Camping-Cars sur les Routes de la Soie et du Monde.

Octobre 2008 :La température commence à fraîchir, il est temps d’entamer notre migration et de changer d’hémisphère !
Cette fois nous repartons en cargo (c’est notre 4ème traversée) pour
convoyer le camping-car d’amis qui ont fait le voyage en avion.
Conduire, accompagner, dédouaner et décharger un véhicule qui
ne nous appartient pas nécessite un acte notarié afin que tout soit
clairement défini.
J’ai chargé moi-même le camping-car au Havre, j’en conserve les
clés durant la traversée.
A l’arrivée à Buenos Aires les formalités de douane se feront à bord du navire rapidement et sans frais.
La traversée prend 22 à 35 jours, y compris 8 à 12 escales.
A Buenos Aires nous prendrons un bus de nuit pour retrouver notre Berli-Land qui nous attend depuis avril en sécurité dans un camping gardé, près de Cordoba, parmi une douzaine d’autres véhicules, la plupart européens et tous beaucoup plus gros et chers que le nôtre !
Nous retournerons en Patagonie pour la 3e fois, espérant voir des
baleines à la péninsule Valdés, puis nous redescendrons à Ushuaia
en fin d’année en prenant les pistes que nous ne connaissons pas
encore. Nous rencontrerons les populations mapuches, franchirons
les cols où les paysages sont sauvages et superbes, chevauchant
les Andes et passant du Chili en Argentine et vice-versa.
Passer les frontières est très facile (sans visa, sans corruption, sans
carnet de passage en douane et gratuitement).
En avril retour en France avec le printemps.
Des soucis de santé maintenant résolus nous obligent tous deux à
envisager l’Altiplano avec précaution.
Nous essaierons de tenir notre site à jour avec la complicité de notre
fils Laurent.
Vous verrez que voyager est facile ! Alors ne laissez jamais passer
l’occasion si elle se présente !
Pendant notre absence nos enfants poursuivront la vente de notre livre. Bons préparatifs à ceux qui partent bientôt, on en connaît plusieurs, et que ceux qui sont déjà là-bas n’hésitent pas à nous contacter, nous serons heureux de les rencontrer.
A l’aire de service de camping-cars, près de la capitainerie du port
du Havre, nous rencontrons pour la première fois Gérard et Marie-
Françoise, futurs passagers avec lesquels nous avions eu de
fréquents échanges téléphoniques ou par Internet. Ensemble, nous
voyons notre navire, le Grande Buenos Aires entrer au port à la nuit
tombante.
Nous stationnons en vue de notre bateau, quai de Bougainville.
Dans la nuit, passage de gyrophares. Nous apprendrons qu’un ouvrier du port est mort d’une crise cardiaque, il avait 48 ans.
Nous montons à bord en fin de matinée. Avec précaution, je conduis
le beau camping-car qui nous a été confié jusqu’au pont 6 où il est
solidement sanglé. Nous connaissons bien le Grande Buenos Aires,
il nous a fait traverser l’Atlantique voici 11 mois (en 32 jours et 11
escales). Mais la quasi totalité de l’équipage a changé.
Les deux stewards viennent nous aider à porter nos bagages à l’ascenseur
puis à notre cabine au 12e étage, la même que l’an dernier,
la 1215. Nous reprenons sans peine nos habitudes.
A midi, nous rejoignons la salle à manger des officiers.
A la table
voisine, les cinq autres passagers, des Allemands, nous accueillent
et se présentent. Voilà qui s’annonce bien.
Klaus et Anne-Laure, retraités, occupent la cabine armateur, véritable
appartement avec chambre séparée et salon privé. Ils voyagent
beaucoup et font leur 5e traversée avec la Cie Grimaldi, accompagnés
de leur précieux coupé/cabriolet Mercedes 500. Très agréables,
ils maîtrisent bien le français.
