Camping-Cars sur les Routes de la Soie et du Monde.

(Suite du numéro 148)
André et Francine Helmbacher
Le groupe 2 : Hagneré Régis et Bernadette, Helmbacher André et Francine, Villiez Roger et Andrée Arend, Rabache Michel et Thérése et Malik le Beauceron, Houel Jean-Claude et Monique.
Les points forts :
Frontières
Le passage du no man's land entre le Maroc et la Mauritanie ne présente pas de difficulté particulière. Il suffit de suivre la piste de gauche sans s'en écarter et au retour de suivre la piste de droite.
Le visa se prend à la frontière : 20 Euros par personne, pour l'assurance ?
MAURITANIE
Il est recommandé de ne pas avoir d'alcool dans son véhicule (non fouillé). Le passage aux 2 frontières est facile et relativement rapide en fonction de l'affluence des voyageurs.
Change : 1 euro = 368 ouguiyas (UM)
Nos haltes
Nouadhibou 330 km
Bivouac au camping Abba 6 000 ouguiyas soit 16,30 € par nuit, près du port artisanal - Gasoil 217 UM soit 0,66 € le litre.
Il faut visiter le port artisanal et l'arrivée des barques de pêche, le traitement des poissons sur place (petits requins de 60 cm qu'on étend au soleil après les avoir dépouillés de leur peau…
Dépaysement et odeurs assurées. Petit marché sale et crasseux. Nombreux supermarchés pour Européens.
Nouakchott 530 km
Bivouac à l'hôtel Tergitt au bord de l'Atlantique (vent froid) 15 000 UM soit 40 €, prix totalement excessif.
Toutes les entrées et les sorties de la ville sont d'immenses champs d'ordures et de détritus… les chèvres et les brebis y cherchent leur pitance.
Le centre de la ville est un océan de misère crasseuse.
Remplissage des bouteilles de gaz à l’usine : 2 500 UM (7 €).
La plupart des véhicules utilisés qui viennent de toute l'Europe sont de véritables poubelles ambulantes.
Bivouac au retour à la nouvelle auberge 3 000 UM soit 8 €. C’est quand même moins cher qu’à l'hôtel Tergitt.
Barrage de DIAMA 95 km
Le passage des 95 km de piste qui longe le fleuve Sénégal est jalonné par 7 postes militaires qui vous extorquent "un petit cadeau". A la fin cela devient particulièrement irritant…
Cette piste devait permettre à notre groupe de rejoindre le groupe 1 au bout de 45 km où un bivouac de nuit était prévu.
Mais cette halte, non respectée par le groupe n°1 sans nous prévenir… nous a obligés à rouler de nuit pour les rejoindre au barrage vers 21 h 30 ou le groupe n°1 stationnait…
Poussière, risques d'enlisement, vent de sable, fondrières, trous, tôle ondulée profonde démantibulent un domobile en un rien de temps : les 12 derniers kilomètres ont été épouvantables.
Passage du barrage : 8 000 UM soit 22 €.
Taxe de la commune : 1 000 UM soit 2,70 €
Entrée au Sénégal
Assurance RC 30 jours 3 408 CFA 5,20 €
Taxe de la commune 2 000 CFA 3,05 €
Gasoil 5,34 CFA 0,80 €
Saint-Louis 85 km
Ancienne capitale de la gomme arabique.
Bivouac au camping Dior sur la Langue de Barbarie : 5 000 CFA 7,62 €. Restaurant Le Pélican excellent à proximité : pas cher 2 800 CFA 4,27 €. Visite de la ville et de ses superbes bâtisses en calèche avec un guide du S.I. puis expédition des 20 voya-geurs dans un petit car (en ruine, tintamarre, cahots et poussière compris) pour visiter la réserve de Djoudj.
Parc national de Djoudj 70 km de Saint-Louis
On peut y voir de nombreux oiseaux et animaux : pélicans, hérons, aigrettes, cormorans, phacochères, varans, singes, etc.
Keur Moussa
Bivouac au monastère bénédictin de Keur Moussa, une oasis de sérénité dans un parc ombragé, des petits gâteaux et de la bière nous furent servis gracieusement suite à l'ordination d'un prêtre la veille de notre arrivée. Eau, douche, w-c. Nous assistons aux vêpres : chants et musique superbes sur calebasses et koras.
Visite de la propriété du monastère, des vergers, du potager, de la porcherie et de la fabrique artisanale de koras.
Visite au magasin du monastère ou sont vendus des fromages de chèvre, des confitures délicieuses, mangues, fruits de l'arbre à singe, papayes, mandarines, etc. et aussi cartes postales…
A titre de remerciements nous avons versé pour le stationnement d'une nuit des 10 domobiles 50 000 CFA 76,22 € et fait aussi de nombreux achats au magasin du monastère et aussi déposé des vêtements usagés à distribuer.

Lac rose de Rebta
Visite trop rapide du lac Rose de Rebta pour voir la récolte du sel. C'est un travail très dur et pénible où le sel est mis dans des grandes charpagnes par des hommes qui raclent le fond du lac.
