Camping-Cars sur les Routes de la Soie et du Monde.

3 novembre 2008
Après ce dimanche 02 novembre sur Copacabana, il nous faut quitter
RIO DE JANEIRO, si nous voulons respecter notre programme,
déjà un peu écorné.
Nous le faisons avec regret, car cette ville mérite un séjour beaucoup
plus long….
On y reviendra peut-être …
Nous prenons la direction du nord par la route BR-40 qui conduit à
BRASILIA et abandonnons l’océan.
Après quelques kilomètres la
plaine cède vite le pas à une montagne de faible hauteur couverte de la forêt tropicale et très « fouillis ». C’est l’impression que nous
avons : montées, descentes, passages de col se succèdent sans le
classique ordonnancement alpin…
A midi nous faisons un arrêt déjeuner à PETROPOLIS , jolie petite
ville de villégiature très européenne. A l’époque des monarques, la
cour impériale y prenait ses quartiers d’été pour fuir la chaleur de
Rio.
Le palais est devenu musée. Fermé le lundi, nous ne pourrons
le visiter.
Par contre une promenade en ville nous fera découvrir la
cathédrale et le Palais de Cristal.
La cathédrale abrite les tombes du dernier empereur Pedro II , de
son épouse et de leur fille Isabel qui mit fin définitivement en 1888
à l’esclavage au Brésil.
Le Palais de Cristal est au centre d’un parc.
Cet édifice réalisé en
France et importé a été construit en 1879 sous la direction d’un ascendant
de Renato Bonjean.
Toujours nez vers le nord et l’Etat de « MINAS GEIRAS », nous
espérons faire étape à OURO PRETO. Le trafic et cette route assez
sinueuse nous en empêchera.
La montagne est toujours là, et le
paysage change : la forêt cède devant d’immenses prairies parsemées
de palmiers.
Ce lundi soir, nous trouverons difficilement un bivouac. Finalement, lors d’un arrêt, une personne nous indiquera une immense aire de service avec restaurant 25 Km plus loin à Conselheiro Lafaiete. On y arrivera de nuit, on dînera au buffet (pour déterminer le prix, chaque assiette est pesée) et on y passera une bonne nuit !
Nous quittons la grande route vers la ville d’OURO PRETO . Ouro pour or et preto pour noir. C’est en effet dans cette région que l’on a découvert de l’or enserré dans une roche noire. Elle fut longtemps la capitale de ce pays et le siège de mouvements de rébellion contre l’esclavage, mené principalement par un dentiste surnommée « Tiradentes ».
Cette cité, édifiée sur plusieurs collines, est parsemée de nombreuses
églises édifiées grâce à l’or qui échappait ainsi à la dîme due
(1/5ème) à la couronne portugaise.
La circulation automobile y est difficile surtout pour nos lourds véhicules.
Les rues pavées y sont si pentues que nous patinons lors
des démarrages…
Nous trouverons vite un stationnement, puis
irons nous promener dans cette belle ville, déjeuner et visiter quelques
églises dont celle consacrée à Saint François d’Assise.
Dans l’après-midi, nous allons nous enfoncer dans la mine d’or (inexploitée maintenant) de PASSAGEM, avec un guide très intéressant sur la façon dont elle était exploitée avec une main d’oeuvre esclave…
Nous finirons l’après midi, à la tombée de la nuit par un détour à MARIANA, dotée d’une magnifique place où trônent deux très belles églises entourant un pilori… Un orage sublime clôturera cette journée.
Nous reprenons la route vers BELO-HORIZONTE.
Depuis quelques jours, un bruit et un sifflement curieux émanant du
moteur de mon véhicule m’inquiète : un garagiste consulté diagnostique
une déficience d’un roulement de la pompe à eau. Le train
avant du véhicule de Jean-Paul et Jacqueline AUFFRAY émet de
drôles de craquements. Le marchepied de la cellule du camping-car
de Gérard et Gisèle MULATON a un air très penché.
Des réparations s’imposent.
Cette immense ville BELO HORIZONTE (2,5 millions d’habitants) tire son nom de la vue sur les montagnes. Créée à la fin du 19ème siècle, elle s’est considérablement agrandie au cours des années 40 et son maire demanda alors au jeune architecte Oscar Niemeyer d’imaginer les nouveaux quartiers.
Le centre de la ville est très particulier. De grandes avenues la quadrillent
et déterminent de grands carrés. Ceux-ci sont eux-mêmes
quadrillés par des rues parallèles aux diagonales des grands carrés.
La ville est ornée de magnifiques flamboyants.
Pour résoudre nos petits problèmes de mécaniques, nous recherchons
la concession PEUGEOT, que nous trouvons avec l’aide d’un
taxi servant de poisson-pilote. L’atelier n’étant pas dimensionné
pour nos véhicules, nous sommes dirigés vers une autre concession
plus adaptée dans la périphérie.
