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Camping-Cars sur les Routes de la Soie et du Monde.

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Bulletin Juin 2007. 

Bulletin n°150

Au Maroc :

Un camping-cariste nous signale un camping : il s’agit du nouveau complexe Atlantica, parc situé à 30 km d’Agadir avec chalets, mobil-homes, tentes équipées, emplace-ments pour camping-cars. Il est ouvert depuis début 2007.
Ce lecteur ayant eu des troubles intestinaux a eu la curiosité de faire analyser par deux fois l’eau à ses frais. Ces analyses ont montré une contamination importante et très supérieure au taux maximum admissible de présence de coliformes fécaux…
La direction du camp s’est contentée de lui répondre en lui fournissant une copie d’analyse semblant correcte mais dont rien ne prouve qu’elle ne soit pas de complaisance.
Personnellement, j’ai eu l’occasion de passer à la Foire de Paris début mai et ce camping s’était payé le luxe d’y avoir un stand… J’ai donc profité de l’occasion pour me renseigner. Leur documentation semble très alléchante, mais bizarrement lorsque je pose une question sur la qualité de l’eau distribuée dans le camping les visages se ferment, j’insiste, bien sûr ils voudraient savoir pourquoi je pose cette question, finalement j’obtiens quand même quelques précisions : l’eau actuellement distribuée dans le camp provient d’un forage (mais est bien sûr contrôlée) et de toute façon d’ici un an le camping devrait être raccordé au réseau d’eau potable… Dont acte, il fallait le savoir, mais en attendant, méfiance quand même.

Documentation :

Une librairie intéressante signalée par André Helmba-cher qui y a acheté une carte rare sur l’Asie :
http://librairie-voyage.blogs.com et
info@librairie-voyage.com


Equateur et Pérou (John Wildhaber) :

Nous nous dirigeons actuellement vers le sud, en longeant les côtes de l’Equateur et du Pérou jusqu’au Chili, où nous prévoyons de prendre la route des Andes pour passer ensuite en Argentine par Salta ou La Linda (la ville aimable, comme on l’appelle.)
Nous sommes passés une nouvelle fois au nord, à Ibarra, et avons quitté la côte pour Salinas. Le long de la côte, nous avons franchi la frontière à Esmeralda. La région est pluvieuse et couverte d’une forêt humide et peu sûre, jusqu’à Pedernales.
Carte EquateurMais la côte est ensuite splendide et accueillante. Au sud de Pedernales, les plages sont tout simplement fantastiques. L’eau du Pacifique est chaude. A Quito, il fait 18°C la journée et 5°C la nuit. En comparaison, la température sur la côte est de 32°C le jour et 28°C la nuit. Nous profitons à fond du soleil et des fruits de mer, nous nous arrêtons dans des endroits magnifiques, directement en front de mer, et chaque fois pour quelques jours au même endroit. Nous en profitons pour arranger notre album photo sur les îles Galapagos et l’Amazonie. A eux seuls, ils forment déjà une merveille.
Nous avons pris le ferry pour Bahia de Caráquez, rejoint Montecristi où nous avons essayé d’acheter un chapeau de paille fino ou superfino, appelés chapeaux de Panama.
Le superfino (le grand) coûte environ 300$.
La route du Soleil, entre Manta et Salinas est très touristique. Nous n’avons pu malheureusement réussir à nous inscrire pour une excursion de pêche en mer de trois jours et avons alors filé vers la forêt pétrifiée de Puyango, en passant par Guayaquil. Cette forêt est aménagée depuis seulement 2006, et de ce type c’est une des plus grandes du monde.

La frontière de Macará n’est pas très loin. Les formalités se font très rapidement et les douaniers sont très aimables. Nous sommes de retour au Pérou pour découvrir les restes de la culture pré-inca, en commençant par Chiclayo.

Le musée Bruning de Lambayeque dispose de la plus belle collection de céramiques vue en Amérique du Sud, une magnifique collection d’objets en or de Lambayesque.

