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Camping-Cars sur les Routes de la Soie et du Monde.

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Bulletin Janvier 2009. 

Les Casenave arrivent en Australie.

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Dixième pays visité - 67 000 km parcourus.

L’Australie figure en bonne place dans les pays dont nous rêvions. Nous arrivons donc plein d’espoir, de curiosité et d’envie le 15 novembre à Brisbane, grande ville de la côte Est (1,5 million d’habitants).

A l’aéroport, le personnel du centre d’information nous laisse nous débrouiller avec la réservation de notre hôtel. Le premier est complet, le second nous donne une heure pour arriver. Nous échouerons par chance près de la gare centrale, à deux pas de la « city », où se trouvent les administrations qui nous intéressent. En effet, sortir un véhicule du port en Australie est un vrai parcours du combattant et nous allons naviguer entre douane, transports, immigration, quarantaine, assurances… Nous avons la chance de bénéficier des informations d’autres voyageurs passés avant nous et nous nous sommes préparés mentalement ! Nous vous faisons grâce de tous les détails, les personnes intéressées pouvant les retrouver sur la fiche « cargo » de notre site.

Mais pour vous donner une idée du contexte, sachez que pendant nos 10 jours à Brisbane, trois violents orages accompagnés de mini tornades vont s’abattre sur la ville, avec même des grêlons gros comme le poing. On dénombrera 4000 maisons sinistrées sans parler des inondations et coupures d’électricité. En outre, le cargo de Caraventure a pris du retard. Au lieu d’arriver un mardi, il n’arrivera que le vendredi. Le service de la Quarantaine ne travaillant pas le week-end, nous serons obligés de prolonger notre séjour à l’hôtel. Cette fin de semaine, Brisbane accueille deux finales internationales de cricket et de rugby à 13. Tout est complet. Nous dormirons dans quatre hôtels différents, tout heureux de ne pas finir sous les ponts. Geneviève commence à répéter « Si j’aurai su, j’aurai resté en Nouvelle Zélande ».

Nous regarderons quand même autour de nous et apprécierons le centre ville très animé, les immeubles modernes, les quais branchés le long de la Brisbane River, le jardin Botanique.

Immeuble moderne centre ville de Brisbane. Quais de la Brisbane River. Jardin botanique à Brisbane. 

Détail amusant : Le Maire de la ville a recruté des artistes peintres pour décorer les 700 armoires électriques de la signalisation routière indispensables aux quartiers mais esthétiquement sans intérêt et le résultat est une réussite. Une idée à reprendre ?

Armoire électrique de signalisation à Brisbane, déco originale ! Armoire électrique de signalisation à Brisbane, déco originale ! rmoire électrique de signalisation à Brisbane, déco originale ! 

Un rayon de soleil dans tout cela : nous avons récupéré le courrier de nos petits amis de CM2 de l’école Jules Ferry d’Antony à l’agence consulaire française de Brisbane. Sur des feuilles de couleur toutes magnifiquement décorées, comportant leurs photos, ils nous ont décrit les activités de leur classe, avec aussi des messages personnels, parfois des charades, des histoires drôles. Nous nous sommes régalés. Cet échange est un bonheur.

Collégiens en uniforme à Brisbane. 

Quant aux démarches, il n’y a pas plus bureaucrates que les Australiens. A chaque guichet, nous rencontrons toujours des interlocuteurs fort aimables, ce qui est déjà agréable, mais qui s’appliquent systématiquement à nous rajouter une autre démarche ou un autre papier à fournir. Nous faisons répéter plusieurs fois pour assimiler les procédures et les employés s’y prêtent ma foi sans rechigner. Partis en campagne dès l’ouverture des bureaux, nous rentrons à l’hôtel le soir vers 19 h, comptant ce que nous avons obtenu et listant les corvées du lendemain. Tout est payant et la carte bleue chauffe !

Enfin, la dernière épreuve arrive. Le lundi matin, nous sommes au port, un peu contractés pour ouvrir les portes de Caraventure afin que la quarantaine puisse faire son inspection. Celui-ci est passé au peigne fin et le verdict tombe : il est déclaré bon pour les routes australiennes. Pas de retour au lavage, le travail réalisé au Canada a donc été bénéfique. Nous acceptons ce résultat avec une modestie calculée. Michel se met au volant pour une conduite toujours à gauche, mais avec le volant du mauvais côté cette fois. Un petit coup d’oeil aux batteries : elles sont pleines. Brave Caraventure !

