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Février 2009. 

Elisabeth et Claude D’Amato en Afrique.

Elisabeth D'Amato.Claude D'Amato. Je vais profiter du calme de ce début d’après-midi pour vous narrer quelques-unes de nos péripéties.

En Guinée : « On ne peut pas avoir une voiture sophistiquée et une petite tête » me disait Elisa pour me consoler alors que pour la Xème fois je me traite de tous les noms d’oiseaux…
Bon ! Je vais vous raconter ce qui me vaut un tel traitement de faveur, mais soyez assez charitable pour ne pas trop vous moquer de moi.

Sur notre Patrol (voiture considérée de luxe) en cas d’accident important, il y a un système qui coupe l’alimentation en carburant pour éviter l’incendie, un ami a également cela sur sa Jaguar…

Mercredi 26/11 fin de matinée, on roule à une allure soutenue, environ 70 Km/h, en raison de la tôle ondulée qui recouvre la piste qui conduit aux mines d’or de la SAG à 35 Km de Siguiri. (80 Km de la frontière malienne). Nous sommes en compagnie d’Abraham (le jeune : celui qui a 28 ans) mineur (un vrai : celui qui manie les explosifs), et d’une lettre d’autorisation rédigée par le préfet de Siguiri, tous deux devenus « nos amis ».
Tout à coup un « gendarme couché », tapi à l’ombre de grands arbres.
C’est le choc inévitable ! Rien de cassé apparemment, mais presque instantanément mon moteur s’arrête, juste à l’entrée d’un petit village de brousse.

Que se passe-t-il ? Ouverture du capot (on n’y comprend rien, mais ça donne une contenance !) et attroupement des enfants immédiat. La joie ! Et ce P… de moteur bourré d’électronique qui ne veut pas redémarrer… Je subodore, qu’il y a une panne d’alimentation liée à un composant électronique qui aura sauté dans la violente secousse.
Aventure en Guinée. Abraham téléphone à deux amis, un mécano et un électricien auto qui arrivent une heure après, sur leur fringante moto, avec comme boite à outils un tournevis ébréché et une pince coupante de la dernière guerre.
Au regard perplexe du mécano, je comprends vite que sa science ne sera pas meilleure que la mienne, quant à son ami électricien il pourrait sûrement me changer l’ampoule du feu arrière, mais certainement pas « bidouiller » un moteur HDJ.

Le temps passe, l’après midi s’avance, je ne veux pas passer la nuit là, les enfants qui déboulent par vagues successives sont vraiment trop collants. De plus, de nous voir malheureux les inquiète vraiment, et c’est une explosion de joie si on leur fait un sourire, ce qui, il faut bien l’avouer, dans les circonstances actuelles n’est pas fréquent…

Abraham part avec la moto du mécano à Siguiri, chercher une voiture et une barre de remorquage.
Il revient vers 16h avec un vieux Toyota qui nous tracte vaillamment sur les 15 Km qui nous sépare de Siguiri, et nous décroche dans l’espace qui sépare la préfecture de la caserne avec la permission du capitaine.
On y est à l’ombre, et en sécurité, aussi longtemps qu’il n’y aura pas de manifestation… (ce qui bien entendu est arrivé le jeudi matin… heureusement bon enfant !)

Décision : on ne va pas s’éterniser et on va rechercher activement de quoi se faire remorquer jusqu’à Bamako, qui n’est qu’à un passage de frontière, et 200 Km de très bon « goudron » (d’ailleurs il y a un péage).

Dés jeudi matin le capitaine lance ses troupes dans la ville pour rechercher le véhicule ad hoc. Le préfet « convoque » le président des transporteurs pour la même mission.
A 10h une première proposition à 3 millions de FG, (environ 500 €), ça ne va pas la tête !
(Je pense que 1 à 1,5 M de FG serait convenable.)

A 11h30 on conclue, dans le bureau du préfet, en présence du président des transporteurs et du capitaine à 1,5 M avec départ à 5h le vendredi 28.

Evidemment tourne vire (l’axe pour accrocher la barre de remorquage est trop gros…) on démarre à 7h30.

Nous pensons nous faire déposer chez Alain Dupé, un grand ami de nos amis de l’époque où je travaillais au Mali (De 1963 à1970), africain de toujours, (il avait une armurerie à Bko dans les années 60 et maintenant une grosse « affaire » d’un peu tout). Nous l’avons rencontré deux fois, une fois dans nos années Mali et une autre fois à Marrakech chez des amis communs.On lui passe un coup de tel et spontanément : « Venez ! Pas de problème ! On va chercher une solution, l’important c’est que vous arriviez chez moi. » (c’est l’Afrique …)

Arrivés à 16H : accueil chaleureux, bières fraîches, eau et électricité pour notre CC, douche de 10 m² pour nous (comparé à notre ½ m² de notre CC c’est Byzance), gardiennage de la concession.
A 16h 15 un super mécano qui connaît les moteurs HDJ est là, à 16h30 un collègue à lui arrive avec la valise électronique, à 16h 45 le diagnostic est fait : c’est bien une coupure d’alimentation, origine « bloc de sécurité », à 17h30 on trouve le bouton de sécurité caché vers la batterie … on réenclenche… et le moteur redémarre tout ce qu’il y a de plus normalement !