Toujours un taxi en tête, nous y arrivons. Nos véhicules sont pris en
main immédiatement.
Mon véhicule est dirigé vers l’atelier. Après démontage, le mécano
détermine que le sifflement provient de l’embrayage de la pompe du
climatiseur. Une pièce est à changer et le véhicule est promis pour
le lendemain.
Celui de Gérard MULATON, est confié à un carrossier proche qui se
charge de redresser le marchepied défaillant.
Pour celui (de marque FIAT) de Jean-Paul Auffray, la concession
Peugeot contacte téléphoniquement son confrère de Fiat, pour que
le nécessaire soit fait pour le lendemain. Ce qui a été fait : un problème
de graissage des moyeux avant.
Ayant besoin de liquidités pour payer la réparation, d’une chambre
d’hôtel pour la nuit et de stationnement pour les véhicules de mes
compagnons de route, le patron de la concession et Fernanda, une
de ses collaboratrices se chargeront de tout :
- Un taxi est missionné pour nous trouver un distributeur de billets
spécifiques pour les étrangers, de nous y accompagner et de nous
ramener.
- Un hôtel ayant une chambre de libre (rare à cette époque pour raison
de foire...) et un parking suffisamment grand pour accueillir les
véhicules de Gérard et Jean-Paul.
- Fernanda sera même chargée de nous conduire jusqu’à cet hôtel...
Quel accueil et quel service !
Le lendemain dans la matinée nous nous rendons au grand marché
central de la ville qui regorge de victuailles et de produits en
tout genre.
Les difficultés de stationnement sont vite résolues : des
automobilistes nous laissent leur place et s’en vont ailleurs, en nous
offrant le paiement du parcmètre... Que dire ?
Obrigado, merci en
portugais !
A midi, tout est remis en ordre sur mon véhicule et celui de Jean- Paul.
Et nous repartons dans la direction du sud-ouest vers les
Chutes d’IGUAZU et l’ARGENTINE.
Nous passerons la nuit près de FORMIGA, avec quelques averses.
Nous avançons d’abord dans un paysage de montagne avec prairies et élevage. Ces montagnes deviennent collines couvertes de caféiers. Apparaissent aussi les champs immenses de canne à sucre.
Nous contournons la ville de RIBEIRAO PRETO et nous dormirons près de JAU.
Toujours sur de bonnes routes, souvent à péage à prix minime, la chaleur devient plus forte : les 30° seront atteints et à une certaine altitude le brouillard est présent.
A OURHINOS, nous nous détournons vers le sud et PONTA GROSSA pour aller voir le site de VILA VELHA. Nous y arriverons le dimanche 09 novembre vers midi. On y passera l’après-midi.
Site essentiellement géologique, surnommé la « ville de pierre » en raison de nombreux piliers de grès façonnés par des millions d’années d’érosion.
Dans ce parc des promenades sont proposées autour de ces formations et de cratères résultant de l’érosion souterraine.
Petit incident au départ. Je fais laver mon véhicule.
La pression du jet de lavage est tellement importante que l’étanchéité
des aérations de la cellule n’y résiste pas... Petite séance
d’épongeage... Puis journée de route et bivouac vers GUARANI.
Toujours avec une bonne chaleur, est également
consacré à la route dans des régions très agricoles.
A midi, sous le
tropique, le soleil est au zénith et «tape dur».
Nous sommes en vue d’IGUAZU…
Avant d’entrer dans cette ville, on fait un petit détour vers le barrage
d’ITAIPU.
Encore à ce jour (avant la mise en service du barrage
chinois des 3 Gorges ) c’est la plus grosse centrale hydroélectrique
du monde : 8 km de longueur, haut de 65 étages.
Barrant le fleuve
PARANA, frontière entre le Brésil et le Paraguay, il a été construit en
coopération entre ces deux pays qui s’en partagent la production.
Elle couvre 90% des besoins d’énergie du Paraguay et 22% de ceux
du Brésil.
Très controversé au moment de sa construction en 1975,
il semble que son utilité fasse à ce jour l’unanimité.
Malheureusement, un très gros orage tropical perturbera notre visite
accompagnée en autocar.
Impressionnant…
En soirée, l’Auberge de Jeunesse, faisant office de camping accueillera nos camping-cars et leurs propriétaires plus très jeunes, avec en prime le petit déjeuner au self du type «restau U».
Les deux jours suivants sont consacrés aux
Chutes d’IGUAZU ou « Foz do Iguaçu », (en langue guarani «
iguaçu » signifie « grandes eaux »).
1er jour côté brésilien et le
second côté argentin.
