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Camping-Cars sur les Routes de la Soie et du Monde.

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Bulletin Février 2008. 

Geneviève et Michel Casenave en Patagonie.

Balade au gré de la Ruta 40.

La Ruta 40 est un très bon guide pour faire apprécier la diversité des paysages patagoniens : certains jours, elle nous a conduit vers l’ouest et nous avons eu, devant les yeux, les sommets enneigés de la Cordillère. Cliquez pour voir.Ainsi pour la région des lacs, avec ses chalets (et ses chocolats, grâce aux Suisses qui sont venus s’y installer avec leur savoir faire). D’autres jours elle nous a conduit vers l’est et nous avons traversé des zones désertiques, de larges vallées, bordées de collines recouvertes de basalte. On imaginait facilement combien elles constituaient des postes d’observation privilégiés pour les indiens, rien de ce qui bougeait ne pouvant leur échapper. Cliquez pour voir.Nous y avons traqué le guanaco, le nandou, le tatou (pour la photo uniquement). Un soir, après une longue journée de tôle ondulée, nous nous sommes arrêtés dans un hameau d’une quinzaine de maisons et avons suivi la pancarte « camping ». Au premier abord, nous aurions plutôt qualifié le lieu de dépotoir. Mais il était tard. Renseignements pris, il y avait l’eau chaude, l’électricité, Internet et pizza à volonté, ce qui était très intéressant ! Nous nous sommes installés sans plus attendre. Cliquez pour voir.Le cabanon « salle de bains » tenait debout de façon approximative avec une porte qui jointait mal, nous faisant prendre une douche au vent de Patagonie ! Cliquez pour voir.Mario, le propriétaire, gaucho par ailleurs dans son hacienda touristique de la région des lacs, de lointaine origine française, nous a reçu les bras ouverts, apportant une bière avec la pizza, nous montrant les photos de sa famille et son petit « musée » : des flèches et pointes de lances indiennes, fruits de ses recherches personnelles. Comme quoi, la première impression n’est pas toujours la bonne ! Ce havre de paix se trouve à Bajo Caracoles, mais attention, l’autre camping est encore plus désastreux.

Cliquez pour voir. Il faut aussi savoir la quitter de temps à autre, cette Ruta 40, surtout quand il s’agit d’aller voir le Fitz Roy (3405m). Nous avons séjourné trois jours à El Chalten, petit « Chamonix des Andes », peuplé de randonneurs et de trekkeurs venus du monde entier. Nous avons passé notre temps le nez en l’air à regarder le sommet le matin dans la brume, puis sous le soleil, puis entouré de son petit nuage qui lui avait valu le nom de « montagne fumante » par les Indiens, le soir avec le soleil couchant qui lui donne une belle couleur orange. Geneviève a fêté dans ce cadre majestueux ses 60 ans, elle n’a même pas senti passer le changement de dizaine !

Cliquez pour voir. C’est Lionel Terray qui a fait en premier l’ascension du Fitz Roy en 1952. Cocorico ! De plus ce sommet est entouré d’aiguilles qui portent entre autres les noms de Saint Exupéry et Guillaumet. Cliquez pour voir.Impossible en effet de ne pas penser aux pilotes de la Postale lorsque l’on est au pied de la cordillère. La lecture des récits de leurs exploits force naturellement l’admiration, mais lorsque l’on est sur place, devant ce massif hérissé d’aiguilles redoutables, on est encore plus impressionné par le courage de ces hommes exceptionnels. Nous avons appris que le berger qui avait découvert Guillaumet après qu’il eut franchi à pied cinq cols (« ce que j’ai fait, aucune bête ne l’aurait fait ») est toujours vivant. Il habite à Mendoza, a plus de 90 ans et a reçu la Légion d’Honneur des mains de Jacques Chirac en 2001. Il était temps.

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Et puis la Ruta 40 nous a conduit au parc des glaciers, avec le célèbre Perito Moreno. Des aménagements pour les touristes permettent d’admirer de très près ce spectacle inhabituel pour nous d’un glacier aux reflets bleus qui laisse entendre de sourds craquements et qui libère de temps à autre de gros blocs de glace qui s’enfoncent avec lenteur dans le lac, provoquant ensuite une énorme gerbe d’eau.

Nous avons retrouvé là-bas la famille Taber qui avait fait la traversée avec nous sur le cargo ! Inutile de préciser le plaisir que nous avions à nous revoir. Nous avions tant de choses à nous dire que la conversation, commencée le matin sur place, ne s’est terminée que le soir, dans Caraventure, autour d’un pastis (il en reste encore) et d’un pisco sour ! Nous espérons bien les retrouver sur la route du Pérou ou de l’Equateur.
Pour revenir à Caraventure : tout au long de la Ruta 40, il a été bien courageux. Il vient de fêter ses 12 000 km en Amérique du sud. Il démarre toujours au quart de tour, mais il a été plus gourmand en huile et en diesel, Cliquez pour voir.a perdu quelques vis, déclenche son alarme de façon incongrue, laisse entrer la poussière, a un peu usé ses beaux pneus neufs sur le « ripio » (cailloux, graviers, galets) mais a trouvé qu’à côté de la Bolivie, c’était de la gnognotte ! Il a perdu un peu de sa bonne mine, car le vent patagonien a déchiré la bâche qui protégeait les vélos et celle du pneu de secours sur le toit et le recouvre constamment de poussière. De plus il a été un peu vexé de se faire doubler par un rallye de 2 CV venues de France pour s’éclater sur les routes patagoniennes. Cela représente 40 petits bolides qui roulent à 120 km/h, très à l’aise quelque soit le terrain. Un des mécaniciens du groupe lui a quand même dit qu’il avait un moteur inusable et cela lui a mis du baume au coeur.

