haut.
Retour à LA SERENA le lendemain que nous parcourons à pied. Puis revenant un peu vers le sud, nous nous installons, dans la baie de GUANAQUEROS dans un vaste et beau camping pendant une journée de repos pendant laquelle le camping-car des AUFFRAY subira l’opération « changement de courroie de distribution ». Très bon et vivifiant bain dans les rouleaux du Pacifique, un peu frais. Courant d’Humboldt oblige !
Plus au nord de LA SERENA, la Ruta 5 quitte sa forme autoroutière
pour celle classique d’une « nationale » et gagner des régions de
plus en plus désertiques. Nous y verrons de très belles choses.
Ce sera l’objet du prochain message.
Michel Bonjean.