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Bulletin Juin 2008. 

Geneviève et Michel Casenave en Equateur !

L'Equateur :

Geneviève Casenave.Michel Casenave. Nous nous faisions une joie de visiter ce pays enchanteur « au milieu du monde » comme il se décrit lui-même, qui offre une diversité géographique déroutante, une cordillère volcanique, d’épaisses forêts vierges pluviales, sans oublier les fameuses îles Galápagos. Notre guide précise que « voyager dans ces contrées n’est pas de tout repos, mais ce sont principalement les difficultés qui font tout le charme du pays ».

Les difficultés, nous les avons bel et bien rencontrées, mais, sur le moment, nous n’avons pas été vraiment sensibles à leur charme...

Après avoir rempli les formalités douanières un jour de gros marché, où Caraventure craignait de renverser les petites échoppes branlantes qui empiétaient sur la chaussée, nous avons enfin rejoint la campagne. Elle est verte, cette campagne, c’est ce qui frappe tout de suite. Les collines sont quadrillées de parcelles cultivées offrant au regard un camaïeu de verts crus, incroyables.

Cliquez pour voir. Cliquez pour voir. Tout frais sortis des déserts péruviens, nous avons immédiatement remarqué que l’eau ne manquait pas ici. Puis, tout en savourant le plaisir de rouler au milieu des bananeraies, nous nous sommes rendu compte que l’eau ruisselait de partout. Il avait dû pleuvoir abondamment car les bords de route s’effondraient. Très vite, ce premier jour, nous avons été bloqués par un bulldozer occupé à enlever la boue qui recouvrait la chaussée.

Des Equatoriens, heureux de rencontrer un camping-car français, nous préviennent : il faut faire très attention car les éboulements de terrain, les chutes de pierres sont fréquents. Il pleut sans arrêt depuis le mois de décembre. C’est « la faute à » El Nino, et les routes non entretenues souffrent. Michel aussi souffrira pour rouler entre les nids-de-poule pleins d’eau. Conduite en zigzag bien fatigante, parfois passage pour une seule voiture et Caraventure lancé à fond pour ne pas rester dans la boue. Pour couronner le tout, les Equatoriens ont une conduite suicidaire et doublent même dans les virages, en haut des côtes et dans le brouillard. Michel a choisi de suivre un camion qu’il appelle « camion pilote » qui nous protège de chocs éventuels.

Cliquez pour voir. Cliquez pour voir. La première étape à Cuenca (2 500 m d’altitude), classée au patrimoine mondial, nous a permis de visiter une jolie ville, avec des immeubles coloniaux colorés, mais aussi les boutiques où l’on fabrique le fameux « panama ».

Orages le jour, pluie la nuit, nous faisaient surveiller le niveau du Rio Tomebamba qui traverse la ville et qui nous semblait monter à vue d’œil. Et puis nos filles et les journaux nous apprennent les heurts à la frontière entre la Colombie et l’Equateur… Ça commençait fort !

Nous sommes partis, sous la pluie, pour rejoindre la plus belle fortification inca qui reste en Equateur, à Ingapirca. Un passage boueux infranchissable par Caraventure nous a fait faire un détour par une route guère meilleure, avec des côtes raides et boueuses, mais nous sommes passés.

Cliquez pour voir.Entre deux averses, nous avons visité ce site magnifique où l’on retrouve les fameuses pierres incas qui jointent à la perfection et qui ont parfaitement résisté à tous les tremblements de terre. Nous avons passé la nuit sur le parking détrempé du site, en choisissant avec soin un endroit d’où nous pourrions nous extirper le lendemain.

A Riobamba, ville étape suivante, nous nous sommes garés dans le parking d’un hôtel (porte en fer, cadenas comme au Pérou !). Le propriétaire nous fait lire un article du journal local, paru la veille, sur une famille française qui circule actuellement en Equateur en camping-car avec trois enfants. Et il décide d’obtenir la même chose pour nous et prévient le journaliste. Celui-ci ne venant pas, il nous entraîne au journal, mais personne n’est disponible pour nous recevoir.
Qu’à cela ne tienne, c’est la journée de la femme et la télévision locale interviewe dans la rue. Il nous présente à la journaliste qui, intéressée, nous donne rendez-vous pour le lendemain (elle ne viendra pas !). Avec toutes ces démarches, la matinée s’est écoulée mais, infatigable, il nous entraîne dans la salle du Conseil Régional où les femmes en costume traditionnel écoutent les beaux discours en leur honneur.
Cliquez pour voir.Puis il veut nous montrer aussi le musée de la ville et nous fait visiter en courant toutes les salles. Nous retrouvons enfin notre souffle et le remercions pour tout et partons, seuls cette fois, visiter… à nouveau le musée mais plus calmement et la ville qui a conservé de beaux monuments coloniaux.
Par contre, nous ne prendrons pas le petit train prisé par les touristes qui circule dans les belles vallées environnantes en raison de la météo.