Je continue à me traiter de « C… comme la lune », et avec moi, pas de problème, il n’y a jamais d’éclipse… (Le premier qui le répète sera pendu…)

Rencontre au Niger. C’est vraiment toute une équipe d’africains de très hauts niveaux qui a débarqué, compétents et vraiment sympathiques, qui sont venus pour faire plaisir à « Alain » et à ses « amis ».

Autre détail Guinéen :

(Mais les parents soucieux de la bonne éducation de leurs enfants devront éviter de leur faire lire le chapitre ci-dessous, ceux-ci pourraient se faire une fausse idée du « libéralisme »)
Le franc guinéen n’a cours qu’à l’intérieur du pays. Discours du président : « L’argent représente la richesse du pays, et je ne veux pas que les spéculateurs exportent nos richesses, celles-ci doivent rester au peuple… (sic) »
Soucieux du respect des lois du pays qui nous accueille, je me refuse à faire le change de nos poches bourrées de CFA et d’€ à la frontière, auprès de la horde de changeurs au « noir ». Nous n’avons pas besoin de F.G. avant Labé (première ville après la frontière du Sénégal) j’irai donc porter les richesses de l’Europe à la banque…

Arrivé à Labé, je me présente à la « Banque Centrale de Guinée » :
- Bonjour monsieur le banquier, pouvez vous me changer 200 € ?
- Ah, non ! Nous ne faisons pas le change !
- ??? Pouvez-vous m’indiquer une banque ou un bureau de change qui pourra me faire ça ?
- Ah, non ! Il n’y en a pas !
- ??? Et comment je fais ?
- Il faut changer au noir !!!

- ??? Plus sceptique que moi à cet instant, ce n’est pas possible ! Mais je ne connais pas le change et je risque de me faire rouler !
- Pas de problème je vais demander à mon employé de vous accompagner sur le marché auprès de quelqu’un qui est sérieux…

Ainsi fut fait : change au noir, accompagné de l’autorité bancaire…
Et qui pourra prétendre que l’économie de la Guinée n’est pas libérée ?
Il faut dire que les dirigeants du pays n’ont pas besoin de ça pour s’enrichir, avec l’ensemble des ressources minières ça suffit amplement ! (Or, bauxite, fer, etc.) Surtout quand on sait qu’il n’y a aucun réseau entretenu : ni route, ni eau, ni électricité, ni téléphone.
Que chacun se débrouille !

Cliquez pour voir. Au départ de Bamako :

Lundi 31/11 avant de partir, (de chez Alain Dupé) on s’est aperçu que notre frigo ne marchait plus en 12v. Alain a fait venir en urgence un électricien auto, mais il n’a pu faire que les mêmes investigations que moi et donc il n’a pas trouvé la panne.
On part donc avec le frigo qui fonctionne au gaz.
On a déjà une bouteille vide depuis un mois, (on en a deux) à Bko c’est la grève à la station de remplissage, et on n’en trouve pas…

Bonne nuit à Ségou, (d’autant que c’est celle qui porte conseil) et je me suis souvenu que dans la panne précédente j’avais repéré trois fusibles derrière ma batterie moteur qui n’étaient pas répertoriés, ni chez Fiat, ni chez Hymer. Au petit matin j’extrais le premier il est bon.
J’extrais le second… Il m’échappe… et tombe dans ma jungle de moteur… impossible de le trouver.
Je démonte la plaque de protection sous le moteur, il n’y est pas arrivé…
Je démonte la batterie, je ne le vois pas…
Je suis désespéré… (il a même appelé sa femme au secours !) car je ne connais pas son ampérage, et je ne sais pas ce qu’il protège ?
Je n’ose même plus faire démarrer le moteur.
Enfin en me contorsionnant la tête, (il est bon pour rentrer au cirque Pinder) je finis par l’apercevoir, le récupère. Il est grillé.
Je le change et tout rentre dans l’ordre.
Ouf !

Bon ! Ce sont trois petits avatars qui pimentent le voyage, mais à côté de cela, nous avons aussi de grands moments de rencontre avec les populations locales :
- Repas chez des soeurs Blanches (toutes noires).
- A San ordination d’un prêtre africain avec une foule en liesse.
- Visite de notre C.C. par les enfants d’un village qui, bien entendu, n’avaient jamais vu de « spoutnik » de cette sorte (une « case » à roulette : c’est trop fort !)
- Un vieux monsieur, qui nous voit manger tout seul en brousse, revient un quart d’heure après, nous offre quelques citrons, et repart sans même nous laisser le temps de le remercier…

Visite au Mali. Pour les bivouacs, nous avons beaucoup utilisé les missions catholiques où on a reçu partout un accueil chaleureux.
On a bien utilisé aussi les jardins des grands hôtels toujours gratuits, mais bien entendu, on se sent moralement tenu de prendre au moins un repas au restaurant, et je trouve qu’Elisa prend facilement goût à ces bivouacs, surtout que les piscines sont impeccables et toujours les bienvenues, car on tourne en journée autour de 38° à l’ombre mais descend autour de 23° au petit matin.
Bon on rentre maintenant dans une période plus fraîche.

Bien entendu tout ceci n’était qu’une balade destinée à nous permettre de passer les fêtes de fin d’année avec nos enfants.
Nous en sommes donc à préparer activement Noël.

Elisabeth et Claude Damato


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