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Bulletin Mai 2008. 

Des nouvelles de Geneviève et Michel Casenave au Pérou.

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Geneviève Casenave.Michel Casenave. Le circuit que nous venons d’effectuer au Pérou n’est pas le circuit classique avec comme programme les sites de Cuzco, Machu Picchu, Titicaca. Nous avons visité ces lieux en 1973 alors qu’il y avait peu de touristes et nous en avons gardé des souvenirs merveilleux et très précis (un lever de soleil au Machu Picchu avec la brume qui monte de la vallée, tout seuls, par exemple). Nous ne voulions pas y retourner avec la foule actuelle des visiteurs. Alors nous avons choisi de suivre la Panaméricaine et de découvrir le Pérou désertique, 3000 km de côtes le long du Pacifique, où des sites pré-incaïques sont encore régulièrement mis à jour.

Cliquez pour voir. Nous avons fait nos premiers tours de roue en compagnie d’un autre camping-car français, conduit par Chantal et Jean-Loup du Croisic, que nous avions déjà rencontrés à San Pedro de Atacama. C’est aussi un plaisir du voyage.

Passage sans problème de la frontière mais cela nous a quand même pris 2 H 30 car de nombreux chiliens se précipitent le week-end au Pérou pour faire des achats dans la zone franche de la ville frontalière. Nous nous sommes arrêtés dans cette ville, Tacna, pour changer de l’argent. A peine étions nous garés que des enfants sont accourus pour « garder » nos véhicules, moyennant finance. Comme nous refusions, ils ont déclaré que, dans ce cas, les serrures allaient sauter ! Le ton était donné et le message bien compris. Les femmes ont donc gardé les camping-cars et les hommes sont partis faire les courses. Ensuite nous sommes restés sur nos gardes.

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La première ville étape a été Arequipa. Nous nous sommes installés dans un parking gardé, en plein centre ville, fermé la nuit par un grand portail surmonté de piques ! Ambiance, ambiance… Arequipa, la « ville blanche », superbe ville coloniale, est située au pied du Misti, beau volcan conique. Malgré les tremblements de terre successifs, il reste de magnifiques bâtiments coloniaux à visiter. Nous avions plaisir également à nous asseoir sur les bancs de la place d’Armes pour observer les Arequipenos qui s’y retrouvent nombreux, surveillés par la police qui donne sans arrêt des coups de sifflet... pour rien !

Des grèves d’agriculteurs étaient annoncées et nous sommes partis avant que les routes ne soient barrées. Nous apprendrons plus tard que, la police ayant tiré sur les manifestants, on déplorait quatre morts. Nous avons repris la Panaméricaine, seuls cette fois, à la découverte des déserts. Nous pensions nous lasser peut être de ces zones désertiques, mais il n’en a rien été, car les dunes de sable sont remplacées par endroit par de vastes zones de rochers, puis par des collines. Brusquement on traverse une oasis cultivée, terriblement verte, puis la route grimpe le long de falaises. Pas d’ennui possible. Les bords de mer ne sont pratiquement jamais construits et les oiseaux sont plus nombreux que les baigneurs. Il est vrai que le courant de Humboldt vient refroidir les eaux et provoque le long des côtes un nuage de brume peu agréable. C’est ce courant qui est responsable de l’aridité des lieux. Le Nino, lui, apporte la pluie et parfois de graves inondations, comme juste avant notre passage à Tumbes.

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A Nazca, nous avons pris un petit avion pour survoler ces lignes toujours mystérieuses dont on suppose maintenant qu’elles étaient liées au culte de l’eau à travers des rites de fertilité. Un peu difficile, ce survol dans un petit avion de 5 places. Le pilote prenait des virages serrés pour que les passagers de droite voient le dessin en dessous et basculait immédiatement en sens inverse pour que ceux de gauche puissent également prendre des photos. Les deux passagères installées à l’arrière, très gaies avant le départ, sont rapidement devenues muettes. La chaleur aidant, nous étions bien rassurés d’avoir chacun notre sac plastique à portée de la main et malgré la magie du site, tout le monde était très heureux de retrouver la terre ferme, au bout d’une petite demi heure de vol, pour remettre son estomac à la bonne place...