Ces corbeilles de 50 kilos sont ensuite portées par des femmes enduites de beurre de karité pour les vider en tas sur la plage.
Nous n'avons pas apprécié les camions spécialement amé-nagés pour safari touristes qui passaient en voyeurs comme s’ils visitaient un parc animalier…
Le village artisanal sur le bord du lac aurait mérité une visite approfondie car il comportait de jolis objets africains et aussi de très beaux souvenirs.
Noflaye
Visite du parc des tortues en pleine période de rut. Intéressant.
3 000 CFA par personne soit 4,60 €
Dakar par la ville de Thièses
Bivouac à l'hôtel restaurant de l'Océan sur le cap Vert derrière l'aéroport Léopold Senghor. 4 000 CFA 6,10 € par personne ou gratuit si repas pris au restaurant 7 500 CFA soit 11,43 €.
Il nous sera servi du barracuda au menu (délicieux) et aussi une tiéboudienne qui est un plat national fort apprécié.
Dakar est en pleins travaux avec une circulation très difficile.
Visite en taxis par la grande corniche.
(À disposition pour la journée 20 € pour 4 personnes.)
Suite à des renseignements erronés au barrage de Diama, nous avons pris nos visas mauritaniens à l'ambassade de Mauritanie à Dakar, par personne 35 000 CFA soit 54 € contre 20 € si nous les avions pris à Rosso… au passage du bac. Nous avons été clairement arnaqués par l'homme de confiance du restaurateur.
Visite du super bâtiment rétro de la gare ferroviaire.
Repas de délicieuses crevettes frites sur le port en l'attente du bateau pour visiter l'île de Goré.
Ile de Gorée
Passage en bateau 5 000 CFA 7,62 €
Le préposé conteur qui vit dans la maison des esclaves nous raconte avec acidité parfois l'histoire de l'esclavage de Rome jusqu'à Napoléon.
Direction Mbour 83 km de Dakar
Bivouac dans l’ONG Chêne et Baobab.
Halte recommandée, calme, eau, toilettes, w-c, douches, électri-cité et tranquillité assurés 4 000 CFA par nuit soit 6,10 €.
Visites possibles dans les parcs environnants à prix très étudiés.
Visite de la réserve de Bandia : girafes, hippopotames, singes, phacochères, crocodiles, c’est aussi le paradis des oiseaux.
Invitation exceptionnelle pour un mariage peuhl dans un village de brousse en pleines festivités. C’est superbe d'authenticité.
La Somone
Visite à d'anciens adhérents de CCRSM (Michel et Geneviève et leur antilope naine Bibi), ils se sont installés définitivement dans une superbe propriété bien arborée et fleurie.
Et achat d'huîtres sauvages délicieuses et charnues que vendent les femmes sur la plage. 2 500 CFA la douzaine 3,81 €.
Saly
Petite station balnéaire pour touristes située dans une anse.
M'Bour 2e port de pêche du pays
Petite ville très active qui dispose de nombreux supermarchés où on trouve tous les produits comme en France.
Le port, avec le retour des pêcheurs en pirogues multicolores débarquant les poissons que les femmes écaillent et vident directement sur la grève ou pourrissent les cadavres de poissons abandonnés, est un spectacle aussi ahurissant qu'odorant…
Joal et l'île Fadiouth à 120 km de Dakar (90 % de catholiques)
Réunis par une superbe et grande passerelle en bois de 500 m de long illuminée la nuit tombée (construction française).
Passage en pirogue avec un guide local jusqu'à l'île aux coquillages : énorme amas de coques amassées depuis des siècles qui sert de cimetière et où sont enterrés catholiques et musulmans sous cet amas de coquillages… vides.
Visite d'une autre île où on peut voir des greniers à mil sur pilotis, pour les mettre à l'abri des rongeurs et des incendies.
Excellent restaurant en face du parking où nous avons eu la chance d'exposer nos doléances sur Rosso à l'attaché du ministre du Tourisme du Sénégal qui nous donnera sa carte et nous promettra son aide lors de notre retour par le bac de Rosso pour franchir le fleuve Sénégal (frontière vers la Mauritanie).
Visite sympathique du village et nous admirons et utilisons les maisons à palabres pour nous reposer et nous ventiler.
Bivouac exceptionnel dans la cour du collège de formation (sans élèves, samedi soir et dimanche). Messe (en latin) dans une très belle église circulaire de 500 personnes où nous avons pu entendre les chœurs, assortis des djembés et de koras.
La mosquée adjacente a été financée en partie par les catholiques et les musulmans. Baignade de tous, l'après-midi.
Visite du baobab sacré à 8 km de Joal
A 8 km de Joal par une piste en latérite rouge très poussiéreuse nous voyons le plus gros baobab du Sénégal mais devant la multitude de vendeurs enquiquineurs nous fuyons précipitamment. Le baobab est un arbre fibreux, sans valeur et sans intérêt.
Le paradis sénégalais : le Siné Saloum
C’est magnifique et surprenant, un des plus beaux sites du pays :
70 000 hectares de mangroves et des milliers d'îles ou d'îlots où l’on découvre des milliers d'oiseaux et très peu de moustiques.
