Camping-Cars sur les Routes de la Soie et du Monde.

Voyage en Syrie :N'ayant pas trouvé de candidat pour un tour de Méditerranée en sept. 2007, nous partirons début septembre pour un voyage en Syrie et Jordanie via la Turquie... seuls au besoin, mais nous accepterions d'être accompagnés par des équipages intéressés. Nous contacter sur yahoo ou blot_armchris@hotmail.com
Les trois équipages Denis, Gastaud et Peyrin se retrouvent à Gatineau près d'OTTAWA. C'est le printemps, les bosquets de lilas sont énormes et embaument, les maisons sont pimpantes et fleuries, ceintes d'un gazon impeccable, aucune barrière.
L'Ontario est immense et varié, de la baie d'Hudson aux douces rives des Grands Lacs. Toute la population est concentrée au Sud, bien que le climat y soit rude, glacial en hiver, torride en été. Nous visitons la belle ville d'Ottawa qui semble avoir poussé au milieu de parcs immenses. Si vous ne devez visiter qu'un seul musée au Canada, ce sera celui "des civilisations" à Ottawa. Il y a tout des origines à nos jours. Nous dépassons Toronto, trop grande pour nous et filons vers Niagara. Au passage nous sommes surpris de traverser de beaux vignobles taillés en hauteur comme en Italie.

Les chutes sont spectaculaires, d'autant plus qu'elles sont en pleine ville. Nous ferons, bien sûr, la balade en bateau et passerons même côté américain. C'est très beau mais rien à voir avec la sauvage beauté et l'immensité des chutes d'Iguazu.
On reprend la route et nous nous trouvons bientôt dans l'étrange pays des Mennonites. C'est une communauté biblique très croyante fondée par Menno Simon. Ils sont habillés à l'ancienne. Les femmes portent un bonnet blanc sur un chignon bien tiré et une longue jupe noire. C'est la fête à St. Jacob, ils chantent dans les rues ou proposent leurs produits bio. Ils se déplacent en calèches, vivent en autarcie ce qui ne les empêche pas d'avoir de belles fermes cossues avec tout l'équipement moderne.
Dans cette région nous traversons plusieurs ponts couverts en bois, aujourd'hui monuments historiques. Autrefois ils servaient de refuge aux amoureux qui venaient se mettre à l'abri du froid et des regards indiscrets.
Le dimanche, près d'un de ces ponts nous assistons au passage des Mennonites en calèches, en route pour l'office. Ils sont endimanchés, les hommes tous barbus portent chapeau noir, chemise blanche et veston, les femmes ont troqué le bonnet contre un chapeau style Armée du Salut. Les enfants sont raides, personne ne sourit, ils n'ont pas l'air gai !
Autre ambiance à Sainte-Marie des Hurons. Ici on parle français, nous visitons un village musée : reconstitution d'un fort-mission crée au 17e siècle par des Jésuites. Les Hurons, alliés des Français, se convertirent. Le village prospéra avec école et hôpital jusqu'à l'attaque des Iroquois, alliés des Anglais. La mission fut détruite et la communauté se réfugia à Québec.
Après le Parc Algonquin, direction plein ouest, droit sur les Rocheuses. Après Thunder-Bay, nous avons parfois du mal à trouver un coin pour la nuit, il nous est arrivé d'aller demander asile dans une ferme et d'être reçus très amicalement.
Nous passons au Manitoba, capitale Winipeg. C'est le centre du Canada ou même le début de l'Ouest. C'est la fin des forêts et le commencement des grandes plaines à blé. Nous croisons d'énormes "trucks" de grumes, éblouissants de chromes. Ils ont jusqu'à 9 trains de pneus de chaque côté ! Peu de voitures, quelques énormes camping-cars avec extensions latérales et voiture tractée à l'arrière. A côté d'eux nous avons l'air de puces.