En route vers La Terre de feu.

Pour atteindre « le bout du monde » par la route, il faut passer par le Chili. Plus on approche de la frontière, et plus les prix grimpent ; c’est d’autant plus désagréable qu’un distributeur automatique de billets nous a généreusement donné un faux billet de 100 pesos – « No es correcto » venant d’une banque ! L’heure d’Internet dans les cybers est multipliée par 10, l’entrée dans les parcs nationaux est trois fois plus chère pour les étrangers, les stations services (qui proposent du super, du gazole mais aussi du « kérosène » ( ? et du « fangio ») ont même parfois des pompes réservées aux étrangers avec un prix au litre qui est doublé. Il s’agit paraît-il de dissuader les Chiliens de passer la frontière uniquement pour faire le plein dans un pays où l’essence est moins chère, mais tous les étrangers en subissent l’effet et cela met de mauvaise humeur…

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L’entrée au Chili à Puerto Natales correspond à l’entrée dans un nouveau monde bien que ce soit toujours la Patagonie : la région s’appelle Ultima Esperanza, (dernier espoir…), le ciel est plombé, la lumière est blanche, les montagnes sont sombres, des nuées se déversent sur certains sommets alors qu’un rayon de soleil arrive à se faufiler pour en éclairer d’autres, les quatre saisons défilent dans une même journée, tandis que des cygnes à col noir barbotent indifférents sur les rives du fjord. Une douzaine de condors planaient au dessus de nous à notre arrivée… Magnifique ! Nous sommes maintenant dans l’Austral, et c’est aussi une marque de bière !
Mais c’était aussi pour nous le moment attendu de nous rendre dans le parc de Torres del Paine, le plus beau parc d’Amérique du Sud, dont les sommets illustrent la couverture de la plupart des guides et livres du monde entier sur la Patagonie. Paradis des trekkeurs qui font le fameux circuit W en 5 ou 7 jours. Nous y sommes restés presque une semaine pour voir là aussi les montagnes sous toutes leurs faces, le glacier le plus grand du monde (après l’Arctique et l’Antarctique). On rencontre partout des troupeaux de guanacos (eux pas cracher !), des oies, des flamants roses, des condors, des renards et même un chat sauvage. Les lacs turquoise ou émeraude sont nombreux avec des cascades et des chutes mais on peut se promener aussi au bord de rios tranquilles. Nous avons eu du soleil, de la pluie, et une journée de vent très violent qui nous faisait reculer et nous a obligé à trouver la nuit un abri pour Caraventure. Les photos prises ce jour là étaient presque toutes floues !

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Dernière étape importante avant d’atteindre Ushuaia, il faut traverser le détroit de Magellan. Là aussi nous avons pris notre temps. Dès l’école primaire on nous a parlé de ce fameux détroit et du non moins fameux Magellan, ici « Magallanes » qui l’a découvert en 1520. Nous avons marché au bord de l’eau pour essayer de mieux voir ce qu’ils ont du apercevoir il y a presque 500 ans. Puis nous l’avons traversé à bord d’un ferry dans sa petite largeur (3 km) et le vent soufflait tellement que Caraventure et quelques passagers se sont fait mouiller.

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Et maintenant nous sommes à Ushuaia ! C’est beaucoup plus verdoyant que nous ne pensions et très boisé. Arrivés avec le soleil et le vent, nous avons déjà connu la pluie. Mais aujourd’hui nous avons profité d’une journée vraiment estivale pour naviguer sur le canal Beagle. Nous restons quelques jours pour visiter le Parc de la Terre de Feu avant de remonter vers la péninsule de Valdès, avec des routes goudronnées, un climat plus clément et des mammifères marins qui se laissent approcher.
Geneviève Casenave.Michel Casenave. Nous vous souhaitons de très belles fêtes et nous vous demandons de nous pardonner de ne pas vous écrire à tous individuellement, mais les liaisons Internet au bout du monde dépendent du vent, c’est ce qu’on nous a dit ! et sont trèèès lentes. Mais soyez assurés que nous avons sincèrement une pensée pour chacun d’entre vous. Que la nouvelle année vous apporte santé, bonheur et réussite, c’est ce que nous souhaitons de tout cœur. Votre suivi amical nous est d’un grand soutien. Un abraso por todos Geneviève et Michel

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