Nos voisins de cabine, retraités allemands mais sans véhicule, descendront
à Rio de Janeiro et visiteront le Brésil avec les transports
locaux. Sympathiques aussi, lui parle bien français.
Un Allemand part seul, accompagné de sa moto.
A notre table, nous sommes six Français. De suite nous sympathisons
et le tutoiement s’impose.
Gérard et Marie-Françoise ont un Land Rover équipé d’une confortable
cellule Loge Mobile.
Bernard et Bernadette voyagent en Toyota équipé d’une tente de
toit. Ils nous avaient rencontrés au salon du 4x4 de Val d’Isère en
août 2007 où nous exposions notre BerliLand et vendions notre livre.
Ce sont des habitués de l’Afrique.
Nos compagnons de voyage ont bien sûr déjà lu et « épluché »
notre livre.
L’équipage compte 31 hommes, dont environ un tiers d’Italiens,
un tiers de Roumains et un tiers d’Indiens et Pakistanais. Le capitaine,
italien, est d’un abord agréable.
Les stewards, italien et indien, sont aux petits soins pour les passagers,
font notre cabine, nous servent à table.
La cuisine est excellente, copieuse et variée. Chaque repas commence
par un plat de pâtes, toujours différentes, suivi en général de
poisson ou de produits de la mer, puis d’une viande accompagnée
de crudités ou de légumes cuits. Presque tout est cuisiné à base
de produits frais. Nous n’attraperons pas le scorbut ! Souvent du
fromage, presque toujours un fruit !
Au Havre nous avons encore pris du retard en raison du décès dont nous parlons plus haut et nous quittons le port dans la matinée du dimanche 19 octobre. Beau temps, mer calme.
Toujours un peu émus et excités en quittant la France, nous devrions revenir dans 6 mois. Il peut se passer tellement de choses d’ici là.
Ce soir, au large de la Bretagne, la mer nous berce un peu, mais dans le golfe de Gascogne, c’est plus calme, beau soleil.
Lundi 20 octobre :Arrivée le soir à Bilbao. Pour des raisons de sécurité, nous ne sommes pas autorisés à nous promener sur le pont 13, rempli de vieilles voitures dont 3 Trabant, petites autos de l’ex-Allemagne de l’Est, probablement pour un collectionneur. Elles seront toutes débarquées à Dakar.
Le départ n’étant prévu que demain, le capitaine
nous autorise à descendre à terre toute la journée.
Le port
est loin de la ville, 25 kilomètres. Avec Bernard et Bernadette nous
prenons un taxi jusqu’au musée Guggenheim. Son architecture est
très moderne, tout en courbes, le revêtement extérieur est fait de
dalles de pierre mais surtout de fines feuilles de titane d’un demimillimètre
d’épaisseur, gris mat. Elles sont garanties 100 ans !
Les
musées Guggenheim sont au nombre de quatre ici, à New York, à
Venise et à Berlin. Peggy Guggenheim, célèbre amateur d’art et
collectionneuse américaine, fut l’épouse de Max Ernst, peintre allemand
vivant en France, chez qui la mère de Jacques a travaillé.
Malheureusement un tiers du musée est fermé au public. Dans de
vastes salles nous admirons des peintures, la plupart du XVe au
XVIIe siècles, et des sculptures, dont plusieurs venant d’Egypte ont
4 500 ans. Mais déception, pas d’oeuvres modernes.
Nous déjeunons dans un bar à tapas, dégustons ces petits en-cas froids appétissants et délicieux.
Partis pour visiter la vieille ville, c’est la pluie qui nous accompagne.
Mouillés, nous nous réfugions dans un cybercafé qui n’a pas fermé
pendant la sieste. C’est en train puis en taxi que nous regagnons le
port de Bilbao.
Journée décevante à cause du mauvais temps.
A 21 heures, on nous demande de sortir nos véhicules sur le quai.
Je n’aime pas ça du tout.
