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Bulletin Avril 2008. 

Nos voyageurs au Chili

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Geneviève Casenave.Michel Casenave. CELUI DE GENEVIEVE ET MICHEL CASENAVE

Nous venons de passer près d’un mois au Chili, pays qui offre, comme l’Argentine, une grande diversité de paysages et de cli-mats étant donné sa forme longiligne (4300 km de long) entre le Pacifique et les Andes.
Nous avons franchi la frontière vers le Sud, entre Villa La Angostura (Argentine) et Osorno (Chili), passant des lupins argen-tins aux digitales et marguerites chiliennes ; le changement de versant de la cordillère est en effet immédiatement perceptible, plus de neige sur les montagnes, sauf sur les volcans.

Cliquez pour voir. Et des volcans il y en a : 150 volcans actifs soit 10% du total de la planète. Les tremblements de terre sont monnaie courante et les évacuations pour tsunamis bien indiquées le long des côtes. Nous avons voulu faire l’ascension du volcan Villarrica, attirés par son cône parfait, brillant sous le soleil et la facilité de l’ascension, mais le lendemain la météo était mauvaise et l’excursion fut annulée alors que nous étions déjà sur place tout équipés.

Nous sommes remontés au nord, pour voir le volcan LLaima qui venait de se réveiller une semaine auparavant, mais là encore, il était dans les nuages. Nous avons appris par la presse qu’au cours de son éruption il avait fait fondre brutalement la neige le recouvrant et détruit à jamais ses glaciers. Il s’en était suivi une coulée de boue et la contamination des rivières proches. Ce n’est pas rien, mais une petite fille habitant au pied de ce volcan nous a garanti, en toute sincérité, qu’il n’y avait aucun danger à vivre là…

Alors nous avons repris la direction du nord délaissant à regret l’île de Chiloé en raison du nombre de kilomètres (nous entendons déjà les hurlements des connaisseurs…).
La panaméricaine est une route goudronnée très moderne : autoroute à deux voies, stations service « Copec » avec salle de restaurant, chambres d’hôtel, douches et wifi. Le revers de la médaille ce sont les péages 4 fois par jour, l’essence aussi chère qu’en France et tout le reste suit. Le niveau de vie des chiliens est nettement plus élevé que celui des Argentins, tant mieux pour eux.

Cliquez pour voir. Nous avons donc abandonné les campings trop chers à notre goût pour des bivouacs « libres » en privilégiant d’abord la sécurité, mais en essayant d’y ajouter une belle vue. Ainsi nous avons passé de belles soirées à Puerto Octay près du lac Lanquihue, au bord du lac Todos Los Santos à Petrohué, à Pucon près du lac Villarrica, à Portillo (la fameuse station de ski bien calme en été), au bord de la mer à Zapallar, La Serena, Antofagasta et Arica.
Au mois de janvier les Chiliens sont en vacances et les plages ressemblent à la côte d’Azur au mois d’août en France. Pour trouver une place, il faut attendre qu’ils aient quitté la plage vers 20 h 30, mais ceux qui campent sur place écoutent la musique à « fond » toute la nuit parfois !

- Et nous irons à Valparaiso,
- Hardi les gars, Vire au Guindeau…

C’est ce que nous chantions à tue tête dans Caraventure avant d’arriver dans cette ville. C’est en effet aux courageux marins qui passaient le cap Horn et péchaient le cachalot que nous pensions.
Mais tout à changé et les collines qu’ils ont du voir sont maintenant recouvertes de ces fameuses maisons aux couleurs vives qui en font le charme.

La ville (275 000 ha) est classée au patrimoine mondial de l’Unesco et nous avons emprunté comme tous les touristes les célèbres funiculaires pour visiter les quartiers pittoresques. Nous avons été conquis par le charme de ce port au long passé dans lequel Pablo Neruda avait fait construire une maison avec vue à 360° sur les collines et le Pacifique. C’est la ville la plus originale et la plus attachante que nous ayons visitée depuis notre départ et c’est là que nous avons vu nos premiers pélicans et admiré leur façon de plonger verticalement, se laissant tomber comme une pierre, lorsqu’ils ont repéré un poisson.

Cliquez pour voir. Après les lacs et le Pacifique, les déserts. Le nord du Chili ayant été recouvert il y a 60 millions d’années par l’océan, est aujourd’hui dominé par les déserts et les salars, comme celui d’Atacama, le plus aride du monde. On y accède par des routes goudronnées bordées de morceaux de pneus et de quelques camions calcinés. Pas très rassurant au début, mais on s’habitue rapidement ! Caraventure s’est bien sorti des 21 km de montée ininterrompue avant d’arriver à San Certaines régions n’ont jamais connu la pluie précise notre guide. En tout cas, nous, nous avons reçu des trombes d’eau un soir à San Pedro d’Atacama. C’est normal pendant « l’hiver bolivien » en janvier et février (à éviter pour ceux qui veulent venir faire des treks, n’est ce pas Vincent).

