Camping-Cars sur les Routes de la Soie et du Monde.
Bonjour à tous,
Après quelques péripéties, nous voilà à Bénarès (Surya Hôtel
pour ceux qui connaissent) munis de notre visa pour traverser le
Pakistan.
Amicalement.
Marie-Odile et Jean-Pierre le 08-02-09.
Nouvelle de dernière minute:
Marie-Odile et Jean-Pierre sont rentrés à Dijon.
Bonjour à tous,
Un peu plus de trois mois que nous sommes partis de France. Il est temps de faire un petit point.
Le 22 octobre, vers 17 heures le RV prévu avec Arlette et Claude
Peltier à Villers-le Sec donne le départ de notre voyage. Les routes
et autoroutes d’Europe, de Turquie, et d’Iran défilent sans difficulté
et en apportant leurs lots de pittoresques.
La traversée de Téhéran s’effectue sous la chaleur qui ne va pas nous
quitter de sitôt. Nous arrivons à Zahedan, ville frontière de l’Iran et
du Pakistan.
Catastrophe ! Arlette ne retrouve plus sa pochette contenant notamment son passeport. Le lendemain, la police nous fait comprendre sans équivoque que nos routes se séparent : Arlette et Claude doivent retourner à Téhéran et nous devons passer la frontière du Pakistan. Nous convenons que nous nous retrouverons à Amritsar dès qu’ils auront pu régulariser leur situation. Emus de cette séparation, nous poursuivons notre route.
Pas moins de sept escortes différentes pour rejoindre la frontière pakistanaise.
Changement de style : tout semble plus pauvre, plus en retard plus sale mais aussi plus chaleureux, plus accueillant.
Après les formalités douanières, nous voici sur la route de Quetta.
Le Pakistan se présente plus rude mais sympathique. La plupart
de nos bivouacs ont lieu auprès de postes de police ou carrément
dans la cour de la caserne. Pour attendre Arlette et Claude, nous
prenons la route de la montagne par Zhob. Elle est particulièrement
mauvaise mais elle offre des scènes merveilleuses par exemple de
classes en plein air.
Des gorges profondes ont permis de tracer des
routes étroites, tortueuses et trouées qu’empruntent d’énormes camions
magnifiquement peints et surchargés.
Vangagh border, la frontière pour l’Inde : nous avons l’impression de vivre une scène de l’époque victorienne. Par chance nous arrivons au moment de la fermeture de la frontière avec la cérémonie qui met en présence les troupes des deux pays. Impressionnant !
C’est la découverte de l’Inde, des Indes :
Incredible India (slogan du gouvernement Indien): Inde incroyable.
Amritsar, c’est la foule, la trépidation continuelle, les klaxons, les
cris, les moteurs, la poussière, la foule omniprésente.
L’Inde, les
Indes c’est partout cela avec des nuances importantes d’un état à
l’autre. Amritsar, c’est aussi ce magnifique bijou qu’est le temple
d’or : seul temple sikh que nous ayons eu l’occasion de visiter.
Toujours dans notre idée d’attendre nos compagnons, nous filons vers l’Himachal-Pradesh dans l’idée de découvrir Dharamsala, le lieu de résidence du Dalaï-lama, et son ambiance toute tibétaine à près de 2000 mètres d’altitude. Nous sommes heureux de découvrir cette ambiance plus calme.
Mais nous sommes déçus par les paysages : peut-être faut-il aller plus haut pour découvrir de vertes montagnes. Compte tenu de la qualité des routes, ce détour est à éviter !
Arlette et Claude nous
annoncent qu’ils renoncent à obtenir le visa pour le Pakistan.
Dépités, nous rejoignons notre itinéraire.
C’est le Rajasthan, rude, altier, avec ses sites magnifiques : La Citadelle de Jaisalmer, la forteresse de Jodhpur, le Fort d’Amber…
Il fait très chaud : jusqu’à 37°C. Le groupe électrogène flanche…
Nous descendons vers le sud pour découvrir le Mont Abu qui nous amène un peu de fraîcheur. Il est difficile de trouver des restaurants NON VEG (non végétariens), de la viande ou de la bière.
Le Gujurat, (Ahmadabad) est encore plus strict et le site de Palitana nous laisse perplexe (3500 marches).
La recherche de Mosquées nous conduit à Champaner à participer,
avec notre chien Oural à un pèlerinage hindouiste après avoir
utilisé un téléphérique !
Au Maharashtra, nous visitons les magnifiques
temples d’Ajanta et d’Ellorâ creusés dans la falaise.