Frontière entre le Brésil et l’Argentine, le Rio
Igaçu, gonflé de nombreux affluents, s’élargit avant de se précipiter
en près de 275 chutes sur plus de 3 km de large sur 80 mètres de
hauteur.
Niagara et Victoria sont enfoncées…
Ces deux pays ont constitué entre eux un parc national transfrontalier.
La plus grande partie des chutes sont du côté argentin.
Du côté brésilien, c’est la vision panoramique des chutes.
Du côté argentin, c’est la vision plus proche des chutes par deux
promenades bien aménagées, l’une au pied et l’autre au sommet
des chutes.
La puissance et la force de l’eau deviennent fort impressionnantes, assourdissantes et fantastiques et peuvent constituer alors des divinités.
Nous avons remarqué que des touristes asiatiques (chinois ou japonais)
étaient, face à ces éléments, en prière, les yeux fermés, mains
jointes et lèvres en imprécations.
Décrire tout cela est difficile : il faut le voir, d’autant plus que les parcours,
surtout côté argentin, sont formidablement bien aménagés.
Le « clou » du spectacle est certainement la « Garganta do Diablo »
(Gorge du Diable) : 13.000 m3 d’eau par seconde se jettent dans un
canyon de l’ordre de 90 m. de profondeur en 14 chutes en forme de
fer à cheval.
Une passerelle de plusieurs centaines de mètres, édifiée
au-dessus du Rio Iguaçu, vous amène au bord de cette énorme
marmite dont on ne voit pas, bien entendu, le fond.
En revenant de cette Garganta do Diablo, et contre la passerelle,
nous avons croisé un curieux oiseau aquatique.
Il nage comme un
canard, puis se laisse couler sur place, disparaît sous l’eau et réapparaît
plus loin, nageant comme un cormoran (c’est-à-dire corps sous
l’eau, seuls cou et tête dépassant) puis, comme s’il vidait des ballasts,
se remettait à nager comme un canard…
Doté de plumes et d’ailes, il
doit voler et marcher sur terre, mais ça nous ne l’avons pas vu…
Ces deux journées furent passionnantes et passèrent très vite.
Chaleur
et humidité étaient oubliées.
Ainsi, nous avons quitté le Brésil à regret avec le sentiment d’avoir laissé de côté beaucoup trop de choses, mais peut-on tout voir…
Nous entrons
en Argentine, sur cette langue de terre au Nord-Est enserrée entre
Paraguay et Brésil. Elle est gérée par la province des « Misiones »,
renommée pour ses anciennes missions jésuites du 17ème siècle.
La terre est rouge et les collines succèdent aux collines recouvertes
de bosquets de bambous, et de culture de thé, maté, manioc, outre
les arbres d’ornements en fleurs…
La route est belle, mais il fait très chaud. Le thermomètre indiquera au milieu de la journée 42° !
Heureusement lors de l’arrêt-déjeuner, on trouvera un coin ombragé et frais au bord d’un cours d’eau. Il est dénommé la « Grotte de l’Indien ». Une piste de quelques kilomètres nous y a mené.
En fin d’après midi nous arrivons à San Ignacio Mini.
Y siège la
mission jésuite la mieux conservée et restaurée.
Au 17ème siècle, dans cette province et même au-delà, à la suite d’un accord intervenu avec le roi d’Espagne, les jésuites ont été autorisés à y créer un état autonome. Ils y édifieront des cités – reducciones – où la vie des guaranis a été organisée d’une manière particulière et totalement autonome.
Lors de la visite de cette mission, nous avons non seulement découvert le plan de construction de ces cités mais imaginé ce mode de vie. Personnellement j’ai été très heureux d’apprendre cet aspect très particulier de l’histoire de l’Amérique du Sud, qui m’était inconnu.
Le site de San Ignacio, restauré dans les années 40, est grandiose et calme. Les restes de l’énorme église de grès rouge trônent au
centre de l’un des côtés de la grande place centrale.
Sur les autres
côtés on imagine les maisons des habitants. La couleur des pierres
et la fin d’après-midi favoriseront les photographies.
Le temps est plus frais.
Quittant la Province des Misiones, nous
entrons dans celle de Corrientes et prenons la route de Santa Fé en
direction du sud-est le long du Rio Uruguay.
Nous l’abandonnerons
rapidement pour nous rendre à la Réserve Provinciale « Esteros del
Ibéra », immense terre marécageuse riche en fauves et flore comparable
à celle du Pantanal brésilien.
Une piste d’une centaine de kilomètres, bonne au début, mais devenant
très sableuse par la suite nous y conduira. En force, parfois,
tout se passera bien et aucun ensablement n’a été enregistré.