Quelques Français louent sur place des appartements ou des maisons pour rester les 5 à 6 mois d'hiver.
Dans la région du fleuve Siné Saloum nous avons fait une halte d'une semaine dans le petit village de N'Nangdane.
Installés quasiment sur la plage à 10 mètres de l'eau du fleuve, tous les villageois au bout de quelques jours nous appelaient par nos prénoms et nous vendaient des souvenirs, nous fournissaient en eau, poissons, calamars, grosses crevettes fraîches, rafraîchissements… Plusieurs fois par jour les bouteilles de bière "la gazelle" défilaient pour le plus grand plaisir de l'épicière du coin… fort déçue lors de notre départ…
Et pour ne pas laisser une image défavorable aux habitants du village, avant de partir, nous avons ramassé les détritus laissés par 12 camping-cars italiens sans gêne qui avaient stationné 2 jours derrière nous. Merci les Italiens.
Ile de Marli Lodj
Excursion en pirogue pour aller voir le plus gros fromager sacré du Sénégal mais les 4 heures de pirogue sous la chaleur et la soif en plus ont été pénibles pour un intérêt restreint.
Séminaire de Ngazobil Mission catholique
Située 8 km avant Joal Fadhiou un bâtiment assez délabré sert en partie d'hôtel et de restaurant pour des retraites spirituelles.
Adjacent à un km, une école catholique fort bien tenue.
Il est à proximité des vagues de l'Atlantique avec une superbe et immense plage de sable fin et ombragée - Eau et W-C.
Beau parc potager et verger en friche comportant X arbres non soignés et assoiffés car l'éolienne qui tire son eau d'un puits est en panne depuis X années…
Retour à Chêne et Baobab, havre de paix avant le retour.
Direction Rosso par Thiés
Retour à Saint-Louis et appel téléphonique au délégué du ministre du Tourisme qui va faire le nécessaire à la mairie de Rosso où je devrai me présenter le lendemain à 11 heures.
Arrivée à Rosso
Une multitude de solliciteurs de toutes sortes…nous assaille.
La mairie nous délègue un jeune responsable du tourisme qui fait monter immédiatement et avant tout les autres, nos 4 domobiles sur le bac qui vient d'arriver, il nous fait franchir le fleuve pour débarquer dans l'enclave de la douane mauritanienne.
Il nous demande ensuite de lui confier nos passeports, cpd et passavants puis se charge de faire toutes les formalités pour notre sortie du Sénégal en retraversant le fleuve en pirogue.
Entre-temps un militaire mauritanien me prend à part et me demande "une surtaxe" de 20 € par véhicule… il ne nous rendra les passeports qu'après le versement des 80 €… pour nous 4.
Aidé d'un collègue, notre délégué, qui a noté toutes les péripéties pour les transmettre au ministère du Tourisme sénégalais, fait également pour nous toutes les formalités d'entrée en Mauritanie (taxes communales de chaque côté, passage du bac et assurance. Nous réglons en partie en UM et en euros.
Arrivés à 11 h 30 nous sortons de la douane mauritanienne à 13 h 15 très contents de cette célérité…
Il est certain que l'aide apportée par le délégué du ministre du Tourisme a été bénéfique pour nous.
Nous avions signalé cette possibilité au groupe N°1 lequel, sceptique, n'en a pas tenu compte et a préféré reprendre le 16 février les 95 km de la piste du barrage… nous avisant de leur retour prématuré…
Merci pour les mécaniques et la poussière…
Maintenant, que le ministre du Tourisme du Sénégal prend conscience de la manne financière qu'apporte ce nouveau tourisme en camping-car qu'il découvre, depuis que la route de la Mauritanie est faite, il serait souhaitable qu'il facilite l'accès du pays aux camping-caristes que nous sommes en supprimant ces passavants de 12/15 jours qu'on nous donne à la frontière et qu'il n’est possible de renouveler que dans certaines grandes villes…
Compte tenu du mauvais état de la route vers Tambacounda pour contourner la Zambie et nous rendre en Casamance, où le groupe n°1 lui-même a fait demi-tour, nous avons préféré faire notre halte au petit village de N.Nangdane.
Pour la petite histoire, sur la route du retour au Maroc nous avons retrouvé 2 domobiles du groupe N°1 abandonnés, à 82 km après la frontière mauritanienne et 2 km après la dernière station d'essence à proximité du cap Barbas. L’un était en panne depuis 2 jours et demi et attendait une problématique assistance soutenue par Jean-Claude et Monique…Aussi notre ami Roger Villiez, un virtuose de la mécanique a remis le véhicule en fonctionnement en 4 heures pour la plus grande joie de son conducteur André Beaubeau et son épouse, lesquels en remerciement ont invité notre groupe au restaurant.
A noter que ce voyage au Sénégal du groupe N°2 a été une parfaite réussite grâce à la sympathie, la compréhension de chacun, l'ambiance et la solidarité de tous les participants et aucune fausse note n'est venue ternir cette belle amitié pendant toute la durée de ce voyage de 3 mois.