L’Etat
de Gao nous offre ses vestiges portugais, mais surtout un superbe
repos au bord de la plage et l’ombre des cocotiers. Il fait toujours
chaud, mais le soir la brise marine rafraichît l’atmosphère.
Nous y retrouvons d’autres CC européens dont certains y passent
plusieurs mois de l’hiver. (Agonda Beach).
Nous y faisons la connaissance de Patricia et André Chazel sur la
fin d’un voyage de quatre ans autour du monde. Ils deviennent adhérents
: bienvenue et à bientôt.
Ils nous indiquent que nous rencontrerons peut être les Frachet qui
comme eux ont débarqué à Madras.
Après avoir visité quelques temples superbes (Badami, Pattadakal),
nous roulons vers Hampi.
Il est presque midi «Tiens un CC français. Ce sont les Frachet. » Nous passons un bon moment ensemble à
parler de nos périples respectifs et à échanger des informations.
Puis c’est la très pittoresque cité d’Hampi où les scènes des pèlerins sont encore plus attachantes que les temples et écuries pour éléphant pourtant spectaculaires !
Noël approche et nos provisions de bouche pour les fêtes sont quasi nulles : il nous faut rejoindre une ville importante pour faire le nécessaire.
Nous laissons de côté quelques temples pour rejoindre
Bangalore, une des grandes métropoles du sud.
Cinquante kilomètres avant la ville, nous sommes interpellés par
une voiture qui nous suit depuis quelque temps : « Vous êtes français
? » « Bien sûr !» « 13 ans que je suis à Bangalore et c’est le
premier véhicule immatriculé en France que j’y vois !» EM nous
invite chez lui. Nous y passerons un week-end merveilleux : que son
épouse et lui soient encore remerciés !
Il nous ouvre l’accès à Métro et nous faisons des courses et en particulier
nous achetons du foie gras (français bien sûr), de la fourme
d’Ambert (française bien sûr), du pétillant (indien : le Moët et Chandon
est trop cher).
Après Bangalore, nous grimpons vers les réserves naturelles et les
plantations de thé.
Nous aurons la chance de voir une troupe d’éléphants sauvages.
Nous fêterons Noël sur le parking de la gare d’Ooty à 2000 mètres d’altitude après avoir fait un aller et retour dans le petit train à crémaillère.
Puis, c’est Fort Kochi (Cochin) et ses filets chinois, Allepey et ses
houses boats sur les back waters.
Nous avons choisi de prendre un bateau pour nous deux et pour
trois heures : formidable !
Le Kerala est plus souriant plus riche. Il est plus facile d’y faire des
courses ou de choisir ses plats au restaurant.
Il fait toujours très chaud (32° vers 20 heures).
Nous descendons jusqu’au Cap Cormorin.
Nous remontons vers Madurai.
Rien à voir cette année : les temples sont recouverts de feuilles de
palmiers pour peinture !
« Allons voir Trichy ! » 20 km avant la ville une secousse plus importante
dans une saignée... le moteur s’arrête... impossible de le
remettre en route !
Nous diagnostiquons un problème lié au code sécurité de la clé de
contact. Un véhicule s’arrête et les passagers nous demandent quel
est le problème. (Aucun autre véhicule ne s’arrêtera).
Ils nous communiquent le numéro d’une assistance à Chennai, appellent
ce numéro.
Très rapidement j’ai une correspondante qui m’indique que quelqu’un
viendra vers 14 heures. Il est midi. Elle m’appellera très souvent
via notre portable français. J’appelle l’assistance liée à notre
contrat d’assurance français.
« OK, pas de problème nous nous en chargeons. »
Quelques minutes plus tard : «vous êtes en Indes ?»
«Oui»
«Mais, nous ne faisons pas d’assistance pour l’Inde».
«Si, mon contrat le précise».
Chef puis chef du chef. «Envoyez nous un fax de votre contrat puis
on vous répondra».
«Nous sommes un dimanche après midi, en Indes à 20 kilomètres
d’une ville».
«Prenez un taxi».
«Dans ce cas, je n’ai plus besoin de vous !»
Cela nous a déjà coûté assez cher en téléphone, nous laissons tomber
mais nous nous promettons de nous en occuper à notre retour.
Le temps passe. Vers 14 heures, un bus s’arrête à notre hauteur. En
descend, un «technicien» portant un sac plastique avec quelques
outils rudimentaires.
Il s’efforce de réparer, je lui prête des outils. Après une heure, il renonce
et après un nouveau contact avec l’assistance, nous convenons
de tracter le camion à Trichy.
Le technicien disparait en laissant ses outils ! Une demi-heure plus tard, un petit fourgon s’arrête devant nous et le technicien en descend.
«Ce fourgon va tirer le CC ?»