Temps gris.
On nous appelle cette fois pour
rapprocher nos véhicules du bateau, puis une autre fois pour les
remonter à bord. Je n’apprécie pas, craignant un pépin avec ce véhicule
qui ne m’appartient pas mais tout se passe bien.
Le départ prévu n’a finalement pas lieu.
J’en profite pour entreprendre
de classer chronologiquement quelques milliers de photos numériques
de l’an dernier et pour les renuméroter à la mode anglaise :
080311021 signifie photo prise en 2008, en mars, le 11, et c’est la
21e photo de la journée. On peut en répertorier jusqu’à 999 chaque
jour ! Merci Gaby pour tes conseils. Ainsi nous pourrons les archiver
plus facilement.
Beaucoup de matériel et des voitures neuves SEAT ont été chargés, mais le chariot élévateur géant, qui soulève et place les containers à l’intérieur du navire est en panne. Il ne sera dépanné qu’à midi et notre départ repoussé à 21 heures.
Cette fois c’est l’Europe que nous quittons jusqu’en avril.
Nous retardons pour la première fois nos montres d’une heure.
En longeant la côte nord de l’Espagne, ça
bouge un peu, mais personne n’est malade. Parfois des dauphins
nous accompagnent.
Exercice d’évacuation du navire. Nous endossons tous, passagers et
équipage, nos ceintures de sauvetage et coiffés d’un casque, embarquons dans celui des deux canots qui nous a été désigné. L’espace
est compté, nous sommes une vingtaine de personnes dans chaque
canot de moins de 7,50 m. Une fois ceinturés, explications sur les
rations alimentaires, les réserves d’eau déshydratée et le matériel
pour pêcher, puis mise en route du moteur diesel. Chacun est attentif
et personne ne plaisante. Ces exercices n’avaient pas lieu dans le
passé, pour nous ça a vraiment commencé l’an dernier.
Ce soir, après le dîner, les six Français passent au salon pour visionner
sur la télé le DVD de Jacques-Victor Mornay et Catherine :
Fous de pistes africaines.
Une belle aventure récente vécue dans
leur Citroën Ami8 de 1970 et de magnifiques images d’animaux
prises en Afrique de l’Est, dans des conditions de sécurité parfois
limites. Ils ont probablement récupéré ces jours-ci leur antique véhicule
dans un container à Buenos Aires pour se lancer cette fois à la
découverte de l’Amérique du Sud.
Mer calme, nous avons bien dormi, on file à
19 noeuds, environ 35 km/h.
A midi nous passons à la hauteur de
Gibraltar.
Journée au soleil pour tous les passagers.
Ce soir nous
devons retarder nos montres d’une heure encore, en raison du retour
à l’heure d’hiver en Europe.
Et dire que prochainement nous repasserons à l’heure d’été en
Amérique du Sud !
Aperçu des cargos et un petit voilier.
PS. Si vous nous avez lus avec attention, vous avez probablement trouvé une erreur volontaire monumentale. N’hésitez pas à nous la signaler, c’est juste pour savoir qui nous lit avec attention…
Les passagers, et l’équipage qui n’est pas de garde sont invités à visionner des DVD sur la sécurité à bord des navires.
L’après-midi nous passons aux Canaries, entre la Grande Canarie
et l’île de Tenerife dont le sommet haut de 3 700 m est impressionnant.
Ici c’est aussi l’Espagne et ceux qui possèdent un téléphone portable
en profitent pour appeler leurs proches.
Une pensée pour notre fille et son mari qui sont venus récemment
ici passer quelques jours de vacances.
Beau temps, pas de vent, mer calme. On se dore au soleil et lecture
sur le pont.
