Camping-Cars sur les Routes de la Soie et du Monde.

Notre voyage se continue, voici quelques commentaires et photos qui ne reflètent qu’une minuscule partie de tout ce que nous avons vu et apprécié à différents degrés du 21 décembre au 14 janvier 2009.
Le camping le week-end, c’est assez bruyant, à l’avenir nous éviterons. Ce qui est surprenant, les gens font la « queue » pour pouvoir entrer ; ils attendent que certains venus uniquement pour l’asado « barbecue » s’en aillent, environ 10.000 personnes. Le lundi plus personne, mais malgré ça le camping reste propre. Les cardones « cactus » poussent de 1 cm par an. Vu la hauteur, ils sont plusieurs fois centenaires, ils ne sont pas coupés, mais lorsqu’ils meurent ils sont laissés sur place jusqu’à ce que l’enveloppe épineuse pourrisse, ensuite le bois est récupéré et travaillé. Avec on fabrique de petits objets, mais aussi des plafonds d’église, porte, tables etc. Ce bois n’est pas lisse.
A Cachi haut lieu dans les vallées des indiens Calchaqui : église simple avec ses trois cloches et son plafond fait en bois de cardons.
La route 40 part du Nord de l’Argentine jusqu’au Sud sur presque 5000 km pas toujours bonne et souvent de la piste, mais traverse toujours de fabuleux paysages :
Passage à la ville sacrée : Quilmes où des Indiens ont tenu tête aux Espagnols pendant plus de 150 ans avant d’être déportés sur Buenos-Aires, et disparaître. Musée dans la villa de son créateur Hector Cruz, art indigène dédié à la Pachamama, (mère terre) mais aussi magnifiques tapis et sculptures, son atelier se trouve dans l’immense propriété.
Rien à voir à droite ni à gauche, route ou piste c’est identique, c’est le néant à l’infini, sur des centaines de kilomètres hormis la faune omniprésente (lièvre, guanaco, nandou, etc.) Gaiman : ville « Galloise » où le Gallois se parle encore, nombreuses maisons de thé et quartier des immigrants arabes, ça étonne ! Passage sur le superbe site protégé de Bosque Pétrificado où la promenade durera 2 heures, le bois ici n’est pas d’origine. Il a été charrié par les glaciers et enfermé sous une gangue de sable, avec l’érosion le sable se désagrège et libère petit à petit les troncs d’araucaria (ancêtres des nôtres).
Nous voyons des renards gris : ils ne sont pas apprivoisés, ne se sauvent pas, mais ne se laissent pas approcher. Ils sont plus petits que les renards européens.
Le parc est différent car la forêt est d’origine, mais à la suite d’une éruption volcanique du volcan derrière, la forêt a été ensevelie par les cendres et avec l’infiltration d’eau siliceuse, elle a été pétrifiée, les arbres datent de 150 millions d’années, magnifiques spécimens pour la plupart des araucarias, certains troncs dépassent largement les 2 mètres de diamètre et 30 m. de longueur. Après tous ces paysages arides, quelques 100 km avant l’arrivée de Ushuaia la végétation alpestre apparaît. On trouve des forêts de Lenga et de Nirre, arbres pouvant mesurer 10 ou 12 mètres avec de toutes petites feuilles.
La descente sur Ushuaia est magnifique et grandiose. Les montagnes au-dessus ne dépassent pas 1500 mètres, déchiquetées et enneigées. Nous sommes en bordure de mer sur le canal de Beagle, nous sommes au bout du monde, d’après les Argentins !
José Gasull