Il me montre une corde ! Pas de moteur pas de freins ! Je lui montre
la barre de traction que j’avais sortie.
Nous attachons les deux véhicules et nous voilà partis. Impressionnant
! Nous voici arrivés (enfin) dans un garage. Impeccablement
rangé. Règlement de l’assistance et de la traction.
Nous souhaitons dormir dans le camion dans la cour du garage. Les
gardiens nous indiquent que ce n’est pas possible.
Alors commence le tour de la ville avec un rickshaw pour trouver un
hôtel qui accepte le chien.
Le moral est bas ! Allons-nous passer la nuit dehors ? Le douzième
finit par accepter.
Cela va beaucoup mieux : nous pourrons rester jusqu’à la réparation !
Le lendemain à huit heures trente, nous sommes au garage.
On m’envoie de chef en boss, de boss en «technicien»... Finalement,
un technicien Honda» prend le problème en charge. Il s’arrache
les cheveux, essaie, teste, réfléchit, téléphone... une heure...
Puis, c’est le bonheur sur son visage ! Il monte au volant et crie
Four, three, two, one, zero et le moteur démarre.
Tous éclatent de
joie.
Nous emmenons le CC à l’hôtel et visitons Trichy en rickshaw.
Formidables enceintes concentriques successives de temples avec
des sculptures très travaillées et des peintures très vives.
Départ vers Thanvajur et son grand temple.
«Il y a un bruit bizarre, tu ne l’entend pas ?»
«Oui, cela m’inquiète, cela semble venir de la roue arrière»
«Oui,»
«Le prochain gros village est à 40 kilomètres»
Qu’ils sont longs ces
kilomètres et qu’allons nous trouver ? Un petit garage.
Le patron monte dans le camion, fait un kilomètre et confirme notre
diagnostic : «bearings!» Les roulements sont morts ! «Vous partirez
dans trois heures».
En fait, nous sommes repartis le surlendemain matin : il a fallu changer
le roulement. Mais aussi enlever les goujons sans les casser
tant ils étaient tordus, (mon dégrippant a été fort utile) Et aussi, réaléser
le moyeu et remonter le tout.
Pondichéry, nous filons à l’Alliance Française tout près de la rue Dumas. Nulle !
Nous apprécions le front de mer et sa fraîcheur (un peu) et le calme
du quartier français. (Nous y dormirons deux nuits).
Nous y rencontrons
NA qui nous conduit à Auroville le surlendemain et nous permet
de connaître PV, un français, ancien aurovillien. Nous aurons
d’enrichissantes conversations avec lui sur tout ce qui concerne cette idée et sa réalisation.
Chennaï : nous recherchons le bureau de l’assurance communiqué
par les Frachet et nous souscrivons un contrat qu’il nous faudra récupérer
le lendemain.
Nous nous garons de nuit dans la très difficile
banlieue nord de la ville. Heureusement, un parking de camion est
gardé la nuit.
Le lendemain, un rickshaw plus maladroit et pressé que les autres arrache notre rétroviseur droit. Heureusement, je peux le récupérer. Les glaces ne sont pas cassées. Je réussis à le remettre sans trop de problème après avoir vainement cherché dans la ville.
Puis, c’est
la remontée vers le nord à la recherche de la fraîcheur. Puri, Konarak,
et Bhubaneshwar retiennent nos pas.
La route de Kolkata à
Darjeeling est un enfer jusqu’à ce qu’on retrouve la NH 31. Tout est
encore plus pauvre, plus crasseux, plus craignos. Les moteurs des
rickshaws sont remplacés par des mollets.
Plus de voitures. Des files ininterrompues de camions brinquebalants
et souvent en panne, une roue en moins, au milieu de la route.
Des trous, des trous, encore d’énormes trous et toujours ces klaxons
stridents et ces doublements incessants et kamikazes.
Toujours cette indiscipline folle lors de passage à niveau ou de circulation
alternée : un trou ne peut rester vide ! Les bus sont encore
plus fous et hurlants.
La nuit, à Barackpur (Banlieue Nord de Kolkata) n’est pas à revivre.
Puis, tout à coup, l’autoroute, nous passons la cinquième ! Pas longtemps, n’exagérons pas.
Shiliguri, les prix ont baissés, mais il est difficile de trouver des
légumes et des pâtes.
Les cybers café fonctionnent mal.
Sommes à Kathmandou, à côté de l’ambassade de
France qui ouvre dans 10 minutes pour tenter d obtenir une lettre
d’accréditation pour notre de demande de visa pour le Pakistan.
Croisons les doigts !
Marie-Odile et Jean-Pierre.