Notre remontée vers le nord s’est révélée une très bonne façon d’aborder les sites pré-incaïques. Ils deviennent en effet de plus en plus époustouflants, mieux conservés ou plus importants au fur et à mesure que l’on avance vers le nord. Ces forteresses ou temples sont en adobe et ont résisté plus ou moins bien aux tremblements de terre ou aux pluies diluviennes.

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Passage obligé par Lima dont les somptueux musées contiennent de nombreux objets retrouvés dans les sites ou les tombes.

Cliquez pour voir. Le site de Chavin se trouve dans la cordillère blanche et nous avons, à nouveau, dû nous transporter à 4000 m d’altitude, directement du bord de mer, en l’espace de 120 km. Pas d’adaptation possible cette fois-ci et Geneviève s’est fait des infusions de feuilles de coca. C’est berk, mais efficace ! Il fallait bien cela pour voir la statue du dieu encore conservée à sa place, à l’intérieur du temple, une colonne en contact avec les trois mondes, celui sous la terre, celui des vivants et le ciel... La région regroupe de nombreux sommets à plus de 6000 m, mais presque tous dans les nuages à notre passage : nous sommes en saison des pluies.

Cliquez pour voir.Ensuite nous avons eu la chance de visiter des sites en compagnie de l’archéologue responsable. Sa femme vendait des boissons l’entrée de celui de Sechin et Michel, en rapportant une bouteille consignée, s’est retrouvé propulsé dans le jardin du conservateur, en train de discuter de l’homme andin !
Le lendemain, ce charmant spécialiste nous accompagnait dans Caraventure pour une visite privée de deux autres sites des environs, Punukuri et Panamarca, nous expliquant comment les hommes pré-incaïques essayaient de vivre en harmonie avec la montagne, le ciel, la mer, en respectant cette nature, vivante pour eux, quitte à lui sacrifier des vies humaines.

Plus au nord, les sites étonnent par leur taille ou par la parfaite conservation de fresques colorées, temple du soleil ou temple de la lune.
Cliquez pour voir. Cliquez pour voir. Malheureusement les sépultures de dignitaires ont toutes été pillées sauf une dont la découverte récente, en 1986 à Sipan, a été comparée à celle de Toutankhamon. Un musée très moderne, ouvert en 2002, présente l’histoire de la découverte et les objets magnifiquement restaurés. Ce « seigneur de Sipan » avait été placé dans sa tombe en costume d’apparat avec bijoux en or, en même temps que sa femme, trois jeunes filles, un petit garçon, un prêtre, un garde, un soldat, trois lamas et un chien. C’est quand même faire payer cher à son entourage son passage vers l’éternité ! Mais quel régal pour les archéologues et les visiteurs.
Toutes ces visites se sont faites sous une température de plus de 30° avec souvent 38° dans Caraventure, désert oblige. C’est pénible dans la journée mais nous arrivions quand même à trouver le sommeil la nuit car une fraîcheur relative revenait.

Caraventure a supporté tout cela bravement, mais il nous a fait une petite fantaisie à Lima. Passant au garage Mercedes pour décrire un « petit bruit », nous nous sommes retrouvés un quart d’heure plus tard, avec nos sacs à dos, dans un taxi, à la recherche d’un hôtel pour deux jours, et Caraventure aux mains des mécaniciens. Pas possible de dormir dans le garage, sécurité oblige. D’ailleurs Michel a dû porter un badge pendant notre court passage, sous haute surveillance. Mais nous devons avouer que nous avons apprécié de dormir dans un grand lit, avec douche à volonté, programme TV5 Monde à la télévision en français… Caraventure n’a pas dû s’ennuyer non plus au milieu des poids lourds dans cet immense garage. On lui a refait une barre de direction. Nous avons payé une bonne grosse facture et sommes repartis, trois jours plus tard... avec le même bruit ! Pas de nouveaux pneus à l’horizon non plus et ce n’est pas faute de chercher. Mais nous avons obtenu des conseils de spécialistes avisés de France grâce aux amis et nous n’achèterons pas n’importe quoi. On nous dit aussi que l’on devrait trouver ce que l’on veut au Mexique. Alors à suivre...