Lundi 27 octobre : A midi, en parlant avec nos voisins allemands
Klaus et Anne-Laure, nous réalisons que nous nous étions déjà rencontrés
le 11 mars 2004, à Bajo Caracoles, un hameau de 50 habitants,
le « patelin » le plus proche était à plus de 100 km ! Nous y
faisions le plein dans l’unique commerce (station-service, épicerie,
bar et restaurant). Nous avions échangé nos cartes de visite et c’est
en recommençant aujourd’hui que Marie-Paule et Anne-Laure viennent
de se reconnaître.
Le monde est petit !
Mer calme, soleil et quelques bateaux.

Mardi 28 octobre :Soleil et chaleur. Des poissons volants puis des
dauphins nous accompagnent.
Après un demi-tour savant, sans l’aide de remorqueur, nous sommes
à quai à 15 heures.
A Dakar, le port est dans la ville, j’en profite pour chercher un Internet,
mais je n’ai pas de francs CFA. Le patron refuse mes euros en pièces
et même un billet et me dit que je peux me connecter gratuitement.
Au
bout de ¾ d’heure, ça a coupé et je n’ai pas voulu abuser en en redemandant.
Je me pose la question, quel cybercafé français laisserait
un Sénégalais accéder gratuitement à ses messages ?
De Dakar à Salvador de Bahia, la traversée de l’Atlantique a duré 5
jours.
Heureusement la mer était calme.
Nos journées à bord du Grande Buenos Aires s’écoulent paisiblement, rythmées par les repas 7 H 30, midi et 18 heures, occupées à lire au soleil, à classer les photos sur l’ordi, à marcher dans le vent sur le pont supérieur.
Et maintenant on va sauter quelques journées sur le cargo pour arriver à Buenos Aires, il est bien sûr possible de lire l’intégralité de notre voyage avec les photos correspondantes sur : Les Berlivet en Amérique du Sud.
Petit déjeuner. Il fait déjà chaud.
10 heures dans le salon du capitaine. Les fonctionnaires chargés de
l’immigration viennent de rejoindre les douaniers. Sur le quai, deux
camions allemands de touristes s’apprêtent à monter à bord.
Enfin à 11 heures les formalités sont faites, nous pouvons gagner
nos véhicules et descendre sur le quai où la douane nous fait aligner
sans effectuer aucun contrôle. Le chef douanier est bien trop occupé
à admirer l’étonnant mécanisme qui permet au luxueux coupé
Mercedes 500SL de Klaus de faire disparaître son toit automatiquement
pour le transformer en décapotable. Klaus dit que c’est une
moto pour des vieux !
Heureusement qu’il est possible d’effectuer les formalités de douane
et sortir un dimanche puisque le Grande Buenos Aires doit repartir
dès ce soir.
A la sortie du port, Thierry et ses enfants descendent d’un taxi. Ils
ont bien fait de venir à tout hasard sans écouter l’avis de l’agence
qui gère Grimaldi à Buenos Aires.
Nous prenons congé des autres passagers qui sont devenus des
amis. Le mois passé ensemble a été très agréable. Aucun doute,
nous allons nous retrouver au hasard d’une piste, sinon grâce à
Internet puis en France espérons-nous.
Thierry, Muriel et leurs 2 enfants sautent de joie en retrouvant enfin
leur camping-car tant attendu. Mission accomplie, il est arrivé en
parfait état. Thierry s’élance dans la capitale sans hésitation.
Ils nous emmènent en banlieue où nos amis argentins Gladys et
Carlos nous attendaient. Les deux couples sympathisent immédiatement
ainsi que leurs enfants. De nouvelles amitiés viennent de
naître, et nous ne serions pas étonnés qu’elles permettent un jour
des échanges.
Gladys se charge de trouver une solution pour emporter tous nos
bagages jusqu’à l’immense gare routière de la capitale, d’où nous
prendrons un bus de nuit.
A Buenos Aires nous abandonnons tous nos bagages à l’agence
chargée d’une des lignes de bus desservant Villa General Belgrano
et nous partons les mains libres dans la ville.
