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Bulletin Décembre 2008. 

Jean-Marie et Marie-Jo Pinero font une belle balade dans le sud de la Bolivie.

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Frontière.

Après une montée de Salta vers Jujuy, nous avons décidé de passer la nuit à côté de la gendarmerie de La Quiaca ville frontière argentine. Comme il y avait la fête au village, la nuit fut rude car il ne se couchent jamais les argentins !

Il fait frisquet sur le sel !Au matin nous sommes entrés en Bolivie par Villazon, de l’autre côté du pont. Et, là on reçoit la Bolivie et sa misère de plein fouet. Les Indiens sont majoritaires et cela se voit.

Les dames surtout avec leurs chapeaux andins et leurs jupes plissées bariolées fortement juponnées. Elles nous impressionnent d’autant plus qu’elles sont chargées comme des mules pour passer la frontière avec leurs colis, car ici le travail de la bête humaine coûte moins cher que le prix des taxes pour le camion qui transporte les marchandises.

Elles libèrent leur colis au pied du camion bolivien, le douanier note son numéro et la bête repart en courant pour aller de l’autre ôté du pont, en Argentine, prendre un nouveau colis et ainsi de suite. Une vie de chien pour une paye de misère. Elles sont tellement nombreuses que la chaîne est sans fin et que la poussière de leur piétinement qui les enveloppe semble ne jamais retomber.

Les formalités douanières se font sans difficulté, ni du côté argentin ni du côté bolivien.

N’oubliez pas de garder une copie des documents argentins donnés à Buenos Aires car ils seront d’un grand secours pour, au retour, refaire les mêmes documents. C’est facilement une heure de gagnée et plein de soucis en moins au retour.

On décide de gagner Potosi.

Esclaves. Contrôles. Dans l'eau. Dans l'oued. Bouillasse. 

Espagne. Cabildo. On bosse. En famille. 

Tupiza.

La piste commence à la sortie de la petite ville et de suite on comprend ce que tôle ondulée veut dire comme souffrance pour le camion secoué comme un prunier et pour ses passagers qui souffrent pour lui. Une poussière pulvérulente infernale en plus.

Après 30 km, un croisement avec un panneau laconique : A droite une piste qui part vers Tarija, à gauche une autre qui monte vers Potosi par Tupiza. On prend celle de gauche car les cartes restent brouillonnes sur ce sujet. Erreur ! La bonne c’était l’autre plus longue de 100 km pour atteindre Potosi mais avec la moitié des 400 km sur de l’asphalte fraîchement posé.

Comme on se gratte la tête l’air dubitatif, passe un 4x4 Toyota avec un couple de retraités allemand qui nous lance : C’est Tupiza la bonne direction pour Potosi, et en plus c’est beau comme on peut difficilement croire. Une merveille de la nature. Suivez nous, c’est notre troisième fois ici ! En plus en passant par ici vous éviterez les manifs de la route Tarija-Potosi.

Tout bien considéré on opte définitivement pour Tupiza. Parce que les manifs avec blocage des routes pendant des jours c’est un sport national. Pour se faire entendre on fait un «Bloquéo» et on attend la police ou l’armée. Parfois les deux. Et c’est à celui qui cognera le plus fort. Il reste toujours plusieurs morts sur le carreau. Et la piste folle a commencé.

C’est alors qu’on a compris, mais trop tard, que le «beau» Bolivien se mérite par une grande souffrance mécanique qui peut mettre à mal le mental des passagers d’un 4x2 basique. Paysages magnifiques, couleurs de folie, balade vertigineuse par endroits. On arrive à Tupiza après une longue journée de chocs violents et de poussière inhalée. Repos mérité dans la cour d’un hôtel ou on retrouve notre couple d’allemands. Elle 65 ans et lui 70. Douche bienfaisante pour nos corps meurtris puis repas au restau de l’hôtel.

Dans la rue. Atelier. Gregorio. Travailleurs. Désert. 

Dangers. Hôtel. Décor. Plancher des lamas. Boulot du voyageur. 

Uyuni

Un matin glacial, car nous sommes aux environs de 3.000 mètres, on repart vers Potosi mais avec un détour vers le Salar d’Uyuni, le plus grand du monde. Le spectacle continue avec des oasis étonnantes, des lamas, mais surtout des troupeaux de chèvres et une piste épouvantable. Même en Afrique voilà longtemps on semble n’avoir pas connu de piste pareille.

Pour atteindre Atocha on aura droit à la totale ! 20 km de piste au fond d’un canyon, dans le lit d’un Aroyo.

Sable, caillasse, passage de la rive droite à la rive gauche dans des gués par instant inquiétants. Voilà qui nous rajeunit. Et pas un moment de mauvaise humeur tant la balade est belle. Montagnes rouges. Impression de Far West. Rude mais fabuleux !