Nous avons été très amusés en observant un petit garçon sauter à pied joint, en tournant comme une toupie, dans une belle flaque d’eau rouge (c’est la couleur de la terre là bas), tout heureux de cette pluie inhabituelle comme chez nous les enfants à l’arrivée de la neige. Nous n’avons pas trouvé d’avis concordant sur l’état des routes, sujet délicat donnant des réponses opposées, alors nous avons choisi des agences pour visiter les geysers du Tatio (moins beaux à cette saison) le salar d’Atacama et la lagune Miscanti sous la protection majestueuse du volcan Licancabur (5916 m).
Les flamants roses se comptaient sur les doigts d’une main à cette saison. Mais la vallée de la Lune a racheté tout cela. C’est un ensemble de paysages de science fiction, ocre, qui donnent l’impression d’être arrivé sur une autre planète. On peut voir des dunes, des arêtes, des roches en forme de colonne, des espaces recouverts de sel qui font penser à une première neige.
Cliquez pour voir. Les touristes viennent pour attendre le coucher de soleil, ce que nous avons fait, mais ayant dormi près du site, nous avons aussi pu y observer le lever de soleil en compagnie d’un couple de français du Croisic, également en camping-car, tout en buvant une tasse de thé : on ne se refuse rien.
Au nord du Chili les vestiges des civilisations précolombiennes ont été préservés grâce au climat sec. Les Chinchorros momifiaient déjà leurs morts quelque 2000 ans avant les Egyptiens. Les Incas envahirent une partie du Chili, mais les populations possédaient déjà une culture avancée et leur influence n’a pas été forte. Nous avons visité des musées locaux présentant des expositions très intéressantes de superbes poteries et objets usuels, tissages d’une grande finesse aux couleurs parfaitement conservées, momies etc. Les Incas, eux, faisaient des sacrifices humains pour calmer les volcans après de grands cataclysmes et on a retrouvé des corps d’enfants sacrifiés dans le cratère du Licancabur, à presque 6000 m.

Avant de quitter définitivement le Chili, nous avons fait un beau détour au nord, vers Putre et le parc Lauca.
En l’espace de 200 km, on passe du niveau de la mer à 4500 m d’altitude. Alors nous avons fait cela par étape : une nuit à 3000 m ; deux nuits à 3500 et une à 4500 au bord du beau lac Chungara bordé par le volcan Parinacota (6330 m). Malgré une nuit un peu difficile pour Geneviève dont la tête voulait exploser (elle aurait dû mâcher des feuilles de coca), le lever de soleil rouge grenat sur ce lac où se chamaillaient déjà des foulques géantes, restera aussi un superbe souvenir.

Et quel bonheur d’entendre Caraventure démarrer au quart de tour malgré l’altitude et la température à zéro degré. Il vient de faire 22 000 km sans soupirer, mais Michel lui ouvre le capot tous les matins pour s’assurer qu’il ne manque de rien. Lors de la dernière révision Mercedès à Chillan, on lui a trouvé un pneu fendu.
On lui a remis la chaussure toute neuve que nous avions. Mais pour remplacer celle-ci, c’est toute une histoire pour trouver la même référence, bien que les marchands de pneus soient prêts à nous vendre l’équivalent mais « un peu moins large », « un peu moins haut », ou « presque pareil ». Nous espérons trouver au Pérou. C’est une délicate affaire dont nous ne manquerons pas de vous transmettre les rebondissements.

Cliquez pour voir. En voulant, à Arica, faire ressouder la plaque qui supporte la batterie mise à mal par les secousses des routes en terre, nous sommes allés chez un petit garagiste qui, ne pouvant pas faire la réparation, nous a guidé avec sa voiture chez un autre garagiste sans accepter de dédommagement.
Nous offrons dans ces occasions, de petites tour Eiffel en porte clé qui font toujours plaisir, d’autant qu’ici Gustave Eiffel a réalisé une superbe cathédrale entièrement en fer moulé peint (seul le portail est en bois) ainsi qu’un bâtiment destiné à la douane autrefois, transformé maintenant en Maison de la culture… Ils en sont très fiers et nous « tambièn ».

Nous vous faisons parvenir ces dernières nouvelles depuis le Pérou où nous sommes arrivés depuis le 4 février dernier. Nous remontons la côte pacifique en suivant la panaméricaine. A nous Nazca, Lima… mais ceci est une autre histoire !

Nous sommes toujours très touchés par votre suivi attentif et amical, et par vos messages chaleureux. Nous sommes très heureux de partager ce voyage avec vous. Alors à bientôt pour la suite des aventures de « Michel et Geneviève et le temple du soleil » !

Miguel et Genova


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