Près de l’obélisque,
au 952 Av. Córdoba, nous allons assurer pour un an notre véhicule
à la Cie San Cristobal. Le Sr. Fabián E. Pereyra nous reçoit très
aimablement et affirme que nous pouvons le contacter directement
en cas de problème. Quelques touristes français sont venus s’assurer
récemment, que nous connaissons. Nous montrons les pages
pratiques de notre livre qui y sont probablement un peu pour quelque
chose ! Il ne parle qu’espagnol ou anglais et affirme qu’il est
possible de s’assurer déjà depuis la France en téléphonant ou par
Internet :
pereyraef@sancristobalseguros.com.ar
En sortant, deux immeubles plus loin nous entrons à l’Alliance française,
qui nous avait bien reçus lors de nos précédents passages et
leur offrons notre livre qui est bien accueilli.
Dans nos parcours, nous nous efforçons de visiter les alliances françaises
quand il y en a. On obtient des informations touristiques, on
peut lire la presse française, mais parfois on nous évite et personne
ne parle français, seulement l’allemand ou l’anglais, (comme à Arequipa
ou Santa Cruz de la Sierra). Horreur pour une alliance française
qui vit grâce à nos impôts !
Quelques quadras plus loin on tombe dans Florida, ou Lavalle, rues piétonnes et quartier très commerçant.

Après 13 heures passées en car-couchettes confortable, nous arrivons
à Villa General Belgrano où il faudra encore 2 taxis pour transporter
tous nos bagages.
Nous retrouvons le BerliLand un peu sale mais en bonne santé et préparons notre départ !
Nous n’avons pas encore choisi notre direction,
pourvu que nous soyons à Ushuaia pour les fêtes !
Nous quittons Villa General Belgrano, étrange petite ville de 6 000
hts (on se croirait en Allemagne) et la vallée de Calamuchita, aux
douces collines boisées. La route est sinueuse, puis traverse la
pampa « humide », zone de cultures de blé, tournesol et maïs et
d’élevage de bovins et ovins.
Jusqu’au dernier jour nous hésitons sur l’itinéraire à prendre pour
descendre à la péninsule Valdés, où nous espérons voir quelques
baleines retardataires, qui n’auraient pas encore entamé leur migration.
Nous pouvions soit partir en direction des Andes, puis obliquer vers
l’Atlantique, mais c’est beaucoup plus long, ou bien aller directement
plein sud, 1 500 km de lignes droites dans les vastes étendues
monotones de la pampa, jusqu’à la péninsule Valdés.
C’est ce que
nous avons choisi.
Finalement bonnes routes asphaltées, vent dans
le dos, nous tenions le 110 km/h aisément. Un virage tous les 50 ou
100 km, voire plus, signalé longtemps à l’avance.
Nous doublons beaucoup de convois exceptionnels de matériel agricole neuf, de taille impressionnante, un énorme tracteur ou une moissonneuse tracte une machine ou une remorque, qui tire une caravane de chantier servant d’habitation aux ouvriers agricoles, suivie d’une citerne de gasoil ou d’eau. Et souvent plusieurs attelages de cette sorte se suivent.
Le temps se couvre de plus en plus, les éclairs zèbrent le ciel qui
s’obscurcit terriblement. Il fait près de 40°. A 17 heures, il fait déjà
nuit, d’habitude c’est à 21 heures.
Sous l’orage, dans les prairies,
les vaches se regroupent en grands troupeaux.
Nous nous installons dans une station-service à Realico. Douches chaudes et gratuites. La nuit, le vent est terrible, pas de doute, nous sommes bien en Patagonie ! Les touristes qui ont équipé leur 4x4 d’une tente de toit ne pourraient pas la déplier. Elle serait vite arrachée.
Le lendemain Route 35 avec pâtures et cultures et pour rompre la
monotonie de cette ligne droite à perte de vue nous écoutons le CD
« Tous ces mots terribles », hommage à François Béranger.