Sur place, le camping municipal du petit village de Carlos Pellegrini
est vite trouvé, mais on ne peut y pénétrer : le portique d’entrée n’est
pas assez haut pour nos véhicules…
Peu importe, le stationnement
à l’entrée fera l’affaire.
Il est 17 heures, le gestionnaire est habilité à nous faire découvrir
les marais, sa flore et sa faune.
Nous partons rapidement sur son
bateau pour une très agréable excursion de presque deux heures
jusqu’au coucher du soleil.
Les plantes aquatiques forment dans ces marais de véritables îles
flottantes. Nous y verrons des caïmans, des capibaras , et de nombreuses
espèces d’oiseaux inconnus dont les noms en espagnol
nous ne disent rien.
Le lendemain, nous devons regagner la route de Santa Fé, abandonnée la veille.
Deux solutions : soit faire demitour,
soit continuer la même piste jusqu’à Mercedes. Interrogé, le
gestionnaire du camping nous précise qu’elle n’est pas sableuse. Le
kilométrage étant identique, nous décidons de gagner Mercedes.
Il n’y avait effectivement plus de sable, mais ... beaucoup de pierres.
Une piste rugueuse sur laquelle, sous peine de voir tomber tous les
boulons du véhicule, il faut rouler doucement.
Après de nombreux arrêts justifiés pour observer animaux et oiseaux,
et d’un arrêt-déjeuner, nous arriverons à Mercedes à 15 heures.
Tout
étant fermé jusqu’à 16 heures, le régime horaire espagnol pratiqué en
Argentine ne nous permet pas de faire les courses envisagées.
Nous pourrons faire le plein de carburant et nous repartons dans
un paysage différent d’élevage vers Santa Fé.
Fatigués, nous nous
arrêtons à San Jaime de la Frontera et cherchons un stationnement
pour la nuit. Une place ombragée nous convient.
Les proches habitants,
interrogés nous indiquent que nous pouvons y rester pour la
nuit sans problème.
Passe alors un homme qui nous propose de nous accompagner
dans un meilleur lieu. Il va chercher son véhicule et nous guide jusqu’au
stade « esportivo ». Là, il nous présente le «secrétaire municipal
» qui met à notre disposition un coin de gazon, et les toilettes et
douches du stade. Le gardien du stade sera là toute la nuit.
L’eau mise à notre disposition permet de dépoussiérer nos véhicules
et faire le plein de nos réservoirs. Nous y passerons une nuit très
calme et reposante.
Après des achats à la boucherie et l’épicerie,
toujours route vers Santa Fé. Longue, droite, monotone entre de grandes étendues de pâturages, jusqu’à un contrôle de police que
nous qualifierons de pointilleux :
Papiers du véhicule français, autorisation de circulation argentine,
assurance du véhicule, permis de conduire, extincteur avec vérification
de la date de péremption, contrôle de la pose à l’arrière du rond
« 90 » pour la vitesse limite et des bandes réfléchissantes rouges.
Tout est en ordre : on passe.
Manquaient à leur investigation les
deux triangles rouges et le gilet réfléchissant !
Seul l’immense et très large Rio Parana sépare les villes de Parana et Santa Fe. Un tunnel nous fera passer d’une rive à l’autre.
Peu après Santa Fe, nous nous arrêterons sur une rive du Rio Parana.
Un promeneur, qui stationnait dans sa voiture depuis un long
moment en nous observant, nous déconseillera d’y passer la nuit
pour des raisons de sécurité et nous propose un autre lieu en bordure
du fleuve.
Ce personnage n’est pas particulièrement sympathique et nous
ne comprenons pas bien ; mais par précaution, nous décidons de
changer vers le lieu indiqué. Il fait nuit, ce n’est pas pratique pour se
diriger. Tout d’un coup ce même personnage réapparaît et se propose
de nous guider : le lieu proposé est totalement désert …
Nous retournons vers la route.
Un poste de police s’y trouve. Interrogée,
la police nous indique un stationnement proche de leur
bâtiment.
Les nuits se succèdent mais ne se ressemblent pas.
Michel Bonjean. A suivre...
Et pour en savoir plus :
Nous sommes un peu plus au sud, au Camping Municipal de RADA
TILLY, station balnéaire proche de COMODORO RIVADARIA.
Il est très arboré cela nous protège du soleil et du vent habituel sous
cette latitude au sud.
Nos amis MULATON ont du renter d’urgence en France : la maman
de Gisèle 93 ans a été hospitalisée et le pronostic est réservé.
Leur camping-car reste ici dans un camping et nous continuons
sans eux. Ils nous rejoindront dès que possible.
La maman de Gisèle est décédée en fin 2008, toutes nos condoléances
à nos amis Mulaton qui sont depuis revenus continuer leur
périple.
Michel et Micheline Bonjean.