Au matin, 3.700 mètres et toujours glacial, nous retrouvons à la station service d’Uyuni, nos allemands qui attendent comme nous la livraison de fuel. La ville est apocalyptique, toute de pisé, ancienne gloire de la région, statues du style réalisme socialiste, vent violent, poussière entêtante, bandes de chiens errants, indiens emmitouflés et comme prostrés au coin des rues.

Superbe squaw !On a hâte de quitter le coin pour rejoindre la splendeur du Salar, cet immense désert de sel de 40 mètres d’épaisseur, de 100 km de large et de presque autant de haut avec des îles de rochers éparpillés par ci, par la. 12.000 km2 de platitude absolue, blanche. Réverbération brutale. Rouler à fond sur ce tapis de sel détend après la rudesse de la piste. Le plus curieux sont les îles recouvertes de cactus parfois millénaires. On décide de dormir sur les rives de l’île Inca Huasi. Époustouflant. Touristique l’ancien hôtel entièrement construit en sel.

Comme mon véhicule émet de curieux gémissements en roulant je jette un oeil sous le châssis et je découvre les dégâts. Plus de tube d’échappement, deux amortisseurs arrière détruits, un silent bloc en charpie l’autre fatigué, les pneus avants tailladés par la caillasse coupante et de la poussière en couche épaisse partout. Bon ! L’important c’est de continuer à rouler et d’arriver à Potosi, après on verra pour les réparations.

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Potosi :

On file au matin vers le volcan en face puis on visite les vieux villages indiens. Marie-Jo et moi sommes saturés de piste avec un 4x2 pas fait pour ça. Il est temps pour nous d’arriver sur le goudron. Mais ce n’est pas pour aujourd’hui.

Et voilà encore une piste pourrie, étroite, pleine de rochers. Je fais un écart, une mauvaise manoeuvre et je m’écrase le flanc sur un roc qui se trouve là ou il n’aurait pas dû être. Marchepied en bouillie, bas de la porte de cellule froissée, tous les enjoliveurs de côté dispersés, bien sûr porte impossible à ouvrir.

Plus de peur que de mal au bout du compte. Du coup on décide de dormir quelques km plus loin dans un village fantôme où ne semble vivre que le petit centre de santé.

Mon moral reste bon vu que je suis un optimiste indécrottable. Marie-Jo semble flancher un instant puis se reprend.

Au matin on retrouve le 4x4 et on repart ensemble car le pire semble à venir. Béni 4x4. Il nous a sorti 3 fois de zones sablonneuses où nous étions englués. Tout y passera, plaques à sable, pelletage forcené, remorquage au treuil.

Puis la piste a stoppé d’un coup et nous voilà sur le goudron à 75 km de Potosi. Un coup d’accélérateur et nous y sommes à 4.100 mètres d’altitude et avec 145.000 habitants.

J’ai souvent sur la piste, discrètement, câliné le tableau de bord du Ford en l’incitant à l’effort et en lui promettant mentalement une superbe révision.

Pas dans uns station quelconque, mais dans une station Shell ou lui seront fait tous les soins accordés aux meilleurs. Merci à toi.

On dort dans une station service et on s’attaque à Potosi, trésor d’architecture baroque, ville ou la richesse faisait partie du quotidien avec des mines d’argent qui produisaient au delà du raisonnable.

Aussi tous ces nouveaux riches voulaient honorer la vierge et lui ont construit des autels délirants et de toute beauté.

Je gagne au tirage. Jupe froissée. Potosi. Potosi. Sucre - Accumulation. 

Sucre - Les dames. Sucre - Messieurs les hommes. Sucre - Santa Guadalupe. Sucre - Type espagnol. Au centre de Sucre. 

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Sucre :

Sucre - Tradition.Et, tenez vous bien, de Potosi à Sucre c’est du goudron, et du bon ! Dès qu’on entre à Sucre on sait qu’on y sera bien. C’est beau, espagnol en diable, colonial, animé, vivant, festif, joyeux. C’est la ville repos d’un tour de Bolivie.

Mais pour nous Sucre c’est la ville de la remise en état du véhicule. D’abord on cherche puis on trouve dans le quartier des réparateurs d’autos un hôtel bien situé, de belle allure, confortable et avec un grand parking fermé et gardé. On y restera dix jours dans une chambre superbe, calme, vaste, avec un grand lit double et une belle salle de bains. Petit déjeuner inclus pour 17 Euros par nuit. Hôtel 3* Austria, Avenida Guttierez 450.

Coup de bol c’est la fête de Santa Guadalupe. On assistera à des défilés somptueux en l’honneur de la sainte. Marie-Jo est tellement émue par la beauté de certaines parties du défilé avec des indiens en grande tenue emplumée qu’elle en a les larmes aux yeux.

J.M. et M.J.Pinero

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