A San Antonio Oeste, nous faisons le plein de fruits, de légumes et
de viande.
Et 20 km plus au sud, nous tombons sur le contrôle sanitaire sur la
Ruta 25, dont l’existence nous avait échappé. On s’arrête pour faire
cuire nos oeufs durs et quelques légumes ainsi que la viande.
Et nous cachons le reste dans la cocotte-minute…
Le paysage devient plus vallonné et agréable à partir de Sierra Grande, près de l’Atlantique.
Pour accéder à la péninsule Valdés, zone naturelle protégée, il faut payer et tant pis pour les étrangers si le tarif est triple ! Sale habitude qui se répand très vite ! Pour les gens de la région 3 pesos, pour les Argentins 14 pesos et pour les non-argentins 45 pesos (soit 11 euros).
Nous retrouvons l’unique village de la péninsule, Puerto Piramides
(600 habitants), où nous étions venus il y a près de 5 ans, et au
camping municipal Marie-Françoise et Gérard, nos compagnons de
voyage sur le Grande Buenos Aires.
Vent marin et température plus agréable.
A l’heure du café, trois camping-cars français s’arrêtent près de
nous.
Michel et Micheline, Jean-Paul et Jacqueline, Gérard et Gisèle voyagent
ensemble, chacun avec notre livre. Nous les avions rencontrés
lors d’une assemblée générale de l’association Camping-Cars sur
les Routes de la Soie et du Monde. Jusqu’à présent, sur 8 équipages
français motorisés rencontrés, tous avaient notre livre.
ce matin nous partons en bateau voir des baleines franches australes. (2 heures en mer.) Elles viennent se reproduire ici de juin jusqu’à la mi-décembre. 12 m de long (= un autobus) et 30 tonnes. Les chercheurs les identifient grâce aux callosités qu’elles présentent sur le corps et la tête et qui sont des parasites. Aujourd’hui il en reste quelques-unes, mais il y a 4 jours, elles étaient encore une trentaine dans le golfe.
Rapidement nous arrivons dans une baie et en voyons une jaillir hors
de l’eau et retomber dans une gerbe d’éclaboussures. Elles passent
autour de nous, parfois sous le bateau ou le longent à s’y frotter. Elles
plongent avec élégance, réapparaissent là où on ne les attendait
pas.
Une mère et son baleineau et une troisième baleine nous offrent
un très émouvant ballet. A bord, silence total, l’émerveillement
nous coupe le souffle alors que le leur projette un brouillard quand
elles remontent. C’est vraiment un moment extraordinaire.
Un petit gars de 4 ans à côté de nous tourne le dos au bastingage,
répétant : « Yo no quiero ver a las ballenas ! » (Je ne veux pas voir
les baleines !)
80 personnes dans l’embarcation, ça limite malheureusement nos
mouvements et nous fait rater bien des photos. Le dimanche n’est
certainement pas le meilleur jour, mais nous ne voulons pas courir
le risque de manquer les dernières baleines.
Après une quarantaine
de minutes à les observer, retour à Puerto Piramides. Nous en
avons pris plein les yeux. Fantastique !
La péninsule Valdés est grande comme la moitié d’un département
français (3 600 km²) et s’étire sur plus de 400 km de côtes. C’est un
refuge pour la faune sauvage.
Dans la péninsule quelques estancias où l’on élève surtout des
moutons. 3 grandes dépressions situées à 42 m sous le niveau de
la mer sont exploitées comme salines.
Il reste encore ici un lieu pour camper en sauvage, en bord de mer, à Punta Pardelas, mais l’an prochain il ne sera plus accessible. Sera-t-il privatisé comme Punta Delgada, dont l’accès est réservé. Zone privée et hôtel de luxe.
Jacques et Marie-Paule Berlivet.
A suivre...
Et pour en savoir plus :
Et en page 14 : la grosse mésaventure des Berlivet