A Tucume se trouvent les ruines d’une vaste cité construite il y a plus de mille ans. Du haut de Cerro La Raya, nous tombons sur une incroyable vue panoramique des 26 pyramides les plus imposantes. Les fouilles sur le site continuent encore et un plan d’ensemble du site est montré dans le musée. Il fait très chaud et se promener nous met rapidement en nage. Nous sommes impressionnés de voir tout le travail scientifique qui a été réalisé.
Ces découvertes ont permis de montrer l’évolution des cultures et l’organisation complexe de l’élite des Mochicas.
Le travail de la céramique et du cuivre sont une très bonne référence et recèlent une très grande créativité de bonne facture. Il s’étend sur une période de plus de 1 700 ans. Les explications que l’on trouve dans le musée sont certainement les plus claires et les meilleures rencontrées jusque-là en Amérique du Sud.
Le site de Sipán concerne plus les archéologues que les touristes mais donne une bonne vision de l’architecture monumentale et mérite dans tous les cas une visite.
En retournant à Chiclayo, nous avons de nouveau un problème avec notre suspension arrière, mais on peut réparer très rapidement. Nous décidons de réduire le poids de la cellule et nous nous débarrassons de la galerie. Nous fixons les phares et la manche de filtre à air sur le toit. Le compresseur, que nous n’avons pas utilisé depuis 4 ans, rejoint la soute. Nous repeignons les parties bleues du camion, qui reprend du coup un air de jeunesse. Tout ce travail a été fait par des professionnels.
Nous avons dû patienter deux jours avant que nous puissions repartir en direction de Cajamarca, en passant de 300 à 2 750 m d’altitude. La température passe de 32°/21°C à 22/12°C, ce qui est agréable, et il n’y a plus de moustiques.
De la Panaméricaine jusqu’à Cajamarca, il nous faut 5 heures pour réaliser les 176 km, sur une très mauvaise route. On nous a proposé de nous garer et dormir dans le camion en plein centre-ville : balade nocturne en ville, nous réservons une excursion pour Cumbemayo et les Ventanillas de Otuzco. La ville nous plaît : très typique et traditionnelle elle est animée comme Cusco.
Pour l’histoire, le début et la fin de l’empire Inca ont eu lieu à Cajamarca. Cette fin a eu lieu lors de l’exécution d’un des deux chefs, appelé Atahualpa, par le conquérant espagnol Pizarro sur la place d’Armes, comme on l’appelle maintenant. Tous les endroits intéressants à visiter sont tout proches de cette place d’Armes.
Nous employons toute la journée du lendemain à nous promener en ville, visiter les sites intéressants, observer les indigènes avec leurs habits traditionnels.
Le lendemain, nous allons à Cumbemayo, à 3 500 m d’altitude. Le canal de conduite d’eau, taillé dans la roche, dispose d’un tunnel et de viaducs, construits il y a 3 000 ans. Cette installation est longue de 9 km et d’une pente moyenne de 1,5%.
Nous voyons à Otuzco les très intéressantes cellules à fenêtres (tombes primitives) taillées dans la roche, mais le reste de l’excursion ne vaut pas son prix (jardin d’hortensias, usine de fromages ‘’suisses’’, boutique de souvenirs). Nous avons eu de la chance avec le temps, car il commence juste à pleuvoir pour notre dernière nuit, et la saison des pluies commence. Nous décidons de reprendre la même route pour retourner à Trujillo pour visiter les sites Chan Chan.
Vers la fin du XIIIe siècle, Chan Chan, la capitale du Chimu, était le plus grand site urbain d’Amérique du Sud et vers le XVe siècle s’étendait approximativement sur 1 000 km le long du Pacifique. L’endroit a été finalement conquis par les Incas entre 1460 et 1480 après J.-C. L’architecture monumentale du site, étendue sur 20 km2 comprend 9 palais, dont l’un, le palais Tschudi, peut être visité.
Le musée de Chan Chan est dédié à la culture des Chimús, ancêtres des Mochicas (200 à 800 après J.-C). Ils connurent une période de croissance sans guerres ni violences, et l’on comprend bien là les termes « faites l’amour, pas la guerre ». La pyramide de Huaca el Dragon mérite une visite. Dans l’après-midi, nous partons pour les plus grands tombeaux pré-colombiens appelés Huaca del Sol et Huaca de la Luna, construits en adobe et dans un authentique style mochita. Chacune, tous les cent ans, a été recouverte par un nouvel édifice. (Il y a cinq temples en un, construits de plus en plus grands chaque fois et formant une sorte de pyramide.)
Le dernier arrêt est aux ruines de Sechin, à côté de Casma, édifié comme centre religieux de la culture Chavin (1800-1300 avant J.-C), en plein milieu d’un désert étouffant.
Les choses intéressantes sont les murs de pierre et le musée montrant l’architecture d’un temple. La forteresse la plus au sud de l’empire Chimú est située à Paramonga, mais aucune fouille n’a été réalisée et le site est dans un état de désolation, ainsi que le cimetière, où dix mille guerriers ont été enterrés là, lors de la conquête des Chimús par les Incas. Nous avons même eu de la chance de pouvoir dormir sur place.
Nous avalons ensuite l’autoroute, doublant Lima, jetons un œil à El Candelabre, à côté de Pisco et finissons à Huachipato, une véritable oasis comportant des dunes très hautes et impressionnantes s’élevant tout autour du village. On peut louer un buggy et rouler dans les dunes. C’est amusant, et ça vaut le coup d’essayer. La température atteint ici 37°/22°C. Je peux vous assurer que grimper à pied dans les dunes est une chose vraiment éprouvante, mais en haut, on a une vue époustouflante sur les gigantesques dunes entourant l’oasis.
A Ica (festival du vin) quelqu’un a essayé de fracturer la porte de la cellule, n’y est pas arrivé, mais a réussi tout de même à casser la serrure (la police et les femmes assises pas loin de là ont assisté à la scène !). Le malfaiteur n’a pas pu entrer, car nous disposons d’une autre serrure, très très solide !
Nous reprenons à nouveau la Panaméricaine à travers le désert. Nous rencontrons à certains endroits des dunes sur la route, et le chasse-sable est souvent là pour ouvrir la piste. Nous prenons ensuite la route du littoral pour atteindre Arequipa, à 2 380 m d’altitude. La cité blanche, de 800 000 habitants, avec ses murs blancs de roche volcanique ainsi que sa fantastique place entourée de ses bâtiments historiques, en font une des plus belles villes du Pérou.
Nous bivouaquons en plein centre ville, dans un endroit confortable et calme. Nous réservons une visite privée de la ville avec un guide pour le lendemain à 8 heures et la police touristique, très serviable, nous a trouvé un circuit en 4x4 pour aller jusqu’au Cañon de Colca. Nous écrivons des cartes postales, les timbres portent des motifs de carnaval. Nous croisons des groupes de carnaval de Puno, et les meilleurs du Pérou se retrouvent à Arequipa pour élire le plus fort d’entre eux.
La pluie commence à tomber sérieusement, et nous décidons de nous rendre directement à la frontière du Chili.
Je vous écrirai au sujet de notre dernier morceau de parcours à travers le Chili et l’Argentine avant que nous retournions par avion vers la Suisse à la fin du mois d’avril.


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