Nous partons, plein d’espoir quand même, pour Banos, jolie ville de tous les plaisirs sportifs, rafting, balades en quad ou à cheval, saut à l’élastique, située au pied du volcan Tungurahua (5016 m), en activité.

La route directe pour Banos est fermée, en raison d’une précédente éruption volcanique cette fois-ci, alors nous faisons un détour et nous y arrivons enfin. Le volcan est dans les nuages.

Cliquez pour voir. Cliquez pour voir. Les plaisirs trop sportifs ne sont plus de notre âge, mais nous irons avec Caraventure admirer les nombreuses cascades qui dégringolent dans le torrent, dont l’une, appelée la 8e merveille du monde est loin de mériter quand même ce titre. Le circuit vaut la peine et nous atteignons une zone tropicale où les orchidées fleurissent au bord de la route.

Les fruits poussent partout dans ce pays et les petits vendeurs proposent des morceaux de mangues, de bananes, de pastèques dans des cornets. Nous achèterons des clémentines vendues par les producteurs au bord du chemin. C’est une belle journée. Il est même resté plusieurs heures sans pleuvoir.

Cliquez pour voir.Cliquez pour voir. Et puis direction Quito. Nous croisons en chemin un camping-car français déjà rencontré en Argentine et au Chili - hasard, hasard. Ils sont sur le retour et souffrent aussi de l’état des routes malgré leur 4 x 4. Ils viennent même de faire souder les longerons qui soutiennent la cellule de leur land rover et qui étaient en train de se sectionner ! Ils nous confirment que les routes s’améliorent vers Quito. Enfin une bonne nouvelle.

Depuis notre entrée en Equateur, nous sommes en négociation sur Internet avec une compagnie maritime pour faire passer Caraventure au Mexique sur un cargo. Nous avons facilement pris la décision d’éviter la Colombie, trop dangereuse. Cette négociation nous oblige à trouver des cyber-cafés, mais les liaisons Internet sont mauvaises et notre interlocuteur reçoit nos mails une fois sur deux. Tout ceci nous tracasse un peu mais la compagnie a déjà été utilisée par d’autres camping-caristes et nous sommes satisfaits d’avoir un interlocuteur sérieux. Cependant le prix a changé : c’est 4 000 dollars le passage. Pfffff, c’est un choc (double du prix du passage Anvers/Buenos Aires). Nous n’avons plus le temps d’aller voir ailleurs. Nous arrivons sans encombre à Quito (1,4 million d’habitants, 2850 m d’altitude). Nous qui avons toujours refusé de conduire à Paris, nous arrivons dans les capitales pied au plancher et circuit préparé. On nous a indiqué un parking pour la nuit, celui d’un grand centre commercial et nous y arrivons directement. C’est pratique, c’est gardé, il y a tous les commerces et c’est proche du vieux Quito. Notre satisfaction disparaît lorsque le gardien nous refuse le droit d’y passer la nuit. C’est interdit. Qu’à cela ne tienne, nous partons à la recherche du chef de la sécurité, qui nous comprend et qui nous accorde sans hésitation deux jours, ou plutôt deux nuits. Le bonheur ! Mais si, il y a eu des bons moments en Equateur ! Effectivement, à 20 heures, le parking se vide et nous restons tout seuls, tranquilles, sous les caméras de surveillance. A minuit, on frappe. C’est un gardien qui n’a pas reçu les consignes et qui nous demande à toute vitesse ce que nous faisons là. Très calmement, Michel répond que nous avons l’autorisation du « jefe » et que maintenant on aimerait bien se remettre au lit.

Cliquez pour voir.Cliquez pour voir. Le lendemain, visite de la vieille ville de Quito classée au patrimoine mondial : un régal, à tel point qu’on en oublie les averses. C’est une vieille ville coloniale, avec de jolies places, des arcades, de belles églises, des musées. Nous y passons la journée.
Il paraît qu’elle est entourée d’un cadre magnifique de montagnes et de volcans, mais nous ne verrons rien avec les nuages. Devant le palais présidentiel, nous apercevons un chef arabe passant dans une galerie, la garde présidentielle lui rendant les honneurs. Peut être vient-il pour le pétrole ? L’Equateur en produit et le prix à la pompe est étonnant : un dollar pour un gallon (3,8 litres). A ce prix, Caraventure peut s’en mettre plein les durites !