Finalement, ce pays, où tout le monde se barricade derrière des grilles avec des cadenas, ne nous a pas inquiétés. Nous ne nous sommes jamais sentis en danger, bien au contraire, et les péruviens sont de contact agréable. La police, omniprésente, est assez débonnaire avec nous en général. Michel a même été obligé de sacrifier deux cannettes de bière fraîche pour déloger deux policiers qui prolongeaient un peu trop la visite de Caraventure. Mais ils ont quand même essayé par deux fois de nous mettre un procès verbal, justifié à la rigueur, sauf si l’on considère la façon folklorique de conduire des Péruviens. Dans ces cas là, Michel perd brutalement son espagnol, va même jusqu’à ignorer le sens du mot « velocidad » et le policier finit par abandonner. Le prochain ripoux n’a qu’à bien se tenir car maintenant nous sommes au point : nous avons le téléphone de la police des touristes, celui de l’ambassade, nous savons qu’il faut refuser de payer directement mais le faire dans une banque, nous ne montrons jamais dans la voiture des policiers, quitte à aller à pied au commissariat et nous irons jusqu’à les prendre en photo si nécessaire, en réclamant leurs coordonnées. Mais il faut avouer que nous avons quand même été responsables d’une « bavure ». Michel, croyant reconnaître les policiers à qui il avait donné ses cannettes de bière, est passé fièrement devant eux en leur faisant un grand bonjour de la main, alors que, réflexion faite, ceux là nous faisaient bel et bien signe de nous arrêter. On les a vus, dans nos rétroviseurs, commencer un demi-tour et puis rien. Ouf, mais on en rit encore !

Juste avant de quitter le pays, nous avons fait une halte au bord d’une plage où des surfeurs s’amusaient avec les rouleaux. Nous avons pris un bain dans une eau incroyablement chaude, heureux de cette aubaine. Nous l’avons bien regretté ensuite, car, après la douche, nous avons subi une crise de démangeaison aigue et avons juré, mais un peu tard, qu’on ne nous y reprendrait plus !

Passage folklorique de la frontière vers l’Equateur, un jour de marché, les bureaux de douane et de police à peine visibles au milieu des étalages de marchandises dans des rues pour le moins encombrées. Imaginez un passage de frontière au milieu du marché d’Antony le dimanche, et bien, c’était pire !

Cliquez pour voir. Petite cerise sur le gâteau avant de quitter ce pays si attachant, nous avons vu, sur une jetée, dans un petit port, des « fous aux pattes bleues » surveillant de près le retour des pêcheurs avec leurs cargaisons de poissons. Ces oiseaux sont une des attractions des îles Galapagos, mais nous avons pu les approcher par chance au Pérou. Le contraste entre le bleu électrique de leur bec et pattes palmées, et le gris terne de leurs plumes est un peu comique et nous en avons souri, nous, pauvres européens, qui avons encore tant de choses à apprendre !

Et nous aurions encore tant de choses à dire, mais nous ne voulons pas abuser de votre patience et de votre temps. Merci encore de votre lecture attentive et de vos messages encourageants. C’est aussi un des plaisirs du voyage !

Prochain épisode en Equateur avant notre passage pour le Mexique, en bateau pour Caraventure et en avion pour nous.

A bientôt donc, Fuerte abrazo,j
Miguel et Genoveva


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