Nous abordons le Saskatchewan. 8 heures de décalage avec Paris. Il fait très chaud, nous sommes dans les Grandes-Prairies. La route s'étire à l'infini devant nous : on a le temps d'admirer le ballet des nuages sur la houle des blés. Les fermes sont éloignées les une des autres de 30 à 40 km. Cet isolement qui peut devenir pesant, c'est ce que les gens du pays appellent la "Western Alienation". De loin en loin une gare, quelques maisons, une station d'essence avec épicerie-restaurant, et bien sûr, les énormes silos, emblèmes de la province, seuls points hauts sur l'horizon et qui remplacent ici les cathédrales des vieux pays. Le train parallèle à la route est omniprésent, les convois nombreux et longs, jusqu'à 100 wagons, les passages à niveau ne sont pas gardés, mais le train klaxonne comme un forcené plusieurs km avant, on ne peut pas y échapper, surtout la nuit.
Après Régina, nous obliquons vers le Nord pour nous rendre sur le site historique de Batoche. Il y a là un musée, un village reconstitué qui met en scène la douloureuse épopée des "Métis".
A quelques km de Batoche, nous allons découvrir un surprenant petit village : St-Isidore de Bellevue, dit Bellevue. Ici on est d'origine française à 95 %, tous un peu cousins d'ailleurs et très fiers d'être francophones.
Bellevue, c'est aussi la capitale du "pois jaune", parent de notre pois cassé, qui servait et sert encore à préparer "la soupe aux pois canadienne française", célèbre dans tout le pays. Vous pourrez voir à l'entrée du village un pied de pois sculpté de 10 m de haut !
A 17 heures, nous sommes invités au Centre Culturel à déguster le repas traditionnel du pays. On commence par la fameuse soupe aux pois et au lard dans laquelle la cuillère tient droite, puis vient la "poutine", le mot serait une déformation de "pudding". Il s'agit de frites molles baignant dans une sauce tomate épaisse et grasse. Suit une tourte à la viande dans laquelle il faut verser une bonne rasade de sirop d'érable. On finit avec un gâteau au chocolat lui aussi gorgé de sirop et, pour faire passer le tout, des tasses de café au lait ! Ce soir-là, c'est très alourdis que nous avons rejoint nos fourgons au camping municipal qu'on avait ouvert pour nous.
Le lendemain, nous visitons un ranch où on élève des bisons, appelés ici buffalos, des caribous, des orignaux et toutes sortes de volailles. Nous repartons avec une belle tranche de bison que nous ferons griller (tous les campings sont équipés de tables, bancs et foyers).
Nous avons l'occasion de revenir à Bellevue puisque c'est à quelques km de là que l'équipage Denis eut des ennuis de moteur. En attendant qu'ils puissent reprendre la route, nous faisons une incursion plein nord jusqu'à La Ronge en territoire indien, et en pleine forêt boréale. L'atmosphère de la ville est étrange. Les deux communautés, indienne et "blanche" semblent s'ignorer complètement. Ici, les lacs sont tellement nombreux qu'on se déplace en hydravion et il n'est pas rare de voir les maisons au bord des lacs avec leurs petits hydravions personnels.
Nous reprenons notre itinéraire vers l'Ouest. Nous abordons l'Alberta, capitale Edmonton, la province la plus riche du Canada grâce au pétrole qui rapporte plus que le blé ou les vaches.
Nous descendons vers le sud pour traverser les Rocheuses sur toute leur longueur. Les paysages deviennent verts et vallonnés, bientôt nous arrivons dans un cadre alpin avec les sommets enneigés à l'horizon.
Les Rocheuses comprennent plusieurs parcs. Les plus beaux sont ceux de Banf et Jasper. C'est très touristique mais quand même éblouissant de beauté : lacs émeraude, cascades jaillissantes, torrents fougueux, pics déchiquetés et glaciers énormes mais qui reculent à grande vitesse. Nous voyons aussi des animaux en liberté, ours, orignaux, toutes sortes d'oiseaux et Robert nous pêche ses premières ombles-chevaliers.
Après les Rocheuses, nous remontons la Colombie Britannique en direction du Yukon. Pour moi c'est une des plus belles parties du voyage. Nous allons à Skagway, Whitehorse, Dawson-city, tous ces noms qui nous ont fait rêver quand nous lisions Jack London. Nous suivons les traces de ces courageux pionniers et chercheurs d'or dont l'esprit flotte encore dans les cités et les grands espaces. Si vous aimez les vastes étendues, la nature intacte, la solitude et la vie rude, c'est là qu'il faut aller...