Un contact Internet avec la compagnie maritime nous arrête dans notre élan. Le bateau est prévu dans moins d’une semaine à Manta, le prochain n’étant programmé que dans un mois. C’est juste ce qu’il nous faut pour rejoindre cette ville, étant donné l’état des routes, et nous décidons, à regret, de quitter Quito dès le lendemain pour nous diriger vers l’ouest et vers les zones inondées, sans visiter le Nord du pays.

Nous mettrons péniblement trois jours pour faire 500 km dans une région infestée de moustiques, craignant à chaque instant d’avoir à rebrousser chemin.

Cliquez pour voir.Cliquez pour voir. A Manta, nous passons devant les bureaux de la compagnie pour repérer les lieux. Ils sont fermés le samedi, mais nous y trouvons par hasard notre contact. Super. Il faudra être lundi à 8 h 30 à la douane avec Caraventure. Facile. Par contre, le monsieur veut être payé uniquement en liquide, mauvaise nouvelle !
Samedi midi, les banques ferment. Les distributeurs ne veulent nous donner que 100 dollars US (c’est la monnaie équatorienne) à la fois et il nous en faut 4 000. Nous apprenons qu’une banque reste ouverte en ville et nous nous y précipitons en taxi. Refus de nous verser une telle somme. Le directeur ? Pas là le samedi. En désespoir de cause, nous prenons rang dans une longue file d’attente à un distributeur. Les gens ne sont pas discrets et s’observent les uns les autres sans gêne.
Quand notre tour arrive et qu’ils finissent par comprendre que nous sortons 100 + 100 + 100… les réflexions commencent à fuser. On entend « otra vez !», « otra vez !» repris en chœur. Nous réussissons à retirer un tiers de la somme et partons sous des applaudissements hostiles pour nous engouffrer dans un taxi et retrouver le calme de Caraventure.
Le lendemain, tôt le matin cette fois, Michel repartait jouer avec les distributeurs pour vérifier s’il pouvait encore gagner. C’était le cas. Ouf. Au lendemain du troisième jour, nous avions complété notre liasse. Re-ouf. Par ailleurs Caraventure était fin prêt pour son voyage de dix jours, sa cloison intérieure posée pour éviter les vols (on doit laisser les clés de contact), les vélos à l’intérieur.

Cliquez pour voir. Les formalités se sont déroulées sans problème majeur en 2 heures 30. Une bonne chose de faite. Abandonnant à regret Caraventure, nous partons, sacs sur le dos, en bus pour Guayaquil, tout heureux de nous faire transporter pour une fois. Mais c’est sans compter sur la façon de conduire des chauffeurs de cars : au klaxon, ils doublent quelles que soient les circonstances et jettent souvent leurs passagers sans prendre la peine de s’arrêter complètement. Bref, nous sommes malgré tout arrivés à Guayaquil sains et saufs, pour y prendre l’avion à destination de Mexico. Tout était réglé le soir-même pour un départ le lendemain. Une fois nos démarches terminées, nous avons pu observer, depuis notre hôtel, un orage tropical qui a lessivé la ville à grande eau.

Comme rien ne devait quand même se passer simplement en Equateur, la journée suivante fut folklorique. Notre vol, dérouté pour cause de brouillard, n’est pas arrivé à temps à Bogota pour que nous puissions attraper notre correspondance.

Cliquez pour voir.Cliquez pour voir. Nous apprendrons plus tard que le motif invoqué par le commandant de bord était erroné car il n’y avait jamais eu de brouillard le matin à Bogota. Nous n’avons pas cherché à comprendre les motifs de son mensonge. Toujours est-il qu’on a réussi, non sans mal, à nous remettre sur un autre vol. Mais nous qui voulions éviter la Colombie, nous avons dû passer les services d’immigration pour récupérer nos bagages et nous nous retrouvons avec un tampon d’entrée dans ce pays et un de sortie sur notre passeport ! Nous sommes finalement arrivés le soir à Mexico, avec nos bagages. Que demander de plus ?

La vie est un long fleuve tranquille... sauf en Equateur. Nous n’avons pas pu apprécier ce beau pays comme il le mérite en raison des dégâts causés par El Nino et nous le regrettons. On nous a souvent dit qu’en Amérique du Sud le climat change et qu’il n’y a plus que deux saisons (sèche et humide). La population vit vraiment dans des conditions difficiles et parfois dangereuses. Dans certaines régions, les maisons sont construites sur pilotis, ce qui doit limiter les dégâts, sauf pour les récoltes. A visiter donc en saison sèche!

Fuerte abrazo

Miguel et Genoveva


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