Le lendemain, il ne nous reste plus qu’une facture à payer à l’agence maritime. Nous nous garons donc dans un quartier très réglementé en lisant attentivement les panneaux pour éviter tout PV. Sur le chemin du retour, nous prenons le temps d’admirer trois Lamborghini dans une vitrine Lamborghini dans une vitrine à Brisbane. 
et achetons des éclairs au café et une baguette dans une boulangerie française appelée « Belle Epoque ». C’est l’anniversaire de Geneviève et rien n’est trop beau. La baguette est d’ailleurs enveloppée dans un superbe papier de soie rouge vif ! Nous sommes dans les temps pour récupérer Caraventure avant que le stationnement payant ne commence et partir vers le Nord. Notre objectif est d’aller voir les tortues de mer pondre, de quoi nous changer les idées. Il fait beau et déjà très chaud. Nous revenons tout guillerets au parking.

Stupeur : Caraventure a disparu. Il n’est plus à l’endroit où nous l’avions laissé. Nous vérifions la rue, c’est bien ici que nous l’avions garé… Heureusement nous venons de passer devant un commissariat. Nous y retournons aussitôt, au pas de course, et entrons, baguette et éclairs en avant. Calme plat dans le bureau. Deux employés papotent. Nous racontons notre histoire. « Le stationnement est interdit dans le quartier. Tout part à la fourrière ». Insensible à nos « on croyait que », « on pensait que », l’employée téléphone à une fourrière pour nous. Ils ont bien kidnappé Caraventure. Ce n’est qu’à dix minutes à pied, de quoi se plaint-on ? « Si on aurait su …». Nous repartons avec l’envie de balancer nos gâteaux à la tête du premier venu. Nous qui avions réussi à éviter que Caraventure ne soit mis sur une remorque pour sortir du port, les Australiens y sont quand même arrivés d’une autre façon ! L’employé de la fourrière nous reçoit derrière des barreaux. Il est de marbre. Nous sommes froids. Nous passons à la caisse. La plaisanterie nous coûte 200 dollars australiens, ce qui équivaut à 100 euros. La carte bleue de Michel est refusée. Geneviève donne la sienne : pareil. L’employé attend son argent, que sa machine ne fonctionne pas ne le gêne en aucune façon. Nous grattons le fond de nos porte-monnaie et arrivons enfin à la somme. L’employé est satisfait et ose nous dire que nous avons la chance d’avoir un change monétaire en notre faveur… grrr… Nous avons enfin accès à notre pauvre Caraventure garé dans un hangar. L’employé nous fait remarquer le papier sous l’essuie-glace : nous avons en plus une amende ! Nous rangeons la baguette desséchée et les éclairs chauds et prenons la direction du nord. La récupération n’aura duré qu’une demi-heure. Ces débuts en Australie sont un peu difficiles mais n’arriveront pas à gâcher notre voyage.

Nous partons à la recherche d’un camping bien tranquille, vous comprendrez aisément pourquoi. Nous y resterons trois jours, le temps de remettre Caraventure en service, ranger nos sacs à dos, démonter la cloison, accrocher les vélos et souffler. Notre « campervan » attire à nouveau les regards, par sa forme qui fait toujours sourire et sa plaque. Des Allemands viennent nous voir, des Français aussi.

Pour varier les plaisirs, nous avions reçu un email de notre fournisseur d’internet précisant qu’il s’était fait racheter par le Neuf et que si nous ne faisions pas les mises à jour nécessaires, notre abonnement serait interrompu. Bien évidemment rien n’est simple et nous n’avons pu les effectuer à partir de notre ordinateur portable ici. C’est encore une fois une de nos filles qui s’est occupée de la corvée. La mise à jour « en un seul clic » étant toujours d’un cynisme calculé, elle a bien souffert et passé du temps pour nous, avec succès toutefois. Nous ne dirons jamais assez toute la reconnaissance que nous portons à nos filles pour leur aide et le temps qu’elles nous consacrent. Aux dernières nouvelles, l’hébergeur de notre site va fermer. D’ici à ce que casenavenroute.com ne disparaisse…

Nous sommes toutefois conscients que ces désagréments ne restent que des contrariétés. Nous recevons des nouvelles bien tristes d’ami(e)s qui sont gravement malades. Nous pensons bien à elles et à eux et en parlons souvent entre nous, en espérant bien sûr que leur vie reprenne un cours normal le plus vite possible.

Le voyage a repris son rythme habituel et de belles surprises nous attendent. Nous rejoignons une plage qui porte un nom français « Mon Repos » située à 350 km au nord de Brisbane. La moitié des tortues du Pacifique Sud vient y pondre de novembre à mars, seul moment où ces dames rejoignent la terre ferme. Elles reviennent à l’endroit où elles sont nées après avoir parfois voyagé pendant des milliers de kilomètres, depuis l’Indonésie ou les Iles Salomon en parcourant 70 km par jour en moyenne. Sachant que les chances de survie des petits sont naturellement de 1 pour 1000 et qu’elles ne peuvent pondre avant l’âge de trente ans, le maintien de l’espèce paraît bien fragile. Mais les australiens veillent.

Tortue sur la plage  Oeufs de tortue. Les oeufs ont la taille d'une mandarine. Oeufs de tortue. Les oeufs ont la taille d'une mandarine. Trace de la tortue sur la plage. 

Celle que nous avons pu observer mesurait environ un mètre de diamètre et a pondu sous nos yeux 58 oeufs de la taille d’une mandarine (ça doit quand même coincer à l’intérieur car la carapace est, pour le moins, peu élastique). Nous n’avons eu le droit de prendre des photos que lorsqu’elle se préparait à repartir vers la mer, mais les rangers ayant compté les oeufs qu’ils regroupent ensuite dans une sorte d’écloserie dans le sable de la dune, nous avons pu les immortaliser eux aussi. Nous ne serons pas là pour voir les bébés tortues sortir de leur coquille en janvier pour aller se précipiter dans le Pacifique, mais peut-être sur une autre côte d’Australie.

Pour l’instant nous n’avons pas encore traversé de beaux paysages, nous les trouvons trop plats, sauf peut-être dans le Carnavon Park, toujours dans le Queensland, l’état de Brisbane, où nous avons pu admirer une forêt humide avec des fougères géantes de quatre mètres et des peintures aborigènes sur une falaise représentant des mains, des boomerangs, des empreintes de kangourous. C’est là que nous avons rencontré nos premiers wallabies avec par chance le petit dans la poche de la mère. Quand cette dernière mange de l’herbe, il peut faire la même chose en sortant juste la tête.

Paysage du Queensland. Fougères géantes, de 4 m, dans le Queensland. Peintures aborigènes sur une falaise représentant des mains, des boomerangs, des empreintes de kangourous.  

La chaleur par contre est bien au rendez-vous comme prévu avec 35 à 40° dans Caraventure. Si seulement nous pouvions vous envoyer quelques degrés ! Nous en avons profité pour nous réfugier dans une salle de cinéma climatisée et voir le film « Australia ». Une copie de « Out of Africa », en moins bien selon nous, mais les trois heures passent vite. Les gentils gagnent, l’histoire d’amour se termine bien, les méchants sont punis tandis que les aborigènes sont mis en valeur. Nous pensions pouvoir admirer des paysages superbes ; on en voit, certes, mais nous sommes restés sur notre faim.

Wallabies. Wallabies. Wallabies. 

En sortant de notre torpeur et entre deux verres d’eau, nous avons pu observer les oiseaux qui sont nombreux et d’espèces peu courantes pour nous : des ibis en pagaille, des perruches, des perroquets, des cacatoès, des kookaburras appelés aussi, oiseaux rieurs, un « bustard », en anglais dans le texte car nous n’avons pas le mot français, qui faisait la roue au milieu de la route forçant Caraventure à s’arrêter.

Ibis sacré. Perroquet. Péruche. 

Les Australiens ne semblent même plus y prêter attention sauf un qui nous a gentiment montré comment faire venir des perroquets arc en ciel dans notre main en les attirant avec du pain.

Cacatoès. Kookaburra ou oiseau rieur. Australian Bustard, chacun peut atteindre 3,5 ft et peser plus de 30 livres. Un Australien nous a gentiment montré comment faire venir des perroquets arc en ciel dans notre main en les attirant avec du pain. 

Caraventure va bien. Nous avons même réussi à faire réparer l’aiguille de température du moteur. Un simple nettoyage des contacts électriques a suffi… La lumière de l’ABS reste toujours allumée mais ne nous empêche pas de freiner. Par contre, au sommet d’une côte à 12%, Caraventure s’est mis à accélérer sans que Michel puisse y remédier. La route étant en cul de sac, nous avons été obligés de redescendre cette côte très sinueuse de 5km pour rejoindre le premier garage venu. Il a fallu toute l’habileté du pilote pour que nous arrivions en bas sans quitter la route, avec les freins un peu chauds tout de même… Le garagiste a trouvé la panne rapidement, une simple petite pièce s’était détachée empêchant le moteur de décélérer. Maintenant nous sommes partis en campagne pour une nouvelle recherche de pneus neufs, ceux que nous avions difficilement trouvés au Mexique n’étant pas fabriqués ici ! Suspens, suspens ! Mais nous avons été très bien reçus par les employés de Bridgestone qui nous ont même offert deux belles casquettes avec une superbe grenouille verte brodée sur le dessus.

Geneviève Casenave.Michel Casenave.Elle n’est pas belle la vie ?

Nous vous donnons rendez-vous l’année prochaine, en espérant vous retrouver toutes et tous en pleine forme, pour la suite de notre voyage, toujours depuis l’Australie.

Bonnes fêtes de fin d’année, et si vous n’avez pas reçu par Internet notre carte de Noël, n’hésitez pas à nous la réclamer.

Toutes nos amitiés,